Ibrahim Gary

« Si je vois des chaussures à l’envers, je les retourne »

Le vice champion du monde 2008 défendra les couleurs de la France aux prochains championnats d’Europe, en +84kg. Un combattant de 26 ans aussi gaillard que souriant, un poil timide malgré son gabarit impressionnant. Interview, en toute simplicité. TEXTE : Pierre Auchapt

Ton surnom. Mes amis m’appellent Ibou, c’est le diminutif de mon prénom.

Le dernier livre lu. La diététique de l’expérience, de Robert Masson. Pour perdre un peu de ventre !

Un karatéka. Mon professeur, Mohamed Khatiri. Il est persévérant et j’aime sa façon de voir le karaté, sa vision du combat. Il te suit de A à Z. C’est lui qui m’a formé dès le début.

Ton plus grand souvenir en kim’. Sans hésiter, ma première sélection en équipe de France. J’avais terminé second à l’Open de Paris. J’étais encore en junior et j’avais battu le champion du monde italien Stefano Maniscalco.

Et le pire. Quand j’ai perdu au 1er tour des championnats du monde 2010. Tu as fait une grosse préparation et tu vois qu’en quelques minutes, tout s’écroule. C’est la vie d’un compétiteur, mais c’est dur.

Ton chez toi. J’habite à la Défense, dans un studio, comme un simple étudiant en fait. C’est à peu près rangé. On va dire que je suis dans la moyenne.

Une devise. Tout passe par le mental. Quand on veut, on peut.

Un sportif que tu apprécies. Henry Chavancy. C’est un pote à moi qui joue en Top14 au Racing Métro 92. Il était dans ma classe et je l’aime bien, il est assez modeste et humble.

Ton site web préféré. Je ne suis pas très internet. Je dirais Facebook.

Ton péché mignon. Les fruits. Et le grignotage, mais j’ai lu que c’était une « méganuisance » dans le livre de Robert Masson. Donc, je reste raisonnable.

Un défaut, une qualité. Je procrastine beaucoup, j’ai tendance à repousser au lendemain. J’essaye de rester humble, je n’aime pas me la raconter.

Une date. Celle des championnats du monde, le top !

Un endroit de rêve. Il y en a beaucoup. Puisqu’il faut en choisir un, je dirais Tahiti.

Un objet important. Je ne m’attache pas trop aux objets. Allez, on va dire ma bague de fiançailles.

Un pays. Le Mali. C’est le pays de mes origines. J’aimerais m’y rendre plus souvent.

Une peur. Les rats, avec leurs pattes là ! Quand j’en vois, je flippe.

Une technique de karaté. Kizami-tsuki, comme d’hab’ !

Une croyance. Il ne faut pas laisser les chaussures à l’envers chez soi. Je ne sais plus qui m’a sorti ça mais depuis, si je vois des chaussures à l’envers, je les retourne.

Un animal. Un lion. C’est un poids lourd, c’est le roi de la jungle.

Ton plat favori… et celui que tu détestes. Le tcheb de ma mère. C’est un plat traditionnel Africain. Il n’y a rien que je déteste. À la maison, on m’appelle « la poubelle » ! Dès que quelque chose ne se mange pas, c’est pour moi ! (rires)

Après le karaté. Je ne sais pas encore. Pour l’instant j’ai un niveau Bac +3 en école de commerce. Je vais commencer une formation en naturopathie. J’essaye de me faire un bon panel, pour pouvoir vraiment choisir ce que j’ai envie de faire plus tard.

Une musique. « Talkin’ about a revolution » de Tracy Chapman. À une période, je saoulais les gens avec ! Et comme je ne sais pas parler anglais, je chantais n’importe quoi !