Championnats de France cadets, juniors et espoirs

Cette jeune garde a les dents longues !

Les championnats de France de Karaté combat des catégories cadets, espoirs et juniors ont vu s’affronter les meilleurs jeunes de l’hexagone. L’occasion pour les entraîneurs de l’équipe de France, Alexandre Biamonti, Jean-François Thiercy et Ludovic Cacheux, d’apprécier le comportement des combattants sélectionnés pour les derniers championnats internationaux et d’observer quelques surprises. Leurs bilans. TEXTES : julien bouet / PHOTOS : D. BOULANGER

-63kg : le Sémurois Jannier a traversé la compétition.

Cadets (samedi 14 avril / Coubertin-Paris)
Pas de relâchement

« Il n’y avait pas réellement de sélection pour ce championnat donc les athlètes sont venus un petit peu relâchés, même s’ils avaient envie de bien figurer, car un championnat de France reste un championnat de France, analyse Jean-François Thiercy. En tant qu’entraîneurs, on aurait pu s’attendre à des situations plus compliquées dans certaines catégories après des championnats d’Europe où nous avons fait une super moisson, et dans la mesure où cette fin de saison n’est pas marquée par des échéances importantes. En fait, il y a eu peu de relâchement. Tous les leaders ont fait un résultat. En -57kg, Steven Da Costa (Karaté Do Longwy) perd en finale face à Clovis Fernandes (Union Sportive Fontenaysienne) sur disqualification alors qu’il mène tout le combat. Dans la catégorie des -63kg, Romuald Janvier (Karaté Club Semurois) est la révélation de ce championnat, on l’a suivi toute la journée et nous allons continuer à le surveiller. On a assisté à une belle finale également en +70kg où notre champion d’Europe, Rayan Baroudi (Impact Karaté Club), l’emporte face à Guillaume Hoarau (Ankudo Réunion Petite Île) d’un point en hen sho sen. La seule véritable déception vient en fait des -70kg. La grosse satisfaction vient du fait que toutes les catégories ont été remplies pour cette compétition, ce qui n’avait pas été le cas lors de la coupe de France. D’autre part, le niveau a évolué entre les deux compétitions. C’est de bon augure pour la suite. »


Marvin Garin l’emporte en -67kg avec la manière.

Espoirs (Dimanche 15 avril / Coubertin-Paris)
Un peu de lassitude

« Chez les filles, de nombreuses leaders étaient absentes de ce championnat, situe Jean-François Thiercy. C’est le cas de Lucie Ignace (vice championne du monde des -59kg) qui se concentre sur les championnats du monde seniors, d’Anne-Laure Florentin (-68kg) qui était prise sur une compétition internationale seniors en Espagne ou de Lamya Matoub (vice championne d’Europe -60kg). Cela a donc laissé de la place pour les autres. Nous sommes partagés dans notre jugement car si le niveau général de la compétition était très intéressant, tous les athlètes sélectionnés pour les championnats d’Europe, et notamment chez les filles, ont été en dessous de leur niveau. Il est probable que ce petit couac soit dû à la grosse saison à laquelle les filles ont dû faire face. Ce constat est un peu moins vrai chez les garçons où nous avons pu voir des choses intéressantes. En -67kg, Marvin Garin (Amicale Sportive Sarcelles) a fait grosse impression en maîtrisant sa journée de bout en bout. Satisfaction aussi chez les -75kg, où le champion d’Europe, Anthony Giraudeau (CACV Karaté) l’emporte devant son rival, Abdel Oihid Boujaaba (Sauvegarde Karaté Club Besançon), que l’on va suivre de plus près. En -84kg, Clément Besniet (CACV Karaté) gagne la plus belle des finales alors qu’il n’est que 1re année. Nous allons aussi avoir un oeil sur son évolution. D’un point de vue général, nous sommes satisfaits car les athlètes que nous avions choisis ont tenu leur rang, malgré la fatigue constatée chez les filles.»


Alexis Lopes devant Aziz Rghioui en 55kg : ils ont déjà leurs âinés en ligne de mire.

Juniors (21 et 22 avril / Halle Carpentier – Paris)
Le championnat le plus satisfaisant

« Nous retrouvons sur les podiums de ce championnat tous les médaillés des championnats d’Europe, ce qui constitue une véritable satisfaction, analyse Alexandre Biamonti. Chez les filles en -53kg, nous avons eu droit au combat que nous attendions entre la championne d’Europe, Shana Amengle (HL Pugilistique Gant d’Or Houilles), et la médaillée aux « monde », Marjorie Piacentino (Full Karaté Académie Marseille). Shana l’emporte et change de catégorie l’an prochain. Même satisfaction chez les -59kg où les deux finalistes sont vraiment deux combattantes de très haut niveau, avec Leïla Heurtault (Samouraï 2000 Le Mans) qui l’emporte face à Alizée Agier (Karaté Club Semurois). Le choix va être difficile pour les prochaines sélections, nous allons observer leur comportement sur les compétitions internationales mais avoir ce type de dilemme, c’est plutôt bon signe ! Enfin en +59kg, il n’y a pas photo, Nancy Garcia (Lub Arlésien de Karaté Do Arles) survole la catégorie alors qu’elle n’est que cadette. Chez les garçons, belle finale 100% bisontine en -68kg, entre Yasin Boujaaba et Sofiane Hakkar. Comme lors de la coupe de France, c’est Yasin qui l’emporte alors que nous avions fait le choix de prendre Hakkar pour les championnats d’Europe. C’est bien, il y a de la concurrence, de l’émulation, ce qui fait que le niveau tire vers le haut. L’autre grosse satisfaction chez les garçons, c’est Hadysson Riou (Sen No Sen Karaté Club Vénissieux) en -76kg qui est le patron de la catégorie, même s’il doit encore prendre confiance au niveau international. Pour le reste, pas vraiment de surprise, en +76kg, Jordan Durieux (Funakoshi Karaté Club Fécamp) l’emporte. En -61kg, Rémy Tostain (Full Karaté Académie Marseille) perd en finale mais réalise une belle journée. Disons que c’est le championnat sur les trois qui nous satisfait le plus. Le niveau était beaucoup plus relevé que les deux autres et surtout, ce qui nous fait plaisir, c’est que la hiérarchie a été beaucoup plus respectée cette semaine. »


Ils ont dit…

Lou Lebrun vainqueur en -61kg
« En finale, je me suis lâché »

« La journée a commencé difficilement, je n’ai pas eu de bonnes sensations jusqu’aux quarts de finale où j’ai commencé à mieux sentir mon karaté. Et puis lors de la finale, j’ai relâché toute la pression que j’avais accumulée durant la journée, je n’ai même pas pensé qu’il s’agissait d’une finale, mais qu’il fallait simplement que je gagne un combat. Je suis d’autant plus satisfait que je suis cadet 2e année surclassé. C’est encourageant pour la suite, ça me donne encore plus envie de bosser.»

Jordan Durieu vainqueur en +76kg
« J’ai moins calculé »

« Je suis parti plus confiant que d’habitude avec mes titres aux championnats d’Europe et du monde. J’ai fait une compétition au feeling, j’ai moins calculé alors qu’avant j’étais sur un karaté beaucoup plus réfléchi. Le travail avec Ludovic Cacheux au pôle France de Talence m’a vraiment beaucoup aidé. C’est mon premier titre de champion de France malgré mes victoires internationales et je suis super content. Avant ma demifinale, je ne me sentais pas bien mais je gagne mes combats, c’est là que l’on voit qu’une compétition se gagne surtout au mental. »

Shana Amengle victorieuse en -53kg
« J’ai puisé dans mes réserves »

« J’ai fait un régime pour pouvoir faire cette compétition dans cette catégorie, donc j’ai commencé la journée un peu fatiguée. En quarts de finale, je passe aux drapeaux. Je gère mieux ma demi-finale où je bats une de mes rivales dans cette catégorie. Avant la finale, l’attente a été longue, ça a créé du stress chez moi, du coup je commence le combat un peu tendue, d’autant plus que je rencontre une fille très forte dans cette catégorie (Marjorie Piacentino). Mais j’ai su aller puiser dans mes réserves pour finalement l’emporter. »

 Leïla Heurtault  victorieuse en -59kg
« Un manque de sensations »

« Avant la finale, j’avais un peu peur, donc j’ai eu du mal à me mettre dedans. Mais Alizée (Agier, qu’elle bat en finale, NDLR) est une combattante forte et cela m’a permis de me mettre un coup de fouet et de ne pas rester dans cet état léthargique tout le combat. Bien sûr, je suis très contente d’avoir gagné mais je n’ai pas eu de très bonnes sensations au cours de la journée, j’ai eu du mal à mettre de la vitesse dans mon karaté. Ca me prouve qu’il faut encore progresser, ce n’est jamais fini. »