La sélection des Français – combat et kata

-60 kg 
Johan Lopes  

La quête

Né le 18 octobre 1989 à Rueil Malmaison (Hautsde- Seine) / Profession : Étudiant en Master 1 STAPS / Son club d’origine et actuel : CSAH Rueil Malmaison (Hauts-de-Seine) / Son entraîneur national : Louis Lacoste / Spécial : kizami-tsuki / Références : Vice champion d’Europe 2011, 7e championnats du monde 2010, 1er Open de Paris 2012 Champion de France 2008, 2010 et 2012.

Son rituel avant la compétition : « Écouter des musiques de film pour me détendre. »
Une devise : « Ne jamais brûler les étapes »
Un souvenir de la prépa… « Je sens que le groupe est plus soudé qu’aux derniers championnats du monde, il y a moins de petits groupes. Personnellement, j’ai plus d’affinité avec Salim Bendiab, mais je m’entends bien avec tout le monde, je pense que le dernier stage de préparation à Marcoussis a fini de nouer cette belle équipe. »
Les championnats du monde pour moi, c’est… « Un rêve depuis tout petit, à l’époque j’avais déjà les posters des plus grands karatékas accrochés aux murs. Je m’y suis toujours intéressé et puis mon père était dans le milieu donc je suis un peu né dedans. Maintenant que j’y suis, mon image de ces championnats a un peu changé, j’aimerais réussir à me rappeler de tous ces souvenirs le jour J, pour justement pouvoir m’arracher les tripes sur le tapis. »
La journée idéale… « Elle est longue, elle commence la veille avec une séance de concentration intense où j’écoute beaucoup de musique de film. Je visualise en même temps la compétition, le lieu, les futurs adversaires, j’essaie d’être le plus relâché possible. Toujours la veille, je prends une douche froide, depuis deux ans, c’est devenu un rituel indispensable pour mes jambes surtout, ça m’aide à me sentir léger et à m’endormir. Le matin, je me lève et je mange un petit déjeuner plutôt conséquent, trois heures avant ma mise en action. Arrivé à la salle, je scrute les alentours et je cherche un moyen de me hisser le plus haut possible dans les tribunes, j’observe beaucoup, cette visualisation d’ensemble me permet de rentrer progressivement et efficacement dans la compétition. Une fois prêt, je descends et commence à rentrer dans le vif du sujet, tout en gardant à l’idée d’enchaîner les tours sans perdre un combat. »  T.B

REPÈRES Champion d’Europe 2010 : Michele Giuliani (ITA) ; Champion d’Europe 2011 : Michele Giuliani (ITA) ; Champion d’Europe 2012 : Matias Gomez (ESP) ; Champion du monde 2010 : Douglas Santos Brose (BRA)

Les forces en présence
Johan Lopes est 1er à la ranking list, et il s’est rassuré en gagnant les championnats méditerranéens. Mais, dans le même temps, le solide Letton Kalnins, médaillé en 2010 et finaliste européen a remporté les étapes League 1 de Francfort et Istanbul. L’Espagnol Matias Gomez (Lui aussi 3e en 2010) est champion d’Europe devant… Kalnins. Une concurrence européenne également incarnée par l’Italien Giuliani. Le Transalpin, vice champion du monde en 2010 et double champion d’Europe a été mis en concurrence avec ses petits camarades Vastola et autre Maresco. Il a montré son autorité au bénéfice notamment d’un récent podium à Istanbul et sera redoutable à Paris. Et ce n’est pas fini pour la concurrence venue du Vieux Continent : l’Allemand Alexander Heimann est un dangereux double médaillé européen, tout comme le Croate Domdjoni. Le Turc Arapoglu et le Russe Tebuev on fait des podiums en tournois. Quant au Colombien Rendon, il a fait une finale à Francfort en guise d’avertissement. Enfin, le péril viendra peut-être aussi du quatuor asiatique du dernier championnat continental : le Coréen Lee (champion d’Asie et vainqueur à Busan), le Kazakh Assadilov, le Japonais Araga et l’Iranien Saeid. Quant au champion du monde en titre, le Brésilien Brose, il est aux aguets. Celui qui pourrait hanter la concurrence ? Le Danois Casper Lidegaard (2e à la ranking) dont la meilleure perf’ reste une 7e place aux Europe 2010 mais qui s’est placé dans plusieurs tournois. O.R.


-67 kg 
William Rolle

Le bon William Rolle ?

Né le 14 octobre 1985 à Sarcelles (Val-d’Oise) / Profession : Étudiant / Club d’origine : Garges-lès- Gonesse (Vald’Oise) / Club actuel : AS Sarcelles (Vald’Oise) / Son entraîneur national : Olivier Beaudry / Spécial : uramawashi / Références : 3e aux championnats du monde 2008, Champion d’Europe 2012, Quintuple champion de France 2008 (-65kg), 2009, 2010, 2011, 2012 (-67kg), Vainqueur de l’Open de Paris 2007, 2008, 2010 et 2012.

Rituel avant la compétition : « Discuter avec ma femme. Elle m’apaise. »
Une devise : « Force et honneur. »
Un souvenir de la préparation… « Les championnats méditerranéens. Cette compétition représentait le dernier face à face avec mes adversaires européens avant les championnats du monde. C’était intense. Et puis, on a bien rigolé avec le collectif. J’ai bien aimé ce déplacement en Bosnie, voilà tout. »
Les championnats du monde pour moi, c’est… « Émouvant. Victoires, défaites, solidarité, fair-play, les championnats du monde devraient être le reflet de notre société. À chaque fois que je regarde la vidéo des championnats du monde de Munich où les filles furent championnes du monde par équipe, j’ai des frissons. Je me mets à sourire tout seul. J’espère que l’on va, nous aussi, procurer des émotions au public de Bercy. »
La journée idéale… « Ce jour-là, je n’aurai pas les jambes lourdes, ni le corps fatigué. Je serai concentré et déterminé dès le moment où je sortirai de l’hôtel. J’ai plusieurs cordes à mon arc, alors peu importe l’adversaire, j’aurai la solution pour le battre. D’autant plus que j’ai déjà battu, au moins une fois, tout le monde dans la catégorie. Ce jour-là, je vais être tellement excité, en voyant les projecteurs, le public, et les écrans géants, que je vais devoir prouver que c’est moi le meilleur. J’ai tellement hâte d’y être… »  S.SU

REPÈRES Champion d’Europe 2010 : Dimitrios Triantafyllis (GRE) ; Champion d’Europe 2011 : Dimitrios Triantafyllis (GRE) ; Champion d’Europe 2012 : William Rolle (FRA) ; Champion du monde 2010 : Dimitrios Triantafyllis (GRE)

Les forces en présence
Le Grec Dimitrios Triantafyllis fait toujours figure d’épouvantail… tout comme le Français William Rolle qui a de bonnes raisons de se dire que 2012 est son année. Un duel en perspective auquel pourra se mêler le constant Ciro Massa, sur le podium européen depuis trois ans. Un dauphin aux dents longues. Qui encore ? Omer Kemaloglu, bien sûr, vice champion d’Europe battu par Rolle à Ténérife, qui l’a dominé 5-2 aux championnats méditerranéens. Danger ! Il y a aussi l’Azéri Aliyev, l’Autrichien Thomas Kaserer qui a bien tourné lors des League 1, Rinat Sagandykov champion d’Asie en titre et, un Saied pouvant en cacher un autre, l’Iranien de la catégorie qui a remporté le tournoi d’Istanbul en septembre et qu’il faudra surveiller.
O.R.


-75 kg
Davy Donna

Enfin ?

Né le 13 octobre 1981 à Choisy le Roi (Val-de- Marne) / Profession : Adjoint administratif au Conseil Général 94 / Son club d’origine et actuel : Budokan Karaté Thiais (Val-de- Marne) / Son entraîneur national : Yann Baillon / Son spécial : Uramawashi / Références : Champion d’Europe 2003 (-60kg), Champion de France 2003, 2005, 2007 (Open) et 2011.

Un rituel avant la compétition : « Toucher mon alliance »
Une devise : « La meilleure défense c’est l’attaque »
Un souvenir de la préparation… « Elle a été un peu particulière. J’ai été sorti du groupe France après mon championnat d’Europe raté puis j’ai été réintégré tardivement dans la sélection pour les championnats du monde. Donc, cet été, je me suis préparé seul. Tous les gymnases étaient fermés du coup, j’ai du travailler dans mon garage. C’était dur d’être tout seul mais ça m’a donné la rage de réussir. »
Les championnats du monde pour moi, c’est… « La finale de Lolita (sa femme, NDLR) aux championnats du monde en Serbie, en 2010. J’étais dans les tribunes, j’ai vibré. Je n’ai pas de meilleur souvenir de karaté, cette finale, c’était déjà une superbe victoire. »
La journée idéale… « Mon premier souhait, c’est d’être moi même. Je suis mon seul véritable adversaire et, si j’ai mes sensations, je serai inarrêtable. J’aimerais rencontrer les plus forts de ma catégorie. Si j’arrive à tous les écarter, cela voudra dire que j’ai fait le parcours pour être champion du monde. Ensuite, l’idéal serait d’affronter Aghayev en finale. J’aimerais me frotter à lui dans ce contexte d’une finale à Paris qui serait si particulière. »  A.V

REPÈRES Champion d’Europe 2010 : Rafael Aghayev (AZE) ; Champion d’Europe 2011 : Rene Smaal (NED) ; Champion d’Europe 2012 : Luigi Busa (ITA); Champion du monde 2010 : Rafael Aghayev (AZE)

Les forces en présence
Il faudra être sacrément costaud pour aller battre le petit (1m68) génie de Bakou à Bercy : l’Azéri Aghayev entend bien décrocher son 5e titre mondial à Paris. En guise de préambule, il a d’ailleurs remporté l’Open de Paris en janvier dernier. Davy Dona, mis à l’écart puis réintégré au groupe a remporté l’Open des Pays-Bas, et 3e à Francfort, il est devant à la ranking mondiale… Mais il faudra un Dona de feu pour l’emporter. Derrière, ça se bouscule : L’Américain Scott Thomas, 3e à la ranking, est double champion panaméricain (-75kg et Open) cette année à tout juste 22 ans ; Rene Smaal (NED), champion d’Europe 2011, a gagné Francfort et reste finaliste des Europe 2012, à chaque fois opposé à Luigi Busa. L’Italien qui est aussi en forme puisqu’il a remporté la League 1 d’Istanbul devant Noah Bitsch, un Allemand vice champion du monde juniors 2007, 3e des Europe et surtout membre du groupe allemand champion d’Europe. Il faudra être fort… Le danger asiatique, lui, arrive par le Japonais Ko Matsuhisa. Médaillé mondial en 2006 et 2008, seulement 7e en 2010, il arrive, à 30 ans, avec beaucoup d’expérience. O.R.


-84 kg 
Kenji Grillon

Envol attendu

Né le : 28 octobre 1989 à Bondy (Seine-Saint- Denis) / Profession : Étudiant 2e année sportcom (Insep) / Son club : ADB Karaté Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise) / Son entraîneur national : Olivier Beaudry / Son club d’origine : Kenji a débuté à 8 ans à Bobigny (Seine-Saint- Denis) / Son spécial : mawashi jambe arrière / Références : 3e championnats d’Europe 2012, Vice champion d’Europe par équipes 2011, Champion du monde cadet 2007 (-70 kg).

Son rituel avant la compétition : « Je n’en ai pas vraiment de rituel, j’essaye de bien manger, de me reposer et de penser aux choses matérielles nécessaires au bon déroulement de la compétition. »
Une devise : « Force et honneur »
Un souvenir de la préparation… « Il n’y en a pas qu’un ! Les souvenirs les plus plaisants furent le run and bike que nous avons remporté, et le stage commando. Ce stage restera gravé, c’est certain. Les parcours à exécuter étaient loin d’être évidents, ça nous a permis de nous rapprocher au sein même de l’équipe. Pour le reste, on a fait beaucoup de karaté, vraiment beaucoup. »
Les championnats du monde pour moi, c’est… « Une arrivée tardive, mais en même temps prématurée. Jeune, je n’avais jamais assisté à un championnat du monde. Mais, pour compenser, j’ai fait mon premier à 18 ans. J’ai ce souvenir d’un gymnase comble. J’avais à l’époque pu faire la différence entre ce que l’on voyait à la télévision et ce que l’on ressentait sur place, c’était très impressionnant. Maintenant que je suis acteur, je me dis qu’il faut que je les gagne, il n’y a pas d’autre solution. Même lorsque j’en parle avec mes proches, la deuxième ou la troisième place est trop rapidement relayée au second plan ou oubliée, alors que le premier, le champion du monde à Bercy, à la maison, restera gravé à jamais. Pour notre sport, ce serait une reconnaissance ultime. Je n’ai qu’un objectif en ligne de mire : être champion du monde. »
La journée idéale… « Elle commencerait en douceur, un réveil tranquille et une montée en puissance progressive au cours de la journée. Des combats, des tours qui s’enchaînent et une qualification en individuel pour une finale à la clé. Ensuite, j’essaye de gérer mon effort pour assurer lors des combats par équipe. Et pour finir, le surlendemain, je gagne la finale en individuel et exauce mon rêve. Voici brièvement ma journée idéale… de quatre jours. »  T.B

REPÈRES Champion d’Europe 2010 : Tim Petersen (NED); Champion d’Europe 2011: Slobodan Bitevic (SRB); Champion d’Europe 2012 : Georgios Tzanos (GRE) ; Champion du monde 2010 : Slobodan Bitevic (SRB)

Les forces en présence
Il y a l’Asie de l’Iranien Ali Fadakar (2e à Istanbul, champion d’Asie et vainqueur à Jakarta), et du Japonais Ryutaro Araga, finaliste malheureux face à lui en Indonésie. Il y a aussi et surtout le retour possible des grognards qui ont donné quelques signes. Vice champion du monde 2006, le Belge Diego Vandeschrick a signé une victoire à Paris et une finale à Francfort, lui qui est en quête, à 28 ans d’une grande médaille internationale depuis son titre européen 2008 (-70kg). Dans le même registre et de la même génération, Tim « Babyface » Petersen, époustouflant champion d’Europe 2005 à 19 ans (-75kg), puis à nouveau sacré en 2009 et 2010, n’a jamais connu le succès au niveau mondial. Mais il l’a emporté en Allemagne. Discret, le colosse Slovaque Claudio Farmandin n’a pas dit son dernier mot. Gardez surtout en tête le nom du champion du monde en titre, Slobodan Bitevic, champion d’Europe en 2011 et à nouveau médaillé continental cette année. Solide, le Serbe… mais battu par Grillon aux championnats méditerranéens. En vue, aussi, le Macédonien
Ognen Gruevski (1er aux Pays-Bas, 5e à Paris, numéro un de la ranking), l’Ukrainien Yaroslav Horuna (3e à Paris et 2e de la ranking). Ajoutez-y l’impeccable Grec Tzanos, médaillé européen depuis 2009 et titré à Ténérife. Le champion du monde 2012 se trouve parmi eux. O.R.


+84 kg 
Nadir Benaïssa

Nadir et le cap Horne

Né le 2 septembre 1985 à Nîmes (Gard) / Profession : Étudiant / Club d’origine : Yamato Nîmes (Gard) / Club actuel : Shotokan Karaté Alesien (Gard) / Son entraîneur national : Louis Lacoste / Spécial : un secret / Références : champion de France 2012 (+84kg), vice champion d’Europe pas équipe 2011, champion du monde universitaire par équipe 2010, vainqueur de l’Open de Paris 2010, champion d’Europe juniors par équipe 2006.

Son rituel avant la compétition : « Décompresser et rigoler »
Une devise : « Tout est possible »
Un souvenir de la prépa… « À l’unanimité, le stage “commandos”. Nous nous sommes retrouvés face à des situations extrêmes, qu’il a fallu gérer rapidement et de façon efficace. C’était une bonne manière de faire pour préparer les différents scénarios qui peuvent nous tomber dessus aux championnats du monde. Cette expérience a renforcé nos liens. Il n’y a rien à dire, nous sommes vraiment solidaires. Ce stage a été également rassurant du point de vue physique. On doit arriver au top ! »
Les championnats du monde pour moi, c’est… « Cinq jours de bonheur intense. Le titre ? c’est la cerise sur le gâteau pour commencer ou finir en beauté une carrière de karatéka. J’ai toujours été à fond dedans. Je suivais tous les résultats de l’équipe Cherdieu, Le Hétet, Pinna, Pyrée… C’est l’âge d’or du karaté français qui a fait rêver tous les enfants, y compris moi. Aujourd’hui, mon rêve se réalise, à moi de concrétiser. »
La journée idéale… « Je n’y ai pas pensé, à vrai dire. Je m’attends à tout le jour J, pour être le plus fort, il faudra que je marche étape après étape. La finale, j’y penserai seulement vers 17h. Par contre, je sais déjà qu’il ne va pas falloir lever la tête vers les tribunes. Je risquerais de me déconcentrer. Je sais aussi qu’il y aura un public chaud bouillant qui va nous pousser vers la victoire. De toute façon, ma journée sera parfaite parce que c’est la première fois que mes parents vont venir me voir combattre, lors d’une compétition internationale. »  S.SU

REPÈRES Champion d’Europe 2010 : Jonathan Horne (GER) ; Champion d’Europe 2011 : Jonathan Horne (GER) ; Champion d’Europe 2012 : Jonathan Horne (GER) ; Champion du monde 2010 : Dejan Umicevic (SRB)

Les forces en présence
L’Allemand Horne, déjà placé à l’époque des Leal, Walters, Guerunov et autre Maniscalco a totalement éclipsé le concurrence depuis 2010 au niveau européen, même s’il avait raté les monde cette année là. Un doute ? Pas vraiment, Sa 5e place à Francfort et sa 3e à Paris ont été balayée par son nouveau titre européen et ses victoires à Istanbul et aux Pays-Bas. Il a montré qu’il savait être l’homme des grands rendez-vous, amenant aussi la Mannschaft sur les podiums dans son sillage. Derrière lui, l’Italien Maniscalco, 30 ans, champion du monde 2006 et 2008, n’a plus sa flamme d’antan. 3e à Istanbul, 2e à Paris, il fait partie des favoris pour la médaille mais devrait être contesté. Par qui ? Par Nadir Benaissa et son coeur bleublanc- rouge. Jusque-là capitaine de route en équipes, il a pris la place d’Ibrahim Gary grâce notamment à sa victoire à Francfort fin septembre où il avait battu un homme dangereux en finale, le Néerlandais Moreno Sheppard (NED). Le Russe Maksim Shimchenko, lui, a remporté l’étape de Busan, quant à l’Iranien Zabiollah, il est champion d’Asie devant le vieux guerrier Kazakh Khalidov. Une caté d’hommes vraiment forts. O.R


Kata individuel
Minh Dack

Dack souhaite se surprendre lui-même

Né le 18 octobre 1982 à Nouméa (Nlle- Calédonie) / Profession : employé de La Grande Récré / Son club d’origine : Nouméa Karaté Club (Nlle-Calédonie) / Son club : AAS Sarcelles (Val-d’Oise) / Son entraîneur national : Yves Bardreau / Spécial : La position Neko ashi dachi / Références : 3e championnats du monde 2008 ; huit fois médaillé de bronze aux championnats d’Europe (De 2004 à 2012)

Son rituel avant la compétition : « Avant de passer, je regarde le ciel et je pense à toutes les personnes qui y sont et qui m’étaient proches ».
Une devise : « Aide-toi et le ciel t’aidera »
Un souvenir de la préparation… « J’ai finalement été réintégré au groupe quelques semaines avant l’échéance (Minh avait d’abord été écarté de la sélection, NDLR), donc je n’ai pas de souvenir partagé avec le groupe, mais je n’ai jamais stoppé ma préparation avec l’objectif de la coupe de France kata. Je souhaitais montrer à tout le monde que j’étais au niveau après la déconvenue des championnats d’Océanie, en septembre, où je ne me suis pas imposé, une grosse désillusion. Ma préparation a donc démarré un peu tard, mais il n’y a qu’une vérité dans ma tête, celle du 21 novembre. » Les championnats du monde pour moi c’est… « D’abord le souvenir de Mickaël Milon sacré champion du monde sur mon écran de télévision, à Nouméa. Je ne savais pas ce que ça voulait dire, mais ça a été une révélation. Je me suis mis à chercher des vidéos de lui partout. Puis c’est devenu mon rêve. En 2003, à Marseille, j’ai assisté aux championnats du monde juniors, une bonne expérience, mais qui n’est rien comparée à ce que l’on ressent lorsqu’on est acteur de ces championnats. En 2004, j’y ai participé pour la première fois. Cette année, je suis conscient de la chance que j’ai d’en être à nouveau. Je vais penser à toutes ces années de sacrifices, à ces heures d’entraînements intenses et à ma famille qui a beaucoup donné pour que je puisse être en France. Une médaille… L’or, ce serait véritablement l’aboutissement de toute une vie. »
La journée idéale… « Elle commencerait par une bonne nuit, et un réveil de bonne heure. J’aimerais avoir la pêche sans même avoir pris mon petit déjeuner. Je voudrais que rien ne vienne me perturber, que je sois constamment à l’heure, que les tours passent comme si j’étais à l’entraînement, et que j’arrive à me surprendre moi même. Il faudra que tout soit parfait afin que ces championnats soient exceptionnels. »  O.R

REPÈRES Champion d’Europe 2010 : Luca Valdesi (ITA) ; champion d’Europe 2011 : Luca Valdesi (ITA) ; champion d’Europe 2012 : Luca Valdesi (ITA) ; champion du monde 2010 : Antonio Diaz (VEN)

Les forces en présence
Triple champion du monde consécutif détrôné par le Venezuélien Antonio Diaz en 2010 à Belgrade –dans la même finale que 2008 –, Luca Valdesi qui règne sur l’Europe sans partage depuis 2000 (!) est resté dans la course pour finir sur un titre, à 36 ans. Qui d’autre que lui donc, affûté comme une lame ? Diaz, encore. Le Sud-Américain, vainqueur à Paris en janvier puis à Jakarta, a même déjà clairement annoncé la couleur en le battant fin octobre à Francfort… Leur duel ne fait aucun doute. Mais un championnat du monde reste un championnat du monde et Diaz lui-même a ses faiblesses : le Japonais Oki, vice champion d’Asie 2012 et médaillé mondial 2010 l’a battu (3-2) à Istanbul. Un Japonais lui-même battu par son compatriote Ryo Kiyuna en finale de cette étape de League 1… Aucun de ces deux-là n’étant le champion d’Asie, l’or continental étant au cou du Malaisien Leong Tze Wai. Sorti puis réintégré à la sélection pour n’avoir pas satisfait aux rendez-vous estivaux, l’interrogation est réelle concernant Minh Dack. Lui seul sait où il en est, mais il aura pour lui sa grande expérience internationale. Et il en faudra pour contrer les velléités de l’Égyptien Ahmed Shawky, de l’Espagnol Bastante, le Serbe Pajkic mais aussi le Colombien Contreras 3e ou encore le Péruvien Tamashiro, 3e en 2010. Derrière le duel Diaz-Valdesi, ça va bastonner !