Ligue Poitou-Charentes

Un air de changement

Nouvelle olympiade et nouveau départ pour cette ligue. Après des années axées sur le haut niveau, la priorité est désormais la formation de masse. Explications. ANTHONY DIAO, PHOTOS : DENIS BOULANGER 

Les gradés de la ligue Poitou-Charentes

Les gradés de la ligue Poitou-Charentes

La ligue poitou-charentes de karaté a soufflé l’année dernière ses quarante bougies. Un anniversaire marqué par le rajeunissement attendu de son équipe dirigeante – huit nouveaux noms sur les onze membres du comité directeur – et un virage à 180 degrés concernant sa politique sportive. « Le président de la Fédération française nous a dit : “Le haut niveau, c’est la Fédération. L’animation, la formation, l’inter-dis- ciplines, c’est le rôle des ligues”, éclaire Rémy Bruneau, élu le 30 juin 2012 avec 83 % des voix à la tête des quelque 4 050 pratiquants picto-charentais. Exit donc le fameux PER – pour Pôle d’Entraînement Régional – ouvert en 2009 au CREPS de Poitiers. « Élitiste », « gouffre financier » : lors de l’olympiade précédente, cet équipement avait été vécu par beaucoup comme une véritable pomme de discorde, malgré des résultats encourageants comme le titre national cadet en avril 2011 d’Amin Bouazza, le pro- metteur -63 kg du Karaté Angoulême-Soyaux. La consé- quence la plus spectaculaire de la fermeture de ce pôle se lit dans l’organigramme de la Ligue, où les présidents des quatre comités départementaux (Charente, Charente- Maritime, Deux-Sèvres et Vienne), créés à partir de 1988, sont à nouveau assis à la table du nouveau président.

FÉDÉRER. Car si c’est à la fin du bal que se paient les mu- siciens, force est de constater que l’humeur à l’aube de cette nouvelle olympiade tient davantage des bourgeons printaniers que de l’automne crépusculaire. Venu au karaté en 1978, le président Bruneau joue d’autant mieux son rôle de locomotive qu’il connaît bien son territoire, au propre comme au figuré. Commercial dans le civil et passionné de course automobile, il y a longtemps qu’il n’a plus besoin de GPS pour rallier en voiture La Rochelle, Niort, Angoulême ou Poitiers. 3e dan Shotokan, directeur technique et fondateur en 1983 du Karaté Club du Clain à Jaunay-Clan au pied du Futuroscope, il a été pendant 15 ans responsable de l’arbitrage et vice président du comité de la Vienne. Trésorier de la ligue depuis deux mandats, il en est devenu le sixième président depuis Jean Proust en 1973. Il succède à ce poste à René Pelletant (créateur de la Coupe de Royan, une institution qui a elle aussi fêté sa 40e édition en juin 2012), Claude Albert, Dominique Delage et Christian Campot. Fédérer est le maître mot de cet homme de consensus. Cela tombe plutôt bien dans cette région dont même le nom se conjugue au pluriel. Une région où les disparités socio-économiques sont fortes d’un dépar- tement à l’autre et où il y a encore peu, les championnats départementaux de Charente-Maritime attiraient plus de monde que les championnats de ligue…

HANDICAP. Le programme de l’équipe est copieux. L’approche sportive ? « Appliquer les directives fédérales en mettant l’accent non plus sur le haut ni- veau mais au contraire sur le sport de masse », confirme Rémy Bruneau, s’appuyant pour ce faire sur les anima- tionsASKR(Animationsportivekaratérégional).« Les actions en direction du public féminin et du handicap seront poursuivies », continue ce président qui n’hésite pas à mouiller la chemise en arbitrant lui-même lors des manifestations en question, alors qu’Alain Georgeon, le vice président, est aussi référent national du karaté adapté. « Lors des championnats du monde à Bercy, deux bus ont fait le déplacement depuis notre ligue et une sous- cription pour emmener des personnes handicapées a été ouverte. Les entreprises, les comités départementaux et la ligue ont répondu présents », rappelle-t-il. Les derniers fers de lance du programme présidentiel, ne sont pas les moindres : « La formation des enseignants, l’arbitrage, l’inter-disciplines et l’insertion. Avec plus de 40 candidats cette saison, l’École des cadres est par exemple au cœur de notre action puisque qui dit formation d’enseignants dit possibilité de création de clubs… », conclut-il.

EXPÉRIENCE. Et puisque la mise en pratique d’un pro- gramme est souvent une affaire de personnes, la ligue mise autant sur le sang neuf de son comité directeur que sur l’expérience de son équipe technique. Jean- Michel Guedjali par exemple : en charge de l’école des cadres à sa création en 1986, il est désormais respon- sable régional des grades et directeur technique départemental de la Charente. De même pour Michel Bezot : le directeur technique de la ligue fut un élève de Gilbert Biart, le tout premier DTL, puis de Taiji Kasé durant ses quatre années à Paris. C’est lui qui entraîna dès 1986 les pre- miers regroupements régionaux au CREPS de Poitiers en compagnie de Fabrice Bouchet, aujourd’hui assistant de Serge Chouraqui, puis de Rodolphe Giannotti, désormais président de la Charente. Idem pour Lucien Texier et Alain Georgeon au karaté handicap, Martial Roux à l’Ecole des cadres, le charismatique Jacques Djeddi à l’arbitrage et au karaté en milieu carcé- ral… L’accent mis sur les fondations ne signifie pas pour autant que le haut ni- veau n’a plus voix au cha- pitre en Poitou-Charentes. Elle produit même des champions, comme en atteste la victoire de Lydie Humblot à la coupe de France de plein contact en janvier. « Sur le tapis comme au comité directeur, la relève est là »,se réjouit le technicien.


EN BREF

La ligue en chiffres

4 050 licenciés

74 % de licenciés karaté

23 % de licenciés disciplines associées

3 % de licenciés karaté jutsu

46 % des licenciés de la Ligue sont en Charente- Maritime

26 % des licenciés de la Ligue sont dans la Vienne

20 % des licenciés de la Ligue sont en Charente

8 % des licenciés de la Ligue sont dans les Deux-Sèvres

70 % des licenciés sont des hommes

30 % des licenciés sont des femmes

2 % de mini-poussins 8 % de poussins

11 % de pupilles

10 % de benjamins

8 % de minimes

5 % de cadets

4 % de juniors

51% de seniors.