La sélection des Françaises – combat et kata

-50 kg
Alexandra Recchia

Pourquoi pas ?

Née le 25 octobre 1988 à Lyon (Rhône) / Profession : étudiante en Master 2 droit du travail / Club d’origine : Corps Karaté St- Fons (Rhône) / Club actuel : Budo Club Savigny (Essonne) / Son entraîneur national : Yann Baillon / Spécial : ura mawashigeri / Références : 3e championnats d’Europe 2012 (-50 kg), championne du monde universitaires 2010, championne du monde par équipes 2010, vice championne d’Europe par équipes 2011, championne de France -50kg 2012.

Son rituel avant la compétition : « La veille, coudre mon écusson sur mon kim’ et appeler mes parents pour qu’ils me transmettent du positif. »
Une devise : « Dur, ce n’est pas assez ! »
Un souvenir de la prépa… « J’en aurais deux. Le premier, c’est la sortie du collectif de mon amie Ruth Soufflet après l’Open d’Allemagne. J’ai été très affectée. On est très proche depuis 2007 et ça a été difficile de poursuivre sans elle. Ça m’a aussi renforcée. Et puis il y a eu le stage de cohésion après la Bosnie début octobre. On en parle encore plusieurs semaines plus tard. C’était court, mais intense. On a vraiment senti naître un esprit de groupe. On était là les uns pour les autres. Il n’y a pas de mot pour décrire combien c’était fort. »
Les championnats du monde pour moi , c’est… « L’aboutissement d’un travail de deux ans. Pour le moment, je préfère éviter de me mettre la pression donc je me dis que c’est une compétition comme une autre… Mais je sais que Bercy, ça va être à part. C’est aussi là que les grands champions qui m’inspirent se sont révélés, Cecil Boulesnane et Yann Baillon. Deux karatékas complets avec un super coup d’oeil, une belle technique et de fins tacticiens. Tout ce que je recherche dans mon karaté actuel. Je me dis en tout cas que ces mondiaux, ce n’est que du positif. Le public, les proches, beaucoup de messages d’encouragement déjà… J’aurai également une grosse pensée pour un proche décédé il y a quelques mois. Il se faisait une grande joie de venir, me suivait sur toutes les compèt’ et me parlait de Bercy depuis deux ans. Il sera avec moi sur le tatami. »
La journée idéale… « Au réveil, je mets de la musique, je me coiffe, j’enfile mon kimono, mon survêtement France par dessus et je file au petit dej’. Ensuite je vais au dojo avec mon casque en écoutant des chansons de Singuila, ça me détend. Je vois mes parents, ma maman m’embrasse et me fait un câlin tandis que mon père, lui, me met une baffe. C’est parti pour l’échauffement musculaire. J’enchaîne avec l’échauffement spécifique avec Yann (Baillon), le même depuis 5 ans. Je demande ‘‘quelle couleur de ceinture ?’’ Mais je ne regarde jamais mon tableau. Je finis de m’équiper. Une petite baffe, deux trois petit mots et c’est parti. Pour éviter les pensées parasites, je me répète trois mots dans ma tête – mais chut c’est secret. Tout est en place. Il ne reste plus qu’à passer les tours… »  T.B

REPÈRES: Championne d’Europe 2010 : Evdoxia Kosmidou (GRE) ; championne d’Europe 2011 : Serap Ozcelik (TUR) ; championne d’Europe 2012 : Serap Ozcelik (TUR) ; championne du monde 2010 : Hong Li (CHN)

Les forces en présence 
La numéro 1 mondiale du moment, c’est Alexandra Recchia ! La championne d’Europe juniors 2008, médaillée de bronze européenne en mai dernier a pris le leadership international et national à Betty Aquilina… 2e de la ranking et titulaire des mondiaux 2010, et se trouve aussi devant l’espoir Emily Thouy, alignée en équipe. Son petit gabarit sera survolté à Bercy. Qui pour la contredire ? La Turque Ozcelik au premier rang bien sûr. Double championne d’Europe et victorieuse sur ses terres en League 1 en septembre, elle visera la consécration. Il faudra aussi surveiller l’Autrichienne Bettina Plank, souvent placée en tournois, la Slovaque Lucia Kovacikova, vice championne d’Europe, l’Algérienne Dyhia Chikhi, 3e de la ranking grâce notamment à son podium à Paris en janvier dernier. Une outsider méconnue ? On vous en donne deux : la combattante de l’école suédoise Gulsah Akdag, médaillée aux derniers championnats d’Europe et, dans un autre style, la Chilienne Gabriela Bruna Piutrin, finaliste en League 1 à Istanbul. À moins qu’un pays ne refasse le coup de la Chinoise Li en 2010 (apparue une fois depuis en tournoi, en juillet dernier et battue par l’Autrichienne Bettina Plank). Les Asiatiques ne se sont pas montrées en Europe. La championne d’Asie 2012 est l’Iranienne Nasri Dousti, la vice championne la Japonaise Hikaru Ono. Deux noms à retenir.
O.R.


-55 kg
Lucie Ignace

Prête pour la médaille

Née le 16 décembre 1992 à St-Denis de la Réunion / Profession : étudiante / Club d’origine : KC Ste- Rose (Réunion) / Club actuel : Karaté Shoto Club de Bras Panon (Réunion) / Son entraîneur national : Olivier Beaudry / Spécial : ura-mawashi jambe arrière (jambe droite) / Références : 3e championnats d’Europe 2012 (-55 kg), championne du monde universitaire 2012 (-61 kg), 3e championnats du monde juniors 2009 (-59 kg), championne d’Europe juniors 2009 (-59 kg), triple championne de France seniors 2010, 2011, 2012 (-55 kg)

Son rituel avant la compétition : « Avoir mon portebonheur auprès de moi, une serviette que j’ai depuis ma naissance. » Une devise : « Quand on veut on peut. »
Un souvenir de la prépa… « Le Run and Bike pendant le stage de Bugeat et le second, certainement la rencontre de préparation à l’INJ fin août. C’était super, la cohésion de groupe était bonne, nous étions tous très soudés. »
Les championnats du monde pour moi, c’est… « Avant toute chose, mes premiers ! Mon objectif est d’être championne du monde, je n’en ai pas encore une image tout à fait bien définie de ce que ça représente, c’est quelque chose d’assez fou quand même. Déjà à Coubertin, la salle est impressionnante, mais on y a déjà combattu, donc on s’habitue. Mais là, à Bercy avec notre public ça va être juste incroyable. Pour l’occasion, 40 Réunionnais vont venir depuis l’île, mes parents seront aussi de la partie, j’en ai déjà des frissons. Je sais que ça va être grand. Il va falloir que j’aille faire un repérage. Quand je pense grand champion, ma référence au niveau mondial, c’est Lolita Dona. Elle ne ménage jamais ses efforts, elle est perpétuellement au travail, elle est un véritable exemple et un modèle à suivre en équipe de France. »
La journée idéale… « Elle débutera la veille… Je prépare toujours mes affaires pour ne plus rien avoir à penser le lendemain. Je suis allée me coucher à une heure convenable. Le lendemain, sur le trajet qui mène à Bercy, je me serai plongée dans ma bulle en écoutant un peu de musique. Une fois entrée dans la salle, je vais chercher un coin pour m’isoler, écouter les bruits alentour, m’imprégner de l’ambiance, c’est une grosse phase ou je me concentre sur moi-même. Une phase quasiment indispensable. Pour l’échauffement, je vais réécouter de la musique pour monter en rythme. Pendant les compétitions, j’aime rester auprès du clan français, discuter et booster les uns, les autres. Je devrai ensuite à mon tour appliquer les consignes, ne pas oublier tout ce qui a été travaillé en y ajoutant la hargne et la combativité. » T.B

REPÈRES Championne d’Europe 2010 : Sara Cardin (ITA) ; championne d’Europe 2011 : Natasha Ilievska (MKD) ; championne d’Europe 2012 : Jelena Kovacevic (CRO) ; championne du monde 2010 : Miki Kobayashi (JPN)

Les forces en présence
La Brésilienne Valéria Kumizaki voudra faire le coup réussi par son camarade d’équipe Brose (-60kg) en 2010. La championne du monde en titre japonaise, Miki Kobayashi, arrive sur la pointe des pieds avec, comme référence, une toute petite 5e place à Istanbul et un titre de championne d’Asie, l’Iranienne Bahrami paraît un peu juste mais elle était sur le podium à Jakarta (League 1), alors que sa compatriote Khorramjah était, elle, finaliste à Busan… C’est une 3e Iranienne qui a fait la finale des championnats d’Asie, Chalaki Fatemeh. L’une des trois sera là. Le danger pour la perle réunionnaise Lucie Ignace, désormais médaillée européenne, pourrait toutefois se concentrer autour des forces vives du Vieux Continent. Incarnées par la Turque Erseker, finaliste à Paris mais qui monte parfois en -61kg, l’Allemande Jana Bitsch, vice championne d’Europe, victorieuse aux Pays-Bas devant l’Italienne Sara Cardin – vice championne du monde en titre, et encore finaliste à Franckfort contre… Ignace. Il ne faudra pas non plus sousestimer la Slovaque Jana Vojtikevicova, médaillée européenne 2012. Surtout, bien qu’absente de la fameuse ranking, la médaillée mondiale 2010 et championne d’Europe il y a six mois Jelena Kovacevic fait figure d’épouvantail. C’est d’ailleurs elle qui avait battu Ignace aux Europe. Le danger qu’on ne verrait pas venir ? « Maybe from USA » : les États-Unis risquent aussi frapper à la porte des médaillées en se rappelant de 2010 où Nishi avait emporté le bronze. O.R.


-61 kg
Lolita Dona

Perf’ attendue

Née le 18 avril 1984 à Tulle (Corrèze) / Profession : Adjoint administratif / Club d’origine : La Bourboule puis KC Pérols / Club actuel : Budokan Karaté Thiais (Val-de-Marne) / Son entraîneur national : Yann Baillon / Spécial : oi-tsuki / Références : championne d’Europe 2012 (-61kg), championne du monde par équipes 2010, vice championne du monde 2010 (-61kg), 3e championnats d’Europe 2011 (-61kg), vice championne d’Europe par équipes 2011.

Son rituel avant la compétition : « Courir sur le tatami. »
Une devise : « Bien mal acquis ne profite jamais. J’aime l’honnêteté en toutes circonstances. »
Un souvenir de la prépa… « Je n’ai pas de souvenir particulier mais je me prépare en sachant que ma famille entière sera présente et ça c’est très important pour moi. Mon père m’a toujours suivi mais ce sera la première fois que ma mère et mes frères et soeurs seront dans les tribunes. J’ai hâte. »
Les championnats du monde pour moi, c’est… « Ma finale de 2010. Depuis toute petite, mon rêve est d’être championne du monde alors je retiens ma demi-finale en Serbie en 2010 parce que c’est le moment où j’ai été au plus près de mon rêve. Je l’ai touché du doigt… J’avais eu un premier tour difficile puis, quand les combats se sont enchaînés, je ne ressentais que du positif, mais je ne me projetais jamais sur la finale. Puis, quand je remporte ma demi-finale, d’abord je ne réalise pas puis je vois les arbitres lever la main et là je comprends que je vais disputer une finale mondiale. Je n’oublierai jamais ce moment. »
La journée idéale… « La journée parfaite serait que Davy et moi soyons en finale et que nous atteignons aussi la finale par équipes. Ensuite, si je dois être championne du monde, j’aimerais que ce soit avec la manière. Si je suis championne du monde sur une décision des arbitres, il y aura un petit goût d’inachevé. Mais nous n’y sommes pas encore… »  A.V

REPÈRES Championne d’Europe 2010 : Evdoxia Kosmidou (GRE) ; championne d’Europe 2011 : Serap Ozcelik (TUR) ; championne d’Europe 2012 : Serap Ozcelik (TUR) ; championne du monde 2010 : Hong Li (CHN)

Les forces en présence
À domicile et championne d’Europe en titre, Lolita Dona fait figure de favorite, bien qu’elle ne soit pas n°1 mondiale officieuse (elle est 4e), l’Autrichienne Alisa Buchinger occupant le strapontin avec sa finale à Jakarta et des victoires aux Pays-Bas, à Istanbul et à Paris où elle avait justement battu la Française. C’est ce qu’on appelle une saison pleine ! Championne du monde surprise il y a deux ans, Kristina Mah, la plus Française des Australiennes (Elle s’entraîne au SIK) s’est rappelée au bon souvenir de la concurrence en remportant l’étape League 1 de Francfort, dans un tournoi que l’Anglaise Natalie Williams terminait à la 3e place, comme elle l’avait fait au Dutsch Open des Pays-Bas. Pour les autres dangers de la catégorie, il faudra avoir en tête le dernier podium européen (l’Ukrainienne Serogina, la Croate Bebek et la Turque Yasar), peut-être l’Espagnole Cristina Ferer Garcia boostée par la dynamique collective de la Roja, mais plus vraisemblablement pour une médaille possible la Japonaise Miyamoto Yu (championne d’Asie, victorieuse à Jakarta et 3e à Istanbul), pour l’Italienne Laura Pasqua, 3e à Francfort, la Russe qui représentera son pays (Khaliullina ou Stepanova) ou encore la finaliste macédonienne du Dutsch Open Natasha Stefanovska. O.R.


 -68 kg 
Tiffany Fanjat 

Libérée ?

Née le 22 décembre 1981 à Tassin la Demi Lune (Rhône) / Profession : professeur de sport / Club d’origine : Karathlétique Club de Brignais (Rhône / Club actuel : AAS Sarcelles (Val d’Oise) / Son entraîneur national : Yann Baillon / Spécial : oi-tsuki / oi-tsuk / Références : championne du Monde 2008 (+60kg), championne du monde par équipe 2010, vice Championne d’Europe 2009 et 2012 (-68kg), triple championne de France 2007, 2008, 2012.

Son rituel avant la compétition : « Aucun. »
Une devise : « Il faut vivre ses rêves. »
Un souvenir de la prépa… « Je garderai en tête la préparation que j’ai effectuée à Lyon avec mon entraîneur, Damien Dovy. C’est lui qui m’a fait devenir championne du monde en 2008 et je sais que grâce à son travail je serai prête le jour J. Et puis, ça m’a fait du bien de m’éloigner un peu de Paris. Ce retour aux sources était important. »
Les championnats du monde pour moi, c’est… « Forcément, mon titre de championne du monde en 2008. La journée avait vraiment été particulière, je n’éprouvais rien. Je me souviens, la seule chose qui m’importait était de savoir de quelle couleur serait ma ceinture à chaque combat ! Les tours s’enchaînaient et je suis devenue championne du monde sans vraiment réaliser. C’est le podium qui m’a ramenée à la réalité. J’aimerais revivre ce moment unique. »
La journée idéale… « J’aurai besoin de me savoir entourée. Il faudra que je vois ma famille, mon coach, ce sont eux qui me porteront. Ensuite, je ferai en sorte de passer suffisamment de tours pour accéder à la finale. Pour le moment, j’essaye de ne pas trop me projeter. Et puis, je sais qu’il existe un petit facteur chance sur lequel je ne peux pas influer. »  A.V

REPÈRE Championne d’Europe 2010 : Vassiliki Panetsidou (GRE) ; Championne d’Europe 2011 : Fanny Clavien (SUI) ; championne d’Europe 2012 : Hafsa Seyda Burucu (TUR) ; championne du monde 2010 : Yadira Lira (MEX)

Les forces en présence
Maria Weiss ? La modeste allemande est en tête de la ranking WKF en abordant ces mondiaux, elle qui s’est imposée à Paris puis aux Pays-Bas, mais c’était en début d’année. Juste derrière, on retrouve la solide Polonaise Kamila Warda et surtout la championne du monde en 2008, Tiffany Fanjat. La Française est revenue à la bagarre au meilleur moment à l’occasion des derniers championnats d’Europe et a remporté le tournoi de Francfort fin septembre ainsi que les championnats méditerranéens. C’est la der des der pour Tiff’ qui a tout pour se présenter libérée à Bercy. Attention quand même à la Russe médaillée européenne Inga Sherozia (1re à Istanbul, finaliste à Paris), à la Turque Burucu, championne d’Europe en titre qui a battu la Française aux Europe –mais que Fanjat a aussi battue à plusieurs reprises- et à la Monténégrine Rakovic, voire à l’Américaine Sheryl Murphy, 3e à Francfort. Sans oublier l’Espagnole de la caté, Cristina Vizcaino Gonzalez et peut-être l’Indonésienne championne d’Asie Yulanda Asmuruf, la Japonaise Someya n’étant pas au mieux. O.R.


+68 kg 
Nadége Aït-Ibrahim

Retrouver l’ivresse

Née le 1er mai 1988 à Fréjus (Var) / Profession : employée à la Grande Récré / Son club d’origine et actuel : Le Petit Samouraï (Var) / Son entraîneur national : Louis Lacoste / Spécial : gyaku lancée / Références : championne d’Europe 2011 (+68kg), vice championne du monde 2010 (+68kg), 3e championnats du monde par équipes 2008, 3e championnats d’Europe 2012 (+68kg), double championne de France 2010 et 2011 (+68kg)

Son rituel avant la compétition : « Aucun. »
Une devise : « Lâchez tout, mais ne lâchez rien ! »
Un souvenir de la prépa… « Je retiens la préparation physique que j’ai faîte avec Nadir Benaïssa et Betty Aquilina. C’était intense, j’avais rarement été aussi loin physiquement. Ils m’ont boosté et jamais je n’aurai pu suivre un tel programme toute seule. Ce sera un gros point positif à Bercy. »
Les championnats du monde pour moi, c’est… « Tout ce qu’il y a eu autour de ma demi-finale en Serbie m’a marquée. Avant le combat je me mets à tergiverser et Thierry Masci me remet dans le bain puis, quand je remporte le combat, je vois le bonheur dans les yeux de Louis Lacoste, de mes amis, de ma famille. C’était vraiment fort. »
La journée idéale… « Je ne veux pas idéaliser ma journée. Ce sera dur et à la fois extraordinaire. Je sais qu’il y a de la pression, le public sera derrière les Français forcément et je ne veux pas me rater. Je veux pouvoir me lâcher et me faire plaisir. L’idéal serait de faire comme aux championnats d’Europe en 2011. J’avais un tableau très fort et j’ai su bien gérer tous les combats. J’étais sur un nuage et j’aimerais bien le retrouver à Paris. »  A.V

REPÈRES Championne d’Europe 2010 : Vanesca Nortan (NED) ; championne d’Europe 2011 : Nadège Aït-Ibrahim (FRA) ; championne d’Europe 2012 : Greta Vitelli (ITA) ; championne du monde 2010 : Greta Vitelli (ITA)

Les forces en présence
L’Italienne Vitelli ne veut rien lâcher, elle l’a encore prouvé à Ténérife en mai dernier. La très solide Néerlandaise Vanesca Nortan, championne d’Europe 2005 (Open) et 2010, reste sur une 3e place européenne en 2011 mais surtout deux 5e places continentales en 2011 et 2012. À 31 ans, la Batave, double médaillée mondiale en… 2004, semble appartenir au passé. Pourtant, en tête de la ranking mondiale, elle cultive le doute en montant sur les podiums de League 1. Qui pour lui disputer le leadership ? L’Anglaise Katie Hurry, finaliste à Paris en janvier et plusieurs fois placée, l’expérimentée suisse  Jessica Cargill et, tout le monde l’espère, la Française Nadège Aït-Ibrahim qui voudra revivre l’ivresse de son titre européen 2011. Il faudra aussi compter sur la vice championne d’Europe tchèque Radka Krejkova et la Turque Hocaoglu, sur le podium à Ténérife et victorieuse de la League 1 d’Istanbul. On parle aussi de l’Iranienne Hamideh Abbasli, championne d’Asie, mais surtout de la Croate Marsa Martinovic, victorieuse à Francfort et 3e à Paris. O.R


Kata individuel
Sandy Scordo

Le repère de Busan

Née le 25 juillet 1985 à Carpentras (Vaucluse) / Profession : employée La Grande Récré / Son club d’origine : Budokan 84 / Son club actuel : Art Combat (Vaucluse) / Son entraîneur : Yves Bardreau / Style : shotokan / Références : vice championne d’Europe individuelle 2010, 2011 et 2012, 3e en 2009

Son rituel avant la compétition : « Lavage, coiffage, kiffage. » (rires)
Une devise : « Y croire, c’est se donner les moyens d’y arriver. »
Un souvenir de la prépa… « En août, j’ai remporté la coupe du monde en Corée du Sud et j’ai battu en finale la Vietnamienne NGuyen, vice championne du monde en titre. Cette victoire m’a permis de prendre conscience que j’aurai toutes mes chances à Paris. »
Les championnats du monde pour toi, c’est… « Un souvenir très fort : le premier combat de la finale par équipes des championnats du monde en Serbie en 2010. Ruth Soufflet a battu une Espagnole, la plus difficile à manoeuvrer ce jour là, et elle a montré la voie à toute l’équipe. C’était une magnifique victoire, je n’ai jamais autant vibré. »
La journée idéale… « Les deux plus fortes, la Japonaise et la Vietnamienne seront dans un tableau différent donc, ce qui me plairait, c’est de battre la Vietnamienne en demi-finale et d’affronter la Japonaise en finale, avec tout le public de Bercy derrière moi. La Japonaise a un karaté qui plaît et le public de connaisseur l’appréciera forcément donc si j’arrive à faire que le public soit derrière moi, cela va me transcender. C’est sûr, si le public répond présent, alors il faudra venir me chercher. »  A.V

REPÈRES Championne d’Europe 2010 : Mrina Senjug (CRO) ; championne d’Europe 2011 : Yaiza Martin Abello (ESP) ; championne d’Europe 2012 : Yaiza Martin Abello (ESP) ; championne du monde 2010 : Yohana Sanchez (VEN)

Les forces en présence
L’infernal trio japonais formé de Rika Usami, Rimi Kajikawa et Kazuyo Inoue, n’avait pas permis à la première, de la génération 2005 (elle fut championne du monde juniors cette année là) de décrocher le titre mondial en 2010. Cette fois, elle a deux ans d’expérience en plus et a fait parler la poudre toute la saison pour se présenter en patronne à Bercy : victoire aux Pays-Bas, à Paris, à Jakarta, à Istanbul… à chaque fois devant 2, 3 voire 4 autres Japonaises ! Il sera difficile d’aller la chercher, y compris pour la championne du monde en titre, la Venezuélienne Yohana Sanchez, seulement 11e de la ranking mondiale, qui, si elle s’est cachée, a raté ses championnats panaméricains. NGuyen ? La Vietnamienne a gagné Francfort fin septembre, mais elle s’était inclinée cet été devant Sandy Scordo à Busan et a perdu en finale des championnats d’Asie contre Usami. La Française espère donc un bon tirage pour se mêler à la bagarre. Le danger viendra aussi de l’Italienne Sara Battaglia, de la double championne d’Europe en titre espagnole Martin Abello alors que certaines, comme la Slovaque Erika Hrusecka, auront tout à gagner… O.R