Krav Maga : stage international Eyal Yanilov

350 au rendez-vous !

Samedi 19 février dernier, près de 350 pratiquants de krav-maga, âgés de 19 à 65 ans, occupaient les tatamis du stade Pierre de Coubertin, à Paris. Dimanche matin, ils étaient à peine moins nombreux. Et pour cause, le stage était dirigé par Eyal Yanilov, maître israélien 8e dan et expert mondial.

L’horloge numérique du stade Pierre de Coubertin affiche à peine 9 heures, samedi matin, mais la grande salle est déjà bien remplie. Les pratiquants venus participer au stage dirigé par Eyal Yanilov n’ont pas tous le même âge ni le même niveau. Certains, dont Patrick, pourtant 6e dan, assistent à leur premier stage international tandis que d’autres, comme Laure, ont déjà eu l’occasion d’en suivre plusieurs. Mais l’engouement est présent chez tous. Une véritable attente même. Tant et si bien qu’avant même de commencer, ce rendez-vous est une réussite compte tenu de l’affluence. Pour apprendre du maître israélien, ils sont ainsi venus des quatre coins de la France : Alsace, Normandie, Côte d’Azur, Gironde… D’entrée, Yanilov – en anglais, assisté pour la traduction – présente aux stagiaires le programme et leur explique ce qu’il attend d’eux. « Compte tenu de la durée du stage, Eyal a fait le choix de présenter différents exercices relatifs à différents thèmes, plutôt que d’aborder un seul thème en profondeur. C’est donc une approche globale des diverses techniques de krav-maga qu’il met en avant », explique Claude Pouget, expert en sécurité et en arts de combat. Les premiers exercices s’enchaînent. La bonne humeur s’installe, mais la concentration reste de rigueur. Elle monte même d’un cran au fil des minutes alors qu’Eyal Yanilov montre les exercices à reproduire. Debout au centre du tatami, il présente à ses élèves d’un week-end différentes situations d’attaque ou de défense. Tout le monde écoute religieusement, assis en cercle autour de lui, avant de reproduire la démonstration, au plus près du geste de l’expert. Pas si facile… Travail debout, puis au sol, avec ou sans arme, face à un ou plusieurs adversaires… Les situations s’enchaînent, jusqu’à la pause déjeuner, où tout le monde se retrouve. L’occasion pour chacun d’échanger et de tirer un premier bilan de la matinée écoulée.

Un dimanche réservé aux professeurs
Au cours des trois heures de stage de l’après-midi, la fatigue s’est installée gentiment et les pauses boisson se sont faites plus nombreuses. Yanilov a vraiment choisi de donner de l’intensité à ce cours magistral mais pragmatique. Les stagiaires, eux, sont à fond et sollicitent leurs organismes. Au programme de cet après-midi là notamment, la protection d’autrui. Eyal Yanilov met les stagiaires dans un contexte particulier où il s’agirait de protéger un VIP, d’en être son garde du corps. « C’est quelque chose qui peut nous arriver dans la rue. Ça montre que le kravmaga ne sert pas qu’à se protéger soi-même » souligne Tristan, 22 ans. Les exercices seront plus approfondis et plus complexes le dimanche matin, dans la mesure où le deuxième et dernier jour de stage est réservé aux assistants et professeurs. « L’excellence du krav-maga » comme l’a baptisé Giovanni Tramontini, DTN adjoint, a cette fois choisi d’insister sur le travail avec arme. Les professeurs stagiaires s’y essaient, avant d’écouter à nouveau les consignes d’Eyal Yanilov, qui insiste sur le lien entre ce sport et la vie réelle : « Les problèmes que l’on gère au krav-maga sont de l’ordre de la vie et de la mort. Tout doit être relié à la réalité. Il faut être à la fois agressif et précis dans ses coups ». Bien sûr, les coups sont ici simulés, mais il n’empêche que certains, comme Laure, gagnent en confiance avec cette pratique : « pour une fille, c’est un sport très intéressant. Ça donne une certaine assurance dans la vie de tous les jours ». Le stage s’est conclu par la traditionnelle photo-souvenir. Puis le mot de la fin est revenu à Giovanni Tramontini : « aider, enseigner, ce n’est pas vouloir maîtriser mais vouloir servir », qui a ajouté, en pointant Eyal Yalinov du doigt : « en voici le plus bel exemple ».


Eyal Yanilov // 8e dan
« J’ai comparé ce stage à Paris à un grand plat de sushis que j’ai présenté à mes élèves. C’était à eux de piocher, de choisir parmi les différentes techniques proposées. J’ai volontairement abordé différents thèmes relatifs au kravmaga pour que chacun y trouve son compte. C’est une discipline fabuleuse qui, je l’espère, va continuer à se développer dans le monde et notamment en France. C’est important que ce sport soit reconnu et encadré par la FFKDA. Ça donne encore plus de crédibilité à notre discipline. D’ailleurs, le soutien que fournit le gouvernement français aux arts martiaux en France est remarquable. Le principal message que j’ai voulu faire passer ? Avoir la foi en ce que l’on fait. Avoir la confiance envers l’instructeur car c’est la personne qui est au-dessus de nous et qui nous montre le chemin. Un combattant qui ne croit pas en lui-même, ne peut pas devenir un bon combattant. »


Ils étaient au stage…

Patrick Attia // 55 ans (6e dan de karaté), Sporting karaté Drancéen (ESSONNE)
« Une discipline qui ouvre l’esprit »
« En tant qu’ancien compétiteur en karaté, je m’intéresse aux sports de combat dans leur ensemble. Comme je suis responsable du Maccabi France en karaté, je connais le milieu du krav-maga. J’ai ouvert une section krav-maga dans mon club, et nous entraînons aussi la police municipale de Drancy. Je suis venu voir aujourd’hui ce que donnait un stage avec un expert international. Et bien ça ouvre l’esprit ! Notre discipline possède de nombreux points communs avec le karaté, mais aussi des différences, comme le fait qu’il n’y ait pas de tenue traditionnelle. C’est une chose à laquelle je suis particulièrement attaché. Selon moi, le karaté et le krav-maga sont complémentaires.»

Philippe Rabet // 37 ans (1er dan), CESD Chatou (YVELINES)
« C’était le top ! »
« C’était mon premier stage international. J’ai trouvé ça très bien, notamment sur la gestion du stress. Les exercices étaient très sympas, les enchaînements techniques aussi. C’était vraiment le top ! La pédagogie d’Eyal Yanilov pendant le cours et ses explications par rapport aux démonstrations m’ont beaucoup plu. De tels stages donnent vraiment envie de poursuivre dans le krav-maga. Avant, je faisais du jiu-jitsu et un ami m’a fait découvrir le krav. C’est de la vraie self-défense. C’est plus réaliste.»

Laure Dupond // 25 ans (1er dan), KM de Bordeaux (GIRONDE)
« Eyal a une très bonne pédagogie »
« J’ai participé aux deux journées de stage et c’était vraiment très intéressant. Je ne regrette pas d’être venue de Bordeaux pour l’occasion ! Nous étions très nombreux mais ça n’a pas été gênant sur le tapis. J’ai préféré la journée de dimanche car c’était plus poussé. Eyal a une très bonne pédagogie. Je le connaissais déjà puisque j’ai fait un stage avec lui à Amsterdam l’année dernière. C’est une discipline géniale, vraiment contemporaine, car ça allie la selfdéfense à l’esprit des arts martiaux et de combat. »

Franck Attia // 30 ans (2e dan shotokan), Maccabi Paris (Ile -de-France )
« Le combat rapproché »
« À l’origine, je dirige un centre d’arts martiaux axé sur le karaté. Comme j’ai vu que le krav-maga était une discipline qui plait et qui marche bien, je m’y suis ouvert. Je ne vous cache pas non plus que ma culture personnelle et familiale a aussi joué. Au-delà de ça, j’aime le côté défense du krav-maga et l’aspect réaliste, notamment sur l’aspect close combat qui me manquait un peu en karaté traditionnel. »