Championnats du monde universitaires

La tête à Paris

Les huitièmes championnats du monde universitaires se sont déroulés du 13 au 15 juillet dernier à Bratislava (Slovaquie). Avec deux titres et trois médailles de bronze, la France se classe 4e nation derrière la Turquie, le Japon et l’Espagne et juste devant le pays hôte. Un résultat d’ensemble à resituer dans le contexte d’un été tout entier tourné vers l’automne. Anthony Diao

Lucie Ignace

On n’arrête plus Lucie Ignace !

43 pays engagés, 327 combattants et la photogénique Sandy Scordo en 4×3 sur les affiches officielles de l’événement: la salle Mladost de Bratislava a accueilli à la mi-juillet les 8e championnats du monde universitaires. Quatorze ans après la première édition lilloise, les titres en kumité féminin de Lucie Ignace en -61 kg et Lamya Matoub en -68 kg les font entrer au Panthéon du sport universitaire français aux côtés de Nadia Mécheri (1998), Laurence Fischer (1998) et Nadège Aït-Ibrahim (2008). Chez les garçons, nul successeur cette année à Kenji Grillon, lauréat il y a deux ans en -75 kg, mais une prometteuse 3e place en -67kg pour le rookie Logan Da Costa. En kata, Sandy Scordo repart à nouveau médaillée mais ne rejoint pas Myriam Szkudlarek (1998 et 2002) et Alexandra Recchia (2010) dans le cercle des Françaises dorées à cet exercice. Côté équipes, la belle 3e place des garçons en kumité ne fait pas oublier que le France repart sans aucun titre en kata ou en kumité pour la première fois depuis Belgrade en 2004. Des raisons de s’inquiéter à l’orée de Paris-Bercy ? Ou au contraire de rappeler qu’il ne s’agissait là que d’une étape avant les « vrais » mondiaux de novembre ? La réponse se situe dans l’entredeux. Voici ce qu’en dit Thierry Masci : « Nous sortions d’un gros stage à Montpellier et Bratislava était davantage une étape qu’un objectif. Une partie des athlètes engagés ne faisait pas partie du collectif France. Nous avons fait des essais. L’idée pour eux était de se mettre en évidence, et en tout cas de montrer du volume dans le combat. C’est ce qu’ont réussi à faire Lamya Matoub et Lucie Ignace, que nous avions fait monter de catégorie afin de brouiller les pistes. Ruth Soufflet a manqué une occasion de se positionner mais nous l’avons conser- vée dans le groupe et elle a su se remettre en question. Alexandra Recchia revenait de blessure et même si Emily Thouy a montré beaucoup d’envie, l’élimination préma- turée de l’équipe fille a laissé Yann Baillon sur sa faim… Chez les garçons, Logan Da Costa et Clément Besniet ont apporté ce dynamisme et cette folie que nous attendions d’eux.Ils ont marqués des points.»


 

Sandy Scordo, 3e en kata individuel «Mal géré»

« Ça ne s’est pas passé comme je l’aurais souhaité. J’ai mal géré ma compétition. J’étais le premier match du second tableau et nous avons débuté avec trois heures et demie de retard sur l’horaire prévu, sans aucune info quant à l’heure exacte où nous devions être appelées. Et une fois que les garçons ont terminé, tout s’est en- chaîné à toute vitesse puisqu’il ne s’est écoulé que 45 minutes entre mon entrée en lice et mon dernier combat ! J’étais venue pour battre la Japonaise et faire mieux que mes médailles d’argent à New York en 2006 et à Podgorica en 2010. Le point gratifiant, c’est que je termine sur une victoire sur l’Espagnole qui m’avait battue en finale des Europe début mai à Ténérife. Et derrière j’enchaîne par une victoire en Corée du Sud avec mon club Art Kombat, en battant en finale la vice championne du monde vietnamienne. De bon augure pour Paris ! »

Logan Da Costa, 3e en -67 kg et 3e par équipe «Extra !»

«J’ai fait trois compétitions en une seule. En individuel, j’ai eu la sensation de combattre avec le frein à main jusqu’à mon élimination en quarts. Je pensais vraiment avoir au moins la finale dans les jambes, alors cette élimination m’a décrispé et je me suis libéré pour aller chercher le bronze. En équipe, c’était encore autre chose. nous nous sommes inclinés d’entrée contre la Turquie mais, au fond de moi, je voulais vraiment que nous repartions tous avec une médaille. J’étais à fond derrière les gars et lorsque ça a été mon tour de tirer en place de trois, j’ai débuté doucement avant de m’envoler et de gagner 8 à 2. C’était extra!»

Lucie Ignace, 1re en -61 kg «J’ai observé»

«C’étaient mes premiers championnats du monde universitaire. Je les ai abordés avec un mélange d’appréhension –vu que je montais de catégorie et que j’arrivais toute courbatue du stage de Montpellier et de confiance en raison de ma 3e place aux Europe seniors. J’ai livré cinq combats très tactiques. Avec Olivier Beaudry, nous avons beaucoup observé les autres combattantes… et tout s’est bien enchaîné! Derrière, je suis repartie en stage et j’ai recombattu le 25 août à l’InJ, où j’ai battu deux Françaises et deux Britanniques. À présent je peux reprendre le régime, le moral est là!»

Lamya Matoub, 1re en -68 kg «Rien à perdre»

« Je suis arrivée sur cette compétition en n’étant pas au top. Physiquement, menta- lement, ce n’était pas ça… et, pourtant, tout s’est bien enchaîné. Je n’avais jamais rencontré mes adversaires. J’ai été prudente au 1er tour sur la Sud-africaine et ça m’a mis dedans. Ensuite, je gagne à la décision contre la Brésilienne qui s’entraîne chez nous. Puis je mets 1-0 à la Serbe sur un contre et je reste bien concentrée en demie contre la Polonaise qui fait 3e aux derniers championnats d’Europe à Ténérife. En finale, je prends la Turque, championne du monde espoirs en Malaisie l’an passé, une combattante qui a de bonnes cannes. Avec Yann Baillon nous avions décidé de nous concentrer sur le corps à corps et d’enchaîner vite au visage. Je n’avais rien à perdre et j’ai gagné ! Derrière, nous nous sommes faites sortir par les Turques par équipes. C’est dommage pour les filles qui n’avaient pas tiré en individuel mais nous saurons nous en souvenir pour Paris. »