Open contact inter-disciplines

Le Contact fait toujours recette

Troisième édition et troisième succès pour l’Open Contact inter-disciplines qui n’en finit pas d’attirer des pratiquants de plus en nombreux.

antoine védeilhé / PHOTO : D. BOULANGER

Karatéka « pur jus » contre pratiquants de Yoseikan (comme ici) mais aussi combattants des arts martiaux vietnamiens et chinois… Une opposition de styles qui s’affirme.

Pendant deux jours, la Halle Carpentier a raisonné autant des coups portés que de la clameur du public, témoignages d’un Open contact inter-disciplines qui a encore séduit. On peut même d’ores et déjà l’affirmer : il n’aura pas fallu longtemps à la FFKDA pour inscrire ce week-end « contact » comme l’une des étapes incontournables du calendrier national. Lorsque le projet fut lancé, les disciplines « historiques » de la FFKDA avaient répondu présent. Pour cette troisième édition (la seconde pour l’Open semi-contact des jeunes), la compétition a clairement franchi un cap en regroupant environ 400 participants. Le DTN Dominique Charré, s’est d’ailleurs lui-même enthousiasmé du nombre croissant d’inscriptions chez les jeunes, une preuve que « la formule est attractive ». Pas besoin d’être un expert technique en effet pour constater et comprendre la richesse du multistyle ce week-end là dans la capitale : les tenues portées par les combattants ont témoigné de la grande diversité des styles représentés. Le principal enseignement, comme l’explique Dominique Charré : « On a retrouvé sur cette compétition des disciplines qui n’étaient pas présentes les autres années. On a même recensé la présence de compétiteurs issus de styles qui ne sont pas ou plus représentés à la FFKDA comme les arts martiaux chinois. Cela témoigne de la bonne image qu’a cet Open contact dont l’objectif d’ouverture et de brassage le plus large possible est atteint. » La suite ? Il reste aux organisateurs à affiner quelques points techniques du règlement, et aux compétiteurs à mieux en intégrer les détails. Pas de quoi toutefois venir ternir l’excellent bilan de cet Open 2012 qui devrait encore monter en gamme la saison prochaine.


Francis Didier

« Du spectacle pour 2013 »

À peine les dernières finales achevées, le président de la FFKDA se projetait déjà sur la prochaine édition.

« Que ce soit samedi ou dimanche, il n’y avait qu’à voir l’enthousiasme des spectateurs et des participants pour comprendre que cette troisième édition de l’Open Contact interdisciplines a été une vraie réussite. Les gens sont venus de partout, il y avait même un club de la Martinique. Cela nous oblige à repenser l’organisation, et ce dès l’année prochaine. Déjà, les adultes combattront le samedi et le dimanche sera la journée des plus jeunes. Ensuite, ce week-end d’Open inter-disciplines sera désormais organisé durant la deuxième quinzaine du mois de mai. Ainsi, toutes les disciplines auront terminé leurs championnats de France respectifs, ce qui devrait permettre d’attirer davantage de styles et de participants. Enfin, nous allons miser sur l’aspect spectaculaire de cette compétition. Les finales du samedi seront organisées en soirée et auront lieu sur une sorte de ring, avec un tapis central unique. Nous tablerons sur du sensationnel avec des jeux de lumières, une musique de conséquence et un speaker pour mettre de l’ambiance. Il faut que les spectateurs présents pour les finales viennent pour assister à un véritable spectacle. »


Du contact et des sourires

Du contact oui, mais dans un excellent esprit. Retour sur un week-end animé qui a offert du très beau spectacle.

hApp laudissements nourris, larges sourires et franch es acc olades : voilà qui contraste avec la rudesse des coups portés pendant les combats. Mais, qu’ils soient en short, en kimonos noir, blanc, ou encore bleu, les combattants se sont tous affrontés dans le respect des règles et dans un excellent esprit sportif. S’il y eu certes quelques saignements de nez, aucun blessé grave n’a été à déplorer ce qui est à signaler dans une compétition où le K.O était autorisé. Toujours très engagés, parfois spectaculaires, les compétiteurs ont fait étal de la variété des techniques propres à leurs disciplines. Coups de pieds, coups de poings, coups de genoux, projections, tout y est passé pour le plus grand plaisir des spectateurs qui n’hésitaient pas à se lever pour saluer les plus beaux enchaînements. Aussi, comme l’a souligné Olivier Massoutier, responsable du Qwan ki do : « Le niveau était tellement relevé que ceux qui étaient des « professionnels » dans leur discipline ne sont pas forcément ceux qui sont sortis vainqueur au moment des finales ». Finalement, la seule coupure d’une compétition qui avait commencé à 10 heures pour s’achever vers 17 heures s’est opérée lorsque José Hernandez, responsable de l’arbitrage, a regroupé combattants et entraîneurs dans un coin de la Halle Carpentier. Il explique la mise au point à laquelle il a du procéder concernant le matériel autorisé : « Certains portaient des bandages sous leurs gants afin d’avoir les poings plus fermes et de porter des coups plus appuyés. Or, cela est formellement interdit pour ne pas pénaliser les disciplines qui n’ont pas l’habitude d’en porter. Cette année, nous avons fait preuve d’une certaine tolérance, mais, l’an prochain, si les combattants ne respectent pas le règlement, ils ne seront pas autorisés à combattre ». Les compétiteurs sont prévenus.

De jeunes pousses prometteuses
Si le samedi est d’habitude la journée des enfants, ceux présents sur les tapis pour l’Open semi-contact faisaient parti des plus aguerris. Et pour cause ! Les quelque 200 combattants (soit une cinquantaine de plus que lors de la précédente édition) de benjamins à juniors ont proposé de superbes techniques, ravissant ainsi parents et experts fédéraux. Tous les styles ont eu leur vainqueur et, comme chez les adultes, tout s’est déroulé dans un excellent état d’esprit. Pour preuve, on a vu un vainqueur soutenir son dauphin, bandé à la cheville, pour aller chercher sa médaille sur le podium. Si des catégories n’avaient à proposer que deux participants, tous affichaient déjà un bel esprit de compétition, certains allant même jusqu’à décortiquer leurs techniques, filmées sur leurs smartphones, sitôt le combat terminé. Ils seront bientôt prêts pour le contact.


Hiroo Mochizuki / responsable du Yoseikan budo

« La FFKDA a gagné quelque chose »
« Je salue l’ouverture d’esprit des combattants. C’est l’élargissement de la pensée propre à notre époque qui permet d’organiser une telle compétition. Les cloisons qui existaient avant entre chaque discipline ont disparu et c’est de cette façon que chacun peut progresser. Les différences qui existent entre les styles obligent les combattants à s’adapter et à toujours chercher de nouvelles façons de s’exprimer pour l’emporter. La FFKDA a gagné quelque chose de très important en organisant cette compétition. Le karaté français peut en être fier. »


José Hernandez / responsable de l’arbitrage

« Des modifications techniques à prévoir »
« Si les compétiteurs viennent tous de disciplines différentes, c’est aussi le cas pour les arbitres. Aussi, de manière à ce que tous s’accordent dans leurs décisions, nous procédons à un long briefing matinal avant les combats. Le fait que la décision se prenne à quatre permet au final de passer outre leurs divergences. L’an prochain nous apporterons quelques améliorations techniques au règlement. La saisie directe dans les jambes, par exemple, sera interdite si des techniques n’ont pas été tentées au préalable. »


Olivier Massoutier / responsable des arts martiaux vietnamiens

« Des statistiques en notre faveur »
« 10% de féminines, une augmentation du nombre d’inscrits chez les jeunes, un excellent niveau général… ce sont des statistiques qui parlent forcément en notre faveur. Je retiens aussi cette année la diversité géographique des participants ce qui prouve que, même sans en faire une grosse promotion, cet Open a déjà ses adeptes. Maintenant, il nous faut développer ce genre de compétition dans les ligues. La région Nord et la Bourgogne ont déjà leur Open interdisciplines. Aux autres ligues de leur emboîter le pas désormais. »


L’avis de Dominique Charré

« La diversité fonctionne parfaitement »
Présent sur les deux journées de compétition, le Directeur Technique National est revenu sur l’importance d’une telle manifestation.

« L’Open Contact inter-disciplines est né de la volonté de la Fédération de répondre à une demande croissante de jeunes, mais aussi d’adultes, qui affectionnent la “bagarre” sous forme de jeu. Le semi-contact et le contact permettent d’utiliser de nombreuses techniques piedspoings ainsi que des projections, ce qui permet une réelle facilité d’approche pour les participants. Dans ce genre de rencontres, qui sont avant tout des compétitions d’animation, le point positif pour nous est de voir des poules de combattants avec un représentant du yoseikan, un autre du kempo, un du karaté contact et un des arts martiaux chinois par exemple. C’est là que l’on voit que la diversité fonctionne parfaitement. Le petit point noir à soulever est le manque de rigueur d’organisation chez certains clubs. Cela s’explique par le fait que certaines des disciplines présentes n’ont pas l’habitude d’être fédérées. Mais, on a conscience qu’il faut laisser quatre à cinq ans à une compétition pour qu’elle soit bien rodée. »