Cérémonie des Vœux

2012 une année décisive

C’est sous le signe du collectif, des valeurs communes et de la responsabilité partagée que fut placée la cérémonie des voeux de la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associés.

La promotion des 6e dan a vu défiler d’anciens champions mais aussi des professeurs de club au travail de longue haleine. La « maison du karaté » se construit avec eux tous.

Le 7 janvier, hauts gradés, élus, délégués aux grades et cadres fédéraux étaient réunis pour la traditionnelle cérémonie des vœux du karaté français. Dans le sillage du président Francis Didier, on remarquait ses prestigieux invités et amis, entre autres les présidents des fédérations d’arts martiaux, Jean-Luc Rougé pour le judo, Maxime Delhomme pour l’aïkido, Hugues Deriaz pour le wushu, Roger Piarulli pour le taekwondo, mais aussi Richard Monnereau, ancien Directeur de Cabinet du Ministre des Sports David Douillet et tout nouveau Directeur des Sports. Chaleureuse et souvent émouvante, la soirée était efficacement menée par le secrétaire général Alcino Alves Pires et ponctuée par le Directeur Technique National, Dominique Charré, dont le discours est toujours un temps fort, et par un président Francis Didier très en forme, racontant volontiers, avec humour, les souvenirs partagés par beaucoup des « anciens » présents. La prise de parole de Dominique Charré fut l’occasion de rappeler une nouvelle fois la mémoire de Jacques Delcourt, pionnier de l’organisation fédérale, d’adresser un salut amical à Guy Sauvin, présent pour la première fois à cette cérémonie, mais aussi pour lui de souligner le parcours des grands experts réunis ce jour-là, tous venus de la compétition de haut niveau avant de s’accomplir en tant qu’experts techniques honorés par leurs pairs. Exemplaire de ce parcours, Serge Chouraqui allait se voir ce soir-là remettre le 9e dan des mains des « légendes » du karaté français qui l’avait précédé à ce grade : autour du président Francis Didier, les plus hautes figures de la discipline, Jean-Pierre Lavorato, Hiroo Mochizuki, Hidetoshi Nakahashi, Yoshinao Nanbu, Dominique Valéra. Une image puissante illustrant le parcours riche sur tous les plans du karaté français. Le Directeur Technique évoquait 1972, date du premier championnat du monde de karaté organisé à Paris (et second championnat du monde de l’histoire) pour annoncer 2012, année qui verra un nouveau championnat du monde karaté organisé à Paris, quarante ans après le précédent. Dans son rôle, il a appelé élus et experts à leur responsabilité, décisive en ces temps décisifs : « Je compte sur vous, car j’aurai besoin de vous. Avec vous tous, nous serons forts, nous gagnerons ».

« des gens de passage »
Francis Didier, de son côté, faisait avec éloquence et profondeur une présentation du club, centre de la pratique et du projet même du karaté comme moyen d’éducation, « endroit privilégié sans discrimination sociale, raciale et économique. Cadre essentiel où se joue aussi l’avant et l’après de la séance technique ». Chaudement accompagnés jusqu’à la tribune, applaudis par leurs amis et leurs camarades, les impétrants aux grades supérieurs revenaient ensuite vers leur place avec une ceinture toute neuve, symbole fort d’un parcours, d’un sillon tracé profond, sur la longueur. Jean-Marc Wisniewski, nouveau 6e dan, se remémorait l’influence essentielle de ses professeurs dans sa vie. « J’étais un enfant de la rue, je tournais mal et c’est grâce à Jean-Michel Triay que je suis aujourd’hui devant les barreaux (comme agent pénitentiaire), plutôt que derrière. Plus tard, Jacky Gerbet m’a dit : ‘‘je t’ai inscrit, dans deux semaines tu passes le 3e dan’’. C’est grâce à lui aussi que j’en suis là. Nous sommes des gens de passage, cette ceinture, il faudra que je la donne ». Jacky Gerbet, quant à lui, tenait à rappeler qu’il ne faisait que ce qu’on avait fait pour lui. « Moi, c’est Dominique Valéra qui m’a poussé ». Souriante, la championne Monique Amghar se voyait « petite dans la cour des grands ». « Je n’ai jamais su percevoir par moi-même la valeur de mon travail. Etre championne du monde pour moi, c’était mon parcours de vie. Alors ce 6e dan qu’on me remet, c’est un honneur et une reconnaissance qui me fait chaud au coeur ». Ultime surprise de la soirée, Giovanni Tramontini, cheville ouvrière de cette cérémonie des voeux, se voyait remettre, sans en avoir été prévenu, la Grand Croix de la Fédération aux côtés de Alcino Alves Pires, Patrice Belrhiti, Bernard Bilicki, Jean-Pierre Lavorato et Dominique Valéra.


Assemblée Générale
Dans l’après-midi, une Assemblée Générale avait réuni une assistance nombreuse et studieuse. Le président Francis Didier y a évoqué en quatorze points l’état général de la Fédération, forte d’une santé financière excellente, d’une augmentation des licences et même d’une augmentation légère des subventions. Ce fut l’occasion de rappeler que 2012 allait être une année déterminante avec deux projets majeurs déjà provisionnés : les championnats du monde à Paris-Bercy et le Centre national d’entraînement et de formation à Montpellier. À cette occasion, Philippe Boulet, Yves Bui- Xuan, Michel Gaubard, Raymond Ravassaud, Roger Rhodes se virent décerner la Grand Croix de la Fédération.

Textes : E. Charlot et O. REMY / Photos : D. Boulanger