Assemblée Générale Éléctive

Préparer l’avenir

Francis Didier s’est vu confier un quatrième mandat de président de la FFKDA. Un blanc seing pour travailler dans la continuité et franchir une (nouvelle) étape historique pour le karaté français. TEXTE : OLIVIER REMY / PHOTOS : DENIS BOULANGER 

Assemblée générale

Assemblée générale

De grandes choses à vivre. Une fédération qui se porte bien en terme de licenciés et de finances, une direction technique qui s’étoffe, des disciplines assocées qui se développent, un siège parisien qui assoit la maturité d’une grande fédération, l’inauguration programmée du centre national d’entraînement de Montpellier, et une vitrine parfaite avec cette équipe de France étince- lante lors des derniers championnats du monde à Paris- Bercy qui furent aussi un très beau succès populaire… Le comité directeur sortant, et son président le premier, auraient pu jouer le satisfecit au moment d’ouvrir cette assemblée générale élective 2013 et d’appeler les repré- sentants des ligues et des comités à leur confier les res- ponsabilités pour les quatre ans à venir. Oui… mais non. Francis Didier, qui briguait là un quatrième mandat, se projetait déjà sur les défis à venir, en bâtisseur qu’il est. « Nous avons vécu des championnats du monde magni- fiques et nous n’étions pas les seuls observateurs. Deux membres du Comité International Olympique étaient pré- sents également durant les cinq jours de compétition pour nous évaluer. Puis, en décembre, nous sommes passés avec Antonio Espinos et George Yerolimpos devant une commission du CIO. J’y crois, j’ai de bonnes sensations, le karaté mérite la reconnaissance olympique », lançait ainsi Francis Didier aux xxx électeurs solennellement réunis dans l’auditorium du Comité Olympique et Sportif Français. Un président en place depuis 2001 à la convic- tion inentamée et à l’énergie inébranlable dont l’objectif clair est d’être l’un des grands artisans de l’entrée du ka- raté au programme des JO… Quelques jours après cette AG, le CIO décidait d’en exclure la lutte. « Si olympisme il doit y avoir, cela passera d’abord par une audience devant le comité exécutif du CIO en mai puis la validation devant le congrès du CIO en septembre… » soulignait le président.

Plébiscite. Réélu avec 91,7 % des voix par l’assemblée générale sur proposition du nouveau comité directeur après avoir récolté plus de 95 % des voix dès le premier tour de l’élection, c’est peu de dire que Francis Didier a reçu la confiance des représentants du karaté français le 26 janvier dernier au siège du CNOSF. Avec lui ? La montée en puissance d’une nouvelle génération au côté des élus expérimentés des dernières années. En tout, 46 candi- dats pour 32 postes, élus à la majorité absolue au premier comme au second tour, ce qui eut pour effet d’élire seule- ment 15 candidats au premier et un au second. Une issue inattendue qui créait un moment de flottement parfaitement dissipé par Maxime Delorme, ancien président de la Fédération d’Aïkido et avocat de métier, président de la commission électorale, aux explications limpides. « Ce sont les règles fixées par les status votés il y a deux ans ». « Ce comité directeur sera complété dès les semaines à venir, sans doute en avril, par une nouvelle élection, préci- sait Francis Didier. Cela ne nous empêche pas de travailler immédiatement pour les mois à venir. C’est aussi un rap- pel de nos responsabilités individuelles en tant qu’élec- teur. Chacun devait voter en sachant qu’il s’agissait d’une majorité absolue au premier comme au second tour. Nous l’avons d’ailleurs rappelé. Il faut être attentif. »

Un comité directeur à compléter. Ont ainsi été élus au comité directeur de la FFKDA pour quatre ans : Francis Didier (Président), Alcino Alves Pires (68 ans, Normandie), Catherine Belrhiti (50 ans, Lorraine), Abdelkader Bensalah (64 ans, Provence), Philippe Boulet (63 ans, Paris), Maryvonne Bouzrar (62 ans, Champagne- Ardenne), Michel Bui (64 ans, Languedoc-Roussillon), Yves Bui-Xuan (62 ans, Auvergne), Jean-Michel Feracci (51 ans, Corse), Jean-Louis Julhe (AMV, 58 ans, Auvergne), Bernardina Laurence (65 ans, Val d’Oise), Raphaël Ortega (64 ans, Aquitaine), Roger Paccoud (69 ans, Paris), Hervé Puveland (49 ans, PACA), Raymond Ravassaud (62 ans, Bourgogne), Franco Roman (Médecin, 62 ans, Hauts-de-Seine), Rachel Sudorruslan (45 ans, Seine-et- Marne). Le comité directeur réuni le 15 février a ensuite procédé à l’élection du bureau fédéral sur proposition du président. Le nouvel organigramme de la FFKDA est donc le suivant : secrétaire général : Alcino Alves Pires ; trésorier : Philippe Boulet ; 1er vice président : Raphaël Ortega ; 2e vice président : Yves Bui-Xuan ; 3e vice pré- sident : Hervé Puveland ; Secrétaire généraele adjointe : Catherine Belrhiti ; Trésorier adjoint : Michel Bui ; délégué auprès du président : Raymond Ravassaud.


AG élective : comment ça marche ? 

Les Électeurs. L’assemblée générale se compose des représentants des associations affiliées à la Fédération à raison d’un ou deux représentant(s) par organisme régional (appelé « représentant régional ») et d’un ou deux représentant(s) par organisme départemental (appelé « représentant départemental »). Ceux-ci sont tous élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour par les assemblées générales des organismes régionaux et départementaux. Leur nombre dépend des licences délivrées au cours de la saison précédente soit : un représentant régional pour les ligues comptant 1 à 5 999 licenciés et deux pour les ligues de plus de 6 000 licenciés, au(x)quel(s) s’ajoute(nt) un représentant départemental pour les comités de 1 à 2 999 licenciés et deux représentants régionaux pour les comités comptant 3 000 licenciés ou plus. réunis en assemblée générale, ils étaient invités à élire le nouveau comité directeur fédéral pour l’olympiade 2012-2016.

Le Mode Électoral. Les membres du comité directeur sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par ces représentants régionaux et départementaux qui détiennent un nombre de voix proportionnel à leur nombre de licenciés : les représentants régionaux disposent d’un nombre de voix correspondant au 2/5e du nombre de licences délivrées au cours de la saison sportive précédente, les représentants départementaux des 3/5e. sont élus au premier tour de scrutin les candidats ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés. Au second tour de scrutin, l’élection a également lieu à la majorité absolue des suffrages exprimés. En cas d’égalité (ce qui ne fut pas le cas cette année), l’élection est acquise au candidat le plus âgé. La fédération est administrée par un comité directeur maximum de 32 membres dont deux représentants des arts martiaux vietnamiens, un médecin et xx places réservées aux femmes.

Le Comité Directeur. Dès l’élection du comité directeur, l’assemblée générale élit le président de la fédération. Le président est choisi parmi les membres du comité directeur sur proposition de celui-ci. il est élu au scrutin secret, à la majorité absolue des suffrages valablement exprimés. Après l’élection du président, le comité directeur élit en son sein un bureau fédéral dont les membres sont élus pour la durée d’une olympiade, au scrutin secret et à la majorité absolue des suffrages exprimés.


Cherdieu et Fischer honorés, les mondialistes ovationnés

Joli moment que celui orchestré par les membres du comité directeur à l’issue de l’assemblée générale élective ce 26 janvier en milieu de journée : tous les médaillés des derniers championnats du monde avaient en effet été invités à Paris pour recevoir leur prime et être présentés aux nombreux grands électeurs du jour… lesquels se levèrent comme un seul homme pour une « standing ovation » à destination de cette équipe de France conquérante qui les a visiblement fait vibrer. Quelques instants plus tard, ce sont aussi deux anciens champions du monde, Gilles Cherdieu – accueilli avec de grands applaudissements et des « Gilou-Gilou » – et Laurence Fischer, soit deux des plus beaux palmarès du karaté français, qui se sont vu remettre les insignes de Grands Croix de la Fédération. Des honneurs simples mais qui ont visiblement touché les intéressés. « Ça fait plaisir de voir qu’on ne nous oublie pas », glissait Gilles Cherdieu alors que, presque un peu gênée, Laurence Fischer, avouait : « Je ne savais pas qu’on m’avait demandé de venir pour cela, mais c’est touchant. Ne pas oublier son histoire, c’est aussi important pour bien vivre le présent et pour préparer l’avenir ». Thierry Masci, qui fut également décoré, avait pour sa part préparé une belle allocution à destination des champions sur le podium, terminant ainsi : « Ce que l’on vit ici est important. Après le décès de Mickaël Milon et d’Alain Le Hétet, déjà installés en grands entraîneurs, nous avons vécu une période trouble. Avec vous, avec les élus, avec Francis, avec le DTN arrivé en 2007, les choses se sont mises en place pour tirer le meilleur d’entre nous tous. Et je sais combien c’est difficile. Dans une équipe, sans âme, on n’est rien. »