Championnats d’Europe cadets-juniors

Un coup de semonce

Trop tôt derrière son triomphe parisien, la France emmenait sa jeunesse pour un championnat d’Europe cadets-juniors-espoirs de tous les dangers à Konya en Turquie. Résultat ? Une grosse déconvenue.

Steven Da Costa

Steven Da Costa

Jusque-là, tout allait bien pour le karaté français chez les jeunes. L’année dernière, la France avait préparé le ras de marée de Bercy par une démonstration en Azerbaïdjan aux championnats d’Europe de ces catégories d’âge : elle avait terminé première nation à Bakou avec quatorze médailles dont six en or !

Cette fois, bien sûr, le clan français était parti au rendez-vous fixé par la Turquie avec non pas moins de confiance, mais une saine prudence, consciente que les championnats du monde seniors de Paris avaient un peu vampirisé tout le reste, y compris la préparation de ces championnats : « Nous avons eu peu de temps pour le préparer », admettait le directeur des équipes de France, Thierry Masci. « Après l’énergie dépensée sur les championnats du monde seniors, ces championnats d’Europe arrivaient vite et nous avons effectué un stage de moins que d’habitude et aucune sortie à l’étranger. À ce niveau, bien sûr, cela compte ». C’est ainsi que pour beaucoup de membres de l’équipe cadet, ce championnat dans l’enfer turc était leur première sortie internationale. Dans ces conditions, il n’était pas imprévisible que l’obstacle soit un peu rude à passer pour eux – et avec trois médailles en combat, ils ne s’en tirent pas si mal. L’équipe s’appuyait aussi sur l’expérience de certains de ses champions d’Europe en titre comme les trois juniors Sophia Bouderbane, Shana Amengle, et Steven Da Costa, ou le solide technicien marseillais Enzo Montarello qui, lui, abordait pour la première fois la classe des espoirs, moins de 21 ans. Ce fer de lance était renforcé par un petit groupe d’expérimentés habitués des médailles comme la technicienne Alexandra Feracci, les combattant(e)s Alizée Agier, Nancy Garcia, Sandy Serfati, Jordan Durieu ou Maxime Leclaire. En théorie, l’équipe était forte d’un groupe espoirs dont certains des représentants avaient su se distinguer lors du dernier Open de Paris contre des seniors. Des talents de référence comme Marvin Garin, Leila Heurtault ou Laura Cruaux. De quoi faire face, même chez les rivaux turcs cherchant leur revanche… C’est pourquoi, avec ses six médailles pour une seule finale, heureusement gagnée, par le « petit frère » Da Costa, Steven (junior, -61 kg), la France tombe de haut à Konya.

« Une gifle » Les cadets font leur part et les juniors amènent deux médailles dont une d’or. La grosse déconvenue vient de l’habituel cœur de frappe française : des espoirs totalement inexistants, un kata humilié, en particulier du côté des leaders Feracci et Montarello, battus très tôt et non repêchés. Bien sûr, si, derrière l’intouchable Turquie avec ses dix-huit médailles dont onze (!) en or, la France avait su récolter une ou deux finales de plus, son classement aurait été plus flatteur que cette humiliante douzième place parmi les nations européennes – du jamais vu. Car, surprise, c’est l’Angleterre que l’on trouve en seconde nation avec quatre finales et deux titres seulement, devant l’Espagne à deux titres (pour trois finales) et la Hongrie, qui prépare bien ses championnats d’Europe seniors, à deux titres aussi (pour cinq médailles) devant quatorze pays à une médaille… dont la France. « C’est une gifle », assume Thierry Masci. « Et quand on en prend une comme ça, il faut se réveiller vite. Il y a une vie après Bercy ! On a été surpris que les anciens nous fassent faux bond, même si la préparation n’était pas optimale. Il y a sans doute quelque chose à redéfinir dans la filière et notamment plus de stages de regroupement avec les seniors pour les espoirs, car le niveau des -21 ans est vraiment dense en Europe, quand on voit la répartition des médailles d’or : dans les six finales espoirs en combat, neuf pays différents sont récompensés et avec des combattants dont certains ont déjà une grosse expérience dans les compétitions seniors. Il faut vite voir au-delà de ce championnat qu’on a volontairement un peu occulté. C’était une étape pour voir vers l’objectif, qui reste les championnats du monde de Madrid en novembre. On a vu. On a désormais six mois de préparation et ça va être l’enfer. Nous n’emmènerons que ceux qui pourront prétendre à une médaille et certains absents seront sur les rangs, comme par exemple notre championne du monde Lucie Ignace, qui est toujours espoir .»

Au secours, l’Angleterre revient ! On les croyait définitivement rangés dans le placard de leur légende, incapables de retrouver l’impact de leurs grandes années, quand ils dominaient le karaté mondial et marquaient même leur supériorité sur la France. Certes, nous ne sommes pas revenus au temps de Cole et d’Otto, et autres Walters, mais les Anglais sont là, « back in town ». Chez les jeunes, la vieille Angleterre est restée présente toutes ces années, mais jamais n’avait marqué les esprits comme cette année en Turquie. Paradoxalement, ce n’est pas sur leurs habituels points forts que les Anglais prennent la seconde place des nations. Avec deux combattants médaillés, ils sont mêmes assez loin du compte, mais, c’est nouveau, l’Angleterre prend six médailles en kata, dont deux d’or, celle de Kieran Nunkoo chez les cadets masculins et celle d’Emma Lucraft chez les espoirs féminins. Quel a été leur secret pour réussir une telle montée en puissance, qui peut les amener, à termes, à réintégrer le petit groupe des nations capables de gagner des médailles seniors en kata ? Ce secret a un nom : Jonathan Mottram. Ce double médaillé européen, la dernière datant de 2012, a p is il y a quelques mois les rênes du kata anglais, obtenant des moyens et la possibilité de faire travailler régulièrement ses techniciens. La récompense de cette dynamique nouvelle est spectaculaire et peut faire réfléchir.

La France paye le prix. Incroyable mais vrai, la plupart des vingt-neuf représentants français ont perdu au premier ou au second tour, mis à part les six médaillés et Shana Amengle, championne d’Europe en titre en -53 kg et bien partie cette année en -59 kg avant de laisser s’échapper un combat de 3e tour contre la Grecque Stoltidou par 7/9.         « Rien ne nous a souri, analyse Alexandre Biamonti. Je n’en fais surtout pas une excuse, mais je crois qu’inconsciemment l’arbitrage nous a un peu fait payer le prix de notre réussite des championnats du monde ». C’est ainsi peut-être que des fers de lance comme Sophia Bouderbane, championne en titre, cède de façon inattendue en demi-finale à la Croate Berulec et descend sur la troisième marche du podium. Plus frustrant encore, Sandy Serfati, favorite de son tableau juniors -53 kg se faisait disqualifier au second tour
alors qu’elle menait tranquillement son combat. Quant à la cadette Imane Hassouni, gagnant tranquillement sa demi-finale en +54 kg, elle était disqualifiée sur une action confuse avec une chute dans laquelle elle accrochait le casque de son adversaire. Elle aussi devait se contenter du bronze. Une vision qui n’occulte pas la difficulté collective de nos combattants à prendre ce championnat à bras le corps, mais qu’il faudra garder dans un coin de la tête. Le « french bashing » pourrait-il revenir à la mode après la performance de Bercy ? C’est à suivre.

Steven Da Costa. Chez les garçons, deux cadets réussissaient un joli parcours à rebrousse-poil de la tendance française à Konya. Alexis Raspilair (-63 kg) qui cédait d’un point en demi-finale face au Serbe Djordje, comme le prolifique Romuald Jannier (-70 kg), lui aussi battu d’un point au même niveau de la compétition par le Turc Uygur. Un junior, Kevin Lopes Tavares (-55 kg) profitait à fond de sa « wild-card » – lui qui ne devait sa présence qu’à la blessure de Aziz Rghioui, leader de la catégorie –, en s’emparant du bronze, battu là encore d’un seul petit point par le combattant turc. Mais le seul à survoler la compétition, à ne pas subir l’ambiance morose du camp tricolore et à apporter l’unique médaille d’or française, sa première en juniors (-61 kg) lui qui a déjà emporté un titre européen en cadet -57 kg l’année dernière, c’était Steven Da Costa, Petit Prince de Longwy. « Élève doué ! », s’amusent les entraîneurs en parlant d’un garçon au talent si affirmé qu’il court le risque de la facilité. Pour cette fois, la démonstration du petit frère de Logan, le nouveau « dynamiteur de l’équipe de France – et frère jumeau de Jessie inscrit comme lui au Pôle France de Chatenay depuis peu – a été appuyée : 9-1 en quart de finale contre le Turc Mercan et 9-0 en demie contre le Bosniaque Galic, avant une finale plus prudente gagnée aux drapeaux contre l’inattendu Danois Noerksov-Jensen. Comme l’Angleterre, le Danemark semble retrouver un nouveau souffle et place trois finalistes sur quatre possible chez les juniors masculins (complétant par une surprenante médaille de bronze en kata espoir masculin). « À Konya, il y avait une bonne ambiance, reconnaît Steven. J’étais confiant, ma famille et mon entraîneur étaient venus de Longwy (Meurthe-et-Moselle). Surtout, j’avais hâte de prouver ce que je valais. Maintenant, l’important, ce sont les championnats de France et du monde à venir. » Chez les Da Costa, on parle karaté, on mange karaté, on vibre karaté. Michel et ses trois fils, Logan, Steven et Jessie vivent ensemble une aventure familiale dont les balises sont les quarante-sept médailles nationales et les dix médailles européennes et mondiales déjà ramenées à la maison. Du bonheur pour les Da Costa… et pour le karaté français qui entend faire mûrir cette fratrie pour son plus grand bien.

Kata français, les raisons du naufrage. Mais qu’est-il arrivé au kata français ? Bien sûr, la préparation n’a pas été optimum, et aucune équipe n’avait été présentée dans un laps de temps aussi court. Mais les résultats individuels font mal : chez les cadets, Sorey Morassi, battu au 2e tour par le l’Allemand Lux (2/3) et Noémie Goze battue elle aussi d’entrée par l’Allemande (2/3). Chez les juniors, Kevin Ngoan, battu au 2e tour par le Croate, Morzan (2/3) et Pauline Bouchet, au 2e tour aussi par l’Italienne d’Onofrio (1/4). Enfin et c’est douloureux pour le champion d’Europe juniors Enzo Montarello et la technicienne deux fois médaillée aux derniers championnats d’Europe, Alexandra Feracci, ils sont battus d’entrée en espoir, Montarello par le Slovaque Fabian (2/3) et Feracci par sa compatriote Miskova (2/3). Pour l’entraîneur Ayoub Neghliz, les raisons sont multiples, le constat net et le coup de semonce aussi, même s’il faut garder la tête froide et ne pas douter de la valeur intrinsèque du kata français. « L’année dernière, Montarello avait gagné tous ses tours par 3/2. Cette fois il perd le premier par 3/2. C’est le signe d’une concurrence de plus en plus forte, surtout chez les jeunes où les hiérarchies sont moins installées. On est venu ici avec les meilleurs Français, lesquels n’avaient pas été regroupés de février jusqu’à décembre 2012. C’était donc un championnat d’évaluation. Le bilan est assez clair. Il faut aussi ajouter que nous avons mal anticipé le changement de règle qui a supprimé les katas obligatoires. On s’est donc retrouvé d’entrée contre des adversaires qui sortaient leur meilleure arme et cela nous a joué des tours. J’ai été surpris aussi par quelques jugements, et cela ne concernait pas seulement les Français. D’ailleurs, l’Espagne ne gagne qu’un seul titre et l’Italie aucun. Si on peut penser que pour certains, une préparation sérieuse en intégrant ce que l’on a appris ici sera suffisante pour être compétitif, pour d’autres, on voit nettement que ce ne sera pas le cas. Cela pose la question de la sélection et de la formation chez nous. C’est pourquoi nous allons mettre en place un pôle kata qui n’existait encore pas, qui permettrait l’entraînement des athlètes, mais aussi d’être un espace de formation et d’information pour les professeurs.
Pour les championnats du monde, nous aurons deux équipes compétitives, mais nous n’emmènerons que des médailles potentielles ».

L’ogre turc bientôt majeur ? Dix-huit médailles dont onze d’or, la Turquie a fait les choses en grand, comme une réponse à l’humiliation collective subie à Paris avec les seniors. Elle ramasse aussi, c’est à souligner, quatre médailles d’or en kata, dont les deux équipes, ce qui fait dire à Thierry Masci : « La Turquie, mais aussi beaucoup d’autres nations de karaté ont compris qu’il fallait accentuer le travail chez les jeunes pour rivaliser en seniors, et aussi se battre au niveau du kata pour disputer le leadership aux nations traditionnellement fortes dans ce domaine. La donne est en train de changer et il faut réagir vite ». Pour la Turquie, la montée en puissance est manifeste. Déjà l’année dernière, si la France était à quatorze médailles, la Turquie en comptabilisait dix-sept, douze aux championnats du monde 2011, dont six en or, dix-sept déjà aux championnats d’Europe la même année avec cinq titres, seize aux championnats d’Europe 2010, avec sept titres, à chaque fois, sauf en 2012, devant la France. Une pression constante pour l’instant tout
juste endiguée en seniors, malgré les Yenen, Burucu et autres Erkan, champions juniors déjà leaders en seniors. Mais pour combien de temps ? EMMANUEL CHARLOT

 

Une mineure en (tata)mi majeur

Les stats de la championne d’Europe junior 2012 des -53 kg tiennent en deux chiffres, le 1 et le 7. 17 comme son âge, 17 comme sa moyenne scolaire et 1+7 comme ses 8 titres consécutifs de championne de France, série en cours. Rencontre avec un gabarit minuscule aux perspectives majuscules, qui aime conclure ses phrases par un poing.

 

Sophia Bouderbane est née le 2 août 1995 à Toulon. Elle est venue au karaté à 3 ans et demi, un âge où d’autres troquent à peine leurs Pampers Active Fit pour des Easy Up. Une vocation qui coule presque de source lorsque l’on naît comme elle pénultième d’une famille recomposée de six enfants, dont le père fut « champion de France et une soeur aînée vainqueur de la coupe de France ». Les premiers pas eurent lieu au KC Cabasse, alors entraîné par Jean-Louis Guibert et Rémi Jehan. Moins de six ans plus tard, Sophia remporte, à 9 ans, le premier d’une série de huit championnats de France consécutifs – série en cours. C’est aussi à cet âge qu’elle a la douleur de perdre son père, une épreuve dont cette fille de monitrice d’auto-école parle avec pudeur aujourd’hui encore… À 12 ans, elle signe à la Full Karaté Académie de Marseille. Qu’elle s’y entraîne chaque soir tout en résidant à une heure de là ? Le palmarès et les conseils d’Alexandre Biamonti valent bien un effort routier, fut-il quotidien. « Ma mère assure quotidiennement le trajet, je ne la remercierai jamais assez », souligne avec gratitude celle qui doit légalement patienter encore quelques mois avant d’être autorisée à passer le permis de conduire. L’investissement en bornes paie. Intraitable au plan national, elle a déjà son rond de serviette sur les podiums internationaux. 3e en -47 kg aux championnats du monde cadets 2009, vice-championne d’Europe cadette en 2011, elle glisse sur blessure aux championnats du monde en Malaisie puis se venge début 2012 en Azerbaïdjan en goûtant enfin au seul métal qui lui manquait à ce niveau : l’or européen en junior. Le tout en ne laissant à personne d’autre la responsabilité de sortir la terreur turque Neslihan Caliskan ainsi que la locale azérie Sevinj Mehdiyeva. Et en restant lucide sur ses qualités – « la vitesse, la rigueur, la capacité d’analyse » – comme sur ses défauts, ceux qui l’ont peut-être privée d’or en Turquie (« je manque encore de physique, de percussion et d’impact »)… De quoi lui tourner la tête ? Ce serait oublier le sens de son prénom en grec ancien : la sagesse. Avec deux 19 et un 17/20 à ses épreuves du bac de fin de 1ère scientifique, en plus d’une moyenne générale supérieure à 16 pendant deux ans et le CV sportif mentionné plus haut, l’élève du lycée polyvalent Raynouard de Brignoles s’est vue remettre début juillet 2012 le Prix académique de l’éducation. Mieux, ses 17,5 de moyenne générale en début de Terminale S lui ont valu d’être désignée en décembre 2012 lauréate du Prix national de l’éducation. Le ciel où repose son père semble sa seule limite. ANTHONY DIAO

 

Paroles de médaillés

Kévin Tavares Lopes (3e, -55 kg juniors)

« Je ne me suis pas laissé aller »

« J’ai gagné la coupe de France Sud en 2012 et l’Open de France de combat en janvier 2013 mais j’étais quand même angoissé, car c’était ma première compétition internationale. Ça allait dans- les premiers tours, jusqu’à la demi-finale. Je perds 3/4. Je ne me suis pas laissé aller, je me suis battu et je gagne contre l’Ukrainien Koriychuk en place de trois, grâce à une victoire aux drapeaux. J’étais vraiment fier. Je vais garder le même esprit pour les prochaines compétitions. »

Sophia Bouderbane (3e, -48 kg juniors)

« Déçue »

« Repartir avec le bronze m’a déçue. Je me sentais vraiment bien, j’étais là pour le podium. Dans les premiers tours, j’ai éliminé mes adversaires avec 2/0 et 9/0. C’était plus
compliqué en demie, contre la Croate. Elle était plus maligne, elle allait dans tous les angles. Elle m’a mis un mawashi et je n’ai pas su revenir. Je me suis rattrapée en place de trois avec 4/0 pour sauver l’essentiel. Mon prochain objectif : gagner les championnats de France. Retour à l’entraînement à mon club, la Full Karaté Academie de Marseille. J’ai plein d’énergie. »

Imane Hassouni (3e, +54 kg cadettes)

« Frustrée, car j’avais bien démarré »

« Je me suis faite disqualifier en demi-finale pour ma première participation aux championnats d’Europe, à cause d’un contact apparemment. J’étais frustrée, j’avais bien démarré : 3/0, 3/1 et 8/0 aux premiers tours. Je me suis remise dans le bain, il le fallait pour finalement l’emporter sur l’Ecossaise Hand, 3/0. Et en retournant à mon club, à Saint-Florentin, je vais beaucoup m’entraîner pour les Monde. Pour, j’espère, un nouveau podium. »

Romuald Jannier (3e, -70 kg cadets)

« J’y ai pris goût »

« Je me suis faite disqualifier. Mes deux entraîneurs du Karaté Club de Semur (Bourgogne) – Loïc Lefort et Jacques Renevier – n’ont pas hésité à aller en Turquie pour  m’encourager. Je suis le premier de leurs élèves qualifié pour une compétition internationale. Ma famille aussi était présente. Et même s’ils m’ont bien soutenu, je n’ai pas réussi à m’imposer en demifinale, contre le Turc Uygur. Il savait comment je combattais, il m’a empêché de faire mon karaté. Une courte défaite et puis il a fallu se reprendre. Je ne voulais pas partir sans rien. Maintenant ? J’y ai pris goût ! Je vise d’autres sélections et la possibilité d’un titre. »

Alexis Raspilair (3e, -63 kg cadets)

« Rien à perdre »

« J ’étais fier de représenter mon pays. C’était ma première compétition internationale. Pourtant, lors des premiers tours, j’avais du mal à rentrer dans les combats. J’avais du mal à marquer des points, c’était serré. Mon entraîneur, Alexandre Biamonti, m’a encouragé, ça m’a aidé et je me suis repris. En demi-finale, c’était plus dur, l’arbitrage en  international est différent de ce que je connaissais en national et ça m’a déstabilisé. Après ma défaite, je me suis dit que je ne pouvais pas repartir les mains vides. En avril, il y a les championnats de France, je serai junior à ce moment-là. Je veux me qualifier pour les mondiaux. Je n’ai rien à perdre. » RECUEILLI PAR LAURE BLANCHELANDE