Combat masculin, le bilan

Grillon marche sur les eaux

Kenji Grillon

Clairement au-dessus, Kenji Grillon était très attendu par la concurrence.

Comme chez les filles, il y aura eu en 2013 les grands leaders et les autres. Le triomphe de la confirmation des championnats du monde, et à chaque fois en finale contre le rival le plus dangereux pour Rolle (-67 kg) et Grillon (-84 kg). Pour les autres, dont certains attendus avec beaucoup d’espoir, comme Salim Bendiab (+84 kg), ou Logan Da Costa (-75 kg), la défaite amère. Sofiane Agoudgil (-60 kg) battait sèchement d’entrée un beau rival le Serbe Marko Antic, médaillé mondial à Paris en 2012, par 5-1. Mais en quart, le Letton Kalvis Kalnins, vice champion d’Europe et vainqueur à Istanbul, Francfort et Salzburg contrôlait le jeune Français… et, pas de chance, ne le repêchait pas. C’était le même genre de parcours pour Salim Bendiab, un peu trop impuissant au premier tour contre le colosse allemand et triple champion d’Europe Jonathan Horne, lequel était battu ensuite par le champion du monde turc Erkan, futur champion d’Europe… que Bendiab avait dominé à l’Open de Paris. Dommage. De son côté l’impétueux Logan Da Costa (-75 kg) s’empêtrait dans les longs bras d’un Russe au premier tour, laissant s’expliquer plus haut les ténors de la catégorie. La Légende Aghayev, moins flamboyant ces deux dernières années, passait les meilleurs en revue, l’Italien Busa, le Néerlandais Smaal, pour s’emparer de son huitième titre continental. Respect. Heureusement pour la France, le reste était bien meilleur. Frustré de son « échec » de Bercy – un combat raté contre un Egyptien et une place de trois insuffisante – le champion d’Europe en titre des -67 kg, William Rolle, fermait la parenthèse et après un parcours juste maîtrisé, reprenait son jeu favori, battre son ancienne « bête noire », le Turc Kemaloglu dans un combat décisif. C’est la troisième fois depuis leur finale continentale de l’année dernière. Sans marcher sur les eaux, Rolle a contrôlé la compétition et étoffé son palmarès. Un champion en pleine maturité. Celui qui marche sur les eaux, c’est peut-être Kenji Grillon, un champion qui donne de plus en plus l’impression d’étouffer mentalement comme techniquement l’adversaire. Il lui fallait lui aussi réussir son championnat d’Europe et prouver qu’il n’était pas le champion du monde d’un jour. C’est chose faite, et très bien faite en allant dominer en finale le Grec Tzanos, qui l’avait battu l’année dernière par 6-1. Dominé sur le premier point, Grillon allait finir par faire vraiment souffrir le Grec avec ses attaques profondes et bien marquées que l’arbitrage acceptait. Une vraie leçon et là encore une grande affirmation de leadership.


Championnats de France combat – Mathieu Cossou 3.0 ?

Mathieu Cossou

Mathieu Cossou

Il faut remonter à 2005 pour trouver la trace du premier Mathieu Cossou, un junior éblouissant aux jambes de feu, vice champion d’Europe (derrière un certain Aghayev) et du monde, puis champion d’Europe 2006, tout en étant aussi champion de France seniors, 2005, 2006, 2007… et même vice champion d’Europe seniors 2005, derrière le Grec Tryantafyllis ! À cette époque, William Rolle est un -60 kg très prometteur qui marche sur les plates-bandes de Davy Dona. Mais, en 2008, tout change, car Rolle monte en -65 kg… et le bat. Il entame alors une série ininterrompue de victoires nationales, sans oublier de prendre dans le même temps cinq médailles européennes et deux médailles mondiales, tandis que Mathieu Cossou entame sa deuxième époque, celle d’un semi-renoncement sous le poids de l’autorité de Rolle. Mais l’encadrement le rappelle au sein du groupe pour étoffer une équipe de France qui se cherche. D’abord discret, le champion Cossou, avec ses moyens techniques exceptionnels et une préparation physique impeccable, est progressivement de retour. Première réussite en 2011 avec cette finale aux championnats d’Europe par équipes, puis l’apothéose des championnats du monde. C’est Mathieu Cossou qui clôturera de manière spectaculaire le travail de ses coéquipiers. Lors de ces championnats de France à Toulon, une fois encore, c’est William Rolle qui est finale face à lui. Mais Mathieu Cossou n’a plus envie de défaite. S ûr de lui, il marque un premier point en contre en kizami-tsuki et ne se désunit pas une seconde sous la pression de Rolle qui doit abdiquer son trône de France. Champion de France 2013, voici le Mathieu Cossou troisième époque. Celui qui ne cède plus.


 

 

 

 


 

LES CHAMPION(NE)S DE FRANCE 2013

FÉMININS

-50 kg Alexandra Recchia (Savigny s/Orge)

-55 kg Lucie Ignace (Bras Panon)

-61 kg Leila Heurtault (Samouraï 2000 Le Mans)

-68 kg Emilie Cacheux (Samouraï 2000 Le Mans)

+68 kg Nadège A ït-Ibrahim (Le Grand Samouraï Pujet/Argens)

Par équipes AAS Sarcelles

MAS CULINS

-60 kg Johan Lopes (Karaté Do CSA Hauts-de-Reuil)

-67 kg Mathieu Cossou (AAS Sarcelles)

-75 kg Logan Da Costa (Karaté Do Longwy)

-84 kg Kenji Grillon (AADB Garges-lès-Gonesses)

+84 kg Salim Bendiab (KC Condé s/Escaut)

Par équipes AAS Sarcelles