Rencontre avec des hommes remarquables

À Montpellier en août avec les plus hauts gradés français, en septembre dans la salle de Coubertin à Paris avec les experts japonais, en quelques années les grands stages fédéraux sont devenus les rendez-vous incontournables de tout le karaté français.

Les experts

Cela fait maintenant Cinq ans que la fédération française de Karaté a décidé de mettre en place ce grand stage d’été montpelliérain aveC les plus grands gradés français, les 9e dan Hiroo moCHizuKi, Jean-Pierre lavorato, Dominique Valéra, serge Chouraqui et le 8e dan Bernard BilicKi. L’homme à la manette, le grand ordonnateur de cette rencontre, Giovanni Tramontini qui a d’ailleurs fini l’exercice 2012 par un étrange et symbolique cadeau aux inter- venants, une pierre : « Le stage de cette année regroupait 312 ceintures noires dont une grande part de professeurs. Trente-cinq 6e dan et plus, vingt-cinq élus de toutes les régions de France et autant de membres des équipes régionales, mais aussi tous les membres du bu- reau exécutif national en kimono, le DTN au travail sur le tapis pendant tout le stage. Pour le traditionnel repas final, 240 couverts à gérer, presque le double de l’année dernière. C’est vraiment devenu un rendez-vous incontournable de tout le karaté français ». Et la pierre? « La pierre ? Ça c’était un peu pour rendre hommage à ces personnages remarquables qui ont tellement apporté la leur à l’édifice du karaté… et un peu aussi pour se marrer, car je leur avais fait promettre de toujours l’avoir sur

eux. L’ambiance, c’est un des aspects les plus magiques du rendez-vous. Ces grands experts aiment travailler ensemble, s’apprécient et c’est très agréable. Ce qui n’exclut pas le travail soutenu… ».

Le DTN Dominique Charré, qui avoue avoir mis quelques jours à récupérer, confirme: « Je n’aime pas quand ça parle trop. Comme aime bien dire Serge Chouraqui, il n’y a pas de progression sans transpiration. Si tu veux, tu peux te donner à fond avec six partenaires gradés différents dans la journée. Et puis ce sont quand même certains des meilleurs karatékas du monde qui sont là pour nous. Je me posais des questions sur le coup de poing, j’ai vu Jean-Pierre Lavorato en lancer un parfait, ça m’a fait comme un choc. C’est le plaisir du stage ça. Mais pour un DTN, ce qui est aussi important, c’est de voir que tout le karaté français est en train de faire de ce moment un temps de réunion. Cela permet de faire passer des messages. Et comme on est à Montpellier, on peut échanger beaucoup. Le stage dure 24h sur 24h ». Le succès de ce stage d’été, ainsi que celui des experts japonais à la rentrée de septembre donnent une direction de développement évidente. Il est question d’orga- niser un stage des Japonais en zone-sud, pour ceux qui ne peuvent pas monter à Paris, mais aussi, sur une idée lancée par Hiroo Mochizuki de proposer un stage de karaté contact avec lui, Dominique Valéra et d’autres experts venus d’horizons divers. Le DTN annonce aussi une « école française de karaté » à l’étude.

Coubertin, C’est bien L’année dernière, c’était une marée humaine de plus de 400 stagiaires, cette année le stage des experts japonais fut organisé un peu tôt dans l’année, le 15 et 16 septembre, les clubs eurent peu de temps pour se retourner, les stagiaires étaient donc moins nombreux, mais ils étaient tout aussi heu- reux. « On est un peu comme dans un grand magasin technique, il y a une quinzaine d’experts japonais, on peut faire son marché ! », plaisante Olivier. « Et puis on est à la fois pratiquant et spectateur parce que tous ces experts proposent aussi une démonstration que l’on re- garde assis dans les tribunes de Coubertin. C’est sympa ». Effectivement, depuis cinq ans, le stage réussit la gageure de mettre ensemble les experts japonais sur le sol français et leurs élèves, ce qui induit une vraie dynamique. Zenei Oshiro en parle ainsi : « Nous sommes arrivés en France il y a plusieurs décennies et nous étions restés un peu chacun de notre côté à creuser notre sillon. Quand on vient ici, c’est l’occasion de montrer aux autres trente ans de recherche personnelle, mais aussi de travailler ensemble. On échange beaucoup entre nous et avec les stagiaires, c’est très positif, parce que même si nous avons des visions différentes parfois, cela per- met d’ouvrir le karaté ». Pour rendre ce travail commun plus pertinent, cette année, des thèmes avaient été suggéré aux experts. Le travail d’esquive, la stratégie des feintes et des pièges, les points vitaux et même l’énergie interne… les grandes questions à approfondir. L’année prochaine, le stage sera organisé fin septembre début octobre pour que tout le monde puisse en profiter.

stage à Coubertin

Quand Coubertin s’applaudit, c’est le karaté français qui sourit !

Dominique Valéra

« Faire partie du grand troupeau qui avance »

«Faire un stage en fin d’année, c’est l’occasion de faire un bilan, juste avant la rentrée, c’est une occasion de se dynamiser. Nous, on est des professionnels vivant de leur passion, c’est facile ! J’admire tous ces gens qui viennent, malgré une vie bien remplie, parfois un peu de ventre et la fatigue de l’âge. Ils sont courageux, ils sont respectueux des experts présents et d’eux-mêmes. J’apprécie ce geste à sa juste valeur et j’ai très envie de les aider à garder leur motivation, leur envie de faire du karaté. On fait partie d’un grand troupeau qui avance dans la plaine. On fait tous ensemble, on progresse au rythme du groupe. C’est ça, le karaté français.»