Championnats d’Europe Vovinam

Une compétition tronquée

Malgré une sélection réduite, la France se classe à un bon niveau aux championnats d’Europe de Vovinam à Trieste, en Italie (3 et 4 mars).

E. CHARLOT / PHOTOS : SIMON JACQUET

On parlera de championnats d’Europe de transition. Alors que les discussions se poursuivent sur la façon dont la discipline va s’organiser à l’avenir au sein de la FFKDA, c’est la sélection des derniers championnats du monde (juillet 2011), qui avait été pressentie pour se rendre en force à Trieste, en Italie, défendre les couleurs françaises au niveau continental. Mais, suite à des confusions sur la prise en charge des déplacements, une partie de l’équipe de France ne suivait pas le mouvement et seuls huit compétiteurs, la moitié de l’équipe, se retrouvaient finalement à pied d’oeuvre. De quoi pénaliser les chances françaises, aussi bien à cause des manques individuels que par l’impossibilité de s’engager dans les épreuves par équipes. Dans ces conditions, les cinq médailles d’or françaises et une quatrième place au rang des nations est une belle performance pour ce groupe restreint. En technique, l’expérimenté Vicente Noll assurait toujours avec talent sa présence – mais sans médaille d’or, dominé qu’il était par une génération montante à l’étranger, en particulier le Roumain Florin Serdare, trois médailles d’or à son actif. La grande satisfaction française venait d’Emmanuelle Barré qui s’imposaient deux fois à la force de frappe italienne. Les deux médailles d’or technique de l’équipe de France sont à mettre à l’actif de la figure de proue de Villepinte, dont le style a atteint aujourd’hui la pleine maturité et exprime un engagement dans l’entraînement hors du commun. La France a aussi réussi une belle compétition en combat, là encore, bien emmenée par les féminines du groupe, très en valeur à Trieste. C’est ainsi qu’Aminata Dabo écartait une Russe et une Biélorusse pour emporter les -56 kg, tandis que Sonia Aglio réussissait une grande compétition en -65 kg pour ramener l’or elle aussi face à des filles fortes, la Polonaise Piatkowska et la Biélorusse Baranouskaya. Avec beaucoup d’intelligence tactique, de rapidité et de fluidité, Nicolas Bunkaï dominait largement la catégorie des -68 kg pour amener la troisième médaille d’or. Samir Zaaj se hissait jusqu’en finale en -77 kg, mais il était battu par un Russe rugueux, Ilya Khokhlov sur un coup du sort : les deux hommes tentaient en même temps un coup de poing retourné, mais celui du Russe était plus efficace et le Français était compté. L’Italie, dominante en technique, avec sept médailles d’or pour dix finales à ce niveau (et une médaille d’or en combat), la Russie, qui rafle tout en combat (six médailles d’or), mais aussi la Roumanie, pays en pointe sur ce championnat (cinq médailles d’or, neuf finales, dix-huit médailles en tout, le meilleur résultat au nombre de podiums), se placent devant la France. « Il est dommage que nous n’ayons pas présenté d’équipe complète, aussi bien pour le statut sportif de la France que pour la qualité et la représentativité lors de ce championnat d’Europe, analysait l’entraîneur national français, Lê Huu Nghia. Mais l’équipe présente a été performante et c’était très satisfaisant de voir tout le monde bien travailler dans un contexte de plus en plus concurrentiel. Désormais, même en Europe, le niveau est devenu très élevé. L’Italie bien sûr, en technique, mais les Russes présentent des professionnels en combat. Et la Roumanie est impressionnante. Notre spécificité, c’est d’être bon partout. Mais il faudra continuer à former et à travailler dans la perspective des championnats du monde 2013 qui auront lieu en France. »