Vovinam – Imiter le modèle vietnamien

À un an des championnats du monde qui auront lieu en France, l’arbitrage du vovinam est en constante évolution. Explication de texte.

Formé à l’arbitrage sur les terres du Vovinam, au Vietnam, Frédéric Dauphin-Méchain est depuis 2009 responsable de l’arbitrage pour le Vovinam Viet vo Dao au sein de la FFKDA. S’il indique qu’il n‘existe pas de règlement figé au niveau international à cause des instances vietnamiennes qui apportent sans cesse des évolutions, Frédéric Dauphin, juge et arbitre international, explique comment le Vovinam français essaie de calquer au plus près ce qui se fait dans le pays roi.

L’arbitrage du vovinam avant 2009. 

Toutes les tech- niques de ciseaux sont alors autorisées (1 à 21) et, lorsqu’un combattant réalise un ciseau volant au cou, et arrive à le maintenir au sol, il est déclaré vainqueur.

Ce qui a changé

Depuis les championnats du monde de 2009, puis ceux de 2011, le règlement international décidé au Vietnam a sensiblement évolué et la France l’applique désormais sur son territoire. Depuis 2011 donc, le ciseau volant au cou, jugé trop dangereux, est désormais interdit. Seuls sont autorisés les ciseaux 3, 4, 6, 8,9 et 10. Pour Frédéric Dauphin, l’interdiction du ciseau volant au cou ne change pas vraiment la donne : «C’était un geste extrêmement difficile à réaliser dans son intégralité. En 8 ans, je ne l’ai vu qu’une seule fois en championnat de France ». Les coups de poings au visage sont quant à eux permis, alors que la victoire par K.O. est désormais possible. Enfin, un combattant ne peut prétendre remporter le combat s’il n’a pas réalisé au préalable un minimum de cinq techniques de Vovinam. Si la physionomie du combat s’en est trouvée chamboulée, Frédéric Dauphin justifie aisément cette évolution essentielle : « Nous essayons d’imiter le modèle vietnamien, d’en être le plus proche possible sans quoi nous ne pouvons rivaliser quand nous les affrontons lors des compétitions internationales. ». Concernant la formation des arbitres, là aussi, les choses se font désormais comme au Vietnam. D’abord, un diaporama avec les règles théoriques est diffusé puis les futurs arbitres s’adonnent à des ateliers pratiques. La formation se termine par un questionnaire qui porte sur les éléments appris pendant le stage. Puis, les futurs arbitres sont évalués lors de deux compétitions offi- cielles afin de juger leurs aptitudes à arbitrer en conditions réelles.

Les objectifs futurs

Aujourd’hui, l’arbitrage en France se fait avec un arbitre central, qui doit être au minimum 3e dan, et trois juges de coin. En compétition internationale en revanche, l’arbitre central est accompagné de quatre juges. Une différence dues notamment au format de la compétition comme l’explique Frédéric Dauphin : « En compétition internationale, il n’y a qu’un seul tapis. C’est donc plus facile de regrouper des arbitres. En France, en revanche, on fonctionne avec deux voire trois tapis. Nous n’avons donc tout simplement pas suffisamment d’arbitres pour évoluer à cinq ». Ce manque d’arbitres influe aussi sur la notation et c’est pour Frédéric Dauphin le principal problème à régler : « Au Vietnam, pour noter les Quyen, on supprime la meilleure et la moins bonne note des cinq juges et on fait une moyenne des trois restantes ce qui permet d’être au plus proche de la note réelle. En France, nous ne pouvons pas le faire avec quatre arbitres ». Dès lors, la formation de nouveaux arbitres est essentielle pour pouvoir, à un an des championnats du monde qui seront organisés en France, appliquer le modèle de la Wolrd Vovinam Federation. Georges Méchain, chargé de l’organisation des compétitions Vovinam, propose une solution : « On multiplie les stages d’arbitrage en région et deux formations nationales sont organisées tous les ans. Aussi, le Vovinam existe en France depuis trente ans donc désormais, on espère que les anciens compé- titeurs qui ont arrêté de pratiquer vont prendre le relais de l’arbitrage ». Le message est passé.  A.V.