Championnats de France vétéran

On monte au niveau 4

Comme d’autres disciplines, le phénomène « vétéran » prend de l’ampleur en karatégi. Retour sur les quatrièmes championnats de France réservés aux plus de 35 ans. e.charlot / PHOTO : christophe bouchet

En mars, le rendez-vous est pris. C’est le moment de s’armer de courage, de rassembler ses forces et d’aller montrer aux jeunes ce que valent encore les anciens ! Le championnat de France vétéran a pris du volume et du souffle, depuis la première organisation de cette compétition en 2009. Cette fois, les engagés et leurs supporters avaient les honneurs de la belle salle parisienne de l’Institut National du Judo et la formule est désormais lissée avec quatre catégories d’âge, de 35 à 45 ans, de 45 à 55 ans, de 55 à 65 ans et 65 ans et plus pour la catégorie des « Vétéran 4 » expérimentée pour la première fois, et quatre catégories de poids -67 kg / -75 kg / -84 kg / +84 kg pour les hommes, et -55 kg / -61 kg / -68 kg / +68 kg pour les féminines. Même si le couple De Vido – Mesnil avait laissé un peu la place à d’autres, après trois médailles d’or successives en kata masculin et féminin Vétéran 1, on retrouvait des acharnés des années précédentes revenus chaque fois avec plus de préparation et de rigueur, comme, par exemple, le Picard Sébastien Vandenbussche, vainqueur pour la première fois en Vétéran 1, en kumite +84 kg, après des places d’honneur les années précédentes. « C’est une compétition très plaisante à suivre », commentait Hervé Puveland « parce que si le premier succès est la convivialité, on reste impressionné par le niveau d’engagement et la qualité du travail. Ils se tirent la bourre avec beaucoup de jeunesse dans les yeux et on voit des combats et des katas de très bonne facture. Cela fait réfléchir ». Exemplaire de cet enthousiasme, engagé comme un junior dans la catégorie vétéran 4 en kata comme en combat, on remarquait Jean Lafeuillade, 75 ans, ancien énarque, triple pontage et prothèse de hanche, mais désormais 4e dan après avoir repris à la retraite, professeur diplômé et le plus vieux vainqueur cette année puisqu’il emporte le kata : « J’ai hésité à venir parce que l’année dernière, j’avais eu un défaut de mémoire et j’avais mélangé deux kata proches. Cette année, je m’étais préparé comme il convient à cette compétition. La victoire est une satisfaction, même si je ne perds pas le Nord et que je ne cours plus après les podiums ! Mais il faut y aller, se présenter devant les jeunes… C’est un test intéressant, un enrichissement que je recherche. Et puis le karaté est très bon pour la santé, comme me le dit mon cardiologue. Je suis aussi fou de judo et de jujitsu, mais à mon âge, c’est la pratique du karaté qui convient le mieux. Je n’ai qu’un seul problème, les mouvements acrobatiques dans les katas ! C’est pour ça d’ailleurs que les “shito” sont plus performants dans nos catégories d’âges. Moi qui suis shotokan, j’ai présenté Jiion, Nijashiho et Sochin pour finir, parce qui je suis à l’aise avec celui-là. Je me suis présenté aussi en combat et j’ai fini deuxième… mais ce ne fut pas très brillant ! On était deux et j’ai vraiment senti que cela allait beaucoup plus vite de son côté. Je ne referai sans doute pas le kumité. En plus, c’était trop long et trop bruyant pour moi. Mais le kata, si je suis en forme, ce serait très bien. Et je conseille à tous les seniors de tenter l’expérience. »