Championnats du monde 2012

Paris, les voilà !

Les championnats du monde 2012 (21-25 novembre) dans l’écrin du Palais Omnisports de Paris-Bercy, c’est demain, ou presque ! Pour prendre la mesure de l’événement, se replonger dans l’histoire des équipes de France qui y ont brillé, Officiel Karaté Mag’ vous propose un retour en images, en témoignages, en infos pratiques et insolites, sur 40 ans de championnats du monde. Acte 1.

Paris 2012 ce qu’il faut savoir

> Site internet officiel : lancement le 18 janvier 2012
À événement exceptionnel, dispositif exceptionnel : la FFKaraté lancera officiellement le site internet des championnats du monde le 18 janvier. Actualité des équipes de France, organisation, billetterie, hébergements, produits dérivés… Une seule adresse à mettre dans vos favoris : www.karateparis2012.com
> Billetterie
Des bulletins de réservations ont été envoyés à l’ensemble des clubs, départements et ligues début décembre afin que les licenciés puissent profiter de tarifs préférentiels. La billetterie est ouverte jusqu’au 30 septembre 2012**. Pour toutes demandes d’informations : 01 41 17 31 92 / parisbercy2012@ffkarate.fr

Vous pourrez également réserver vos places au-près du stand fédéral qui sera présent lors des compétitions suivantes :
17 décembre 2011 : Open de France combats (Paris- Coubertin)
14 janvier 2012 : Open international de Paris (Paris-Coubertin)
3 mars : championnats de France kata (Paris-Coubertin)
24 mars : championnats de France des ligues (Paris-INJ)
31 mars : coupe de France kata pupilles benjamins (Paris-Coubertin)
7 avril : championnats de France combats minimes (Paris- Coubertin)
14 avril : championnats de France combats cadets (Paris-Coubertin)
21 avril : championnats de France combats juniors (Paris-Carpentier)
27 avril : championnats de France combats seniors 2e division (Paris-Coubertin)
5 mai : coupe de France combats pupilles (Paris-Carpentier)
19 mai : coupe de France combats benjamins (Clermont-Ferrand)
26 mai : championnats de France combat seniors 1re division (Paris-Carpentier) 


Mes championnats du monde par…
Kenji Grillon, «L’Everest !»
Les championnat s du monde à Bercy, Kenji Grillon y pense, forcément, mais ne se met pa s encor e trop de pression. Pour être prêt le jour J pour que le rêve devienne réalité.
« Les championnats du monde en France, c’est évidemment un événement très marquant dans une carrière, d’autant qu’on ne participe pas aux Jeux olympiques. C’est l’Everest du karaté que de très grands champions français ont gravi. En faire partie… C’est un objectif et en même temps, c’est tellement énorme qu’à dix mois de la compétition, j’ai surtout envie de ne pas me mettre la pression trop tôt. Ce sera les ‘‘monde’’ à Bercy, devant le public français, nos clubs, nos amis… Je n’ai pas vraiment discuté des mondiaux avec d’autres combattants qui ont déjà vécu ça, même si le monde du karaté en parle déjà beaucoup. En revanche, comme je m’intéresse à tous les sports, j’essaie d’être attentif à la manière dont les sportifs en général gèrent une grande compétition à domicile. La pression sera là, il faudra trouver des sortes de ‘‘valeurs refuges’’. Pour moi, cet environnement familier, outre le groupe France que je connais bien maintenant, ce sera mon club d’ADB Karaté Garges-lès Gonessse, qui fera le déplacement avec les jeunes.» 


39
C’est le nombre de titres mondiaux remportés par le karaté français depuis la création des championnats du monde en 1970 à Tokyo. 39 dont 8 par équipes combat, 3 en individuels et 4 en équipes kata, 16 en kumité masculin et 8 en kumité féminin. Les derniers titres par équipes sont ceux de l’équipe féminine combat en 2010 à Belgrade (T. Fanjat, R. Soufflet, L. Dona, A. Recchia), et du kata masculin en 2008 (A. Neghliz, J. Dupont, J. Plagnol). Pour les individuels, la dernière médaille d’or en combat remonte à 2008 pour les filles avec Tiffany Fanjat (+60 kg), à 2002 pour les masculins (alors avec Yann Baillon en +80 kg). En 2012, cela fera déjà dix ans… Qui sera le 40e ? 


Dans le rétro
L’équipe de France championne du monde en 1972

L’équipe de France championne du monde en 1972 à Paris, celle par qui tout est arrivé. Au premier rang de g. à dr. : Alain Setrouk, Dominique Valéra, Patrice Lenoir et Roland Gourpil. Au 2e rang de g. à dr : Serge Chouraqui, Francis Didier, Roger Paschy, Guy Sauvin, François Petit-Demange et Gilbert Gruss. En battant l’Italie en finale à Coubertin, la France décroche son premier titre mondial par équipes en kumité. 


Le témoin
Romain Anselmo (triple champion du monde par équipes)
« Une génération holp-up »
Trois titres de champions du monde par équipes. En 1994 à Kota Kinabalu (Malaisie), en 1996 à S un City (Afrique du S ud) puis en 1998 à Rio (Brésil), à chaque fois contre l’Angleterre, alors nation-phare du karaté mondial. Trois des succès les plus retentissants de l’histoire avec la génération dorée des années 90 formée d’Alain Le Hétet, C hristophe Pinna, Marc Pyrée, Alexandre Biamonti, Gilles C herdieu, Alain Varo, Mickaël Braun donc, mais aussi celle des années 2000 qui débarquait avec S eydina Baldé et Yann Baillon. Romain Anselmo, qui fut également vice champion du monde individuel en 1994 (-70kg), aujourd’hui chef d’entreprise, nous livre ses souvenirs, ses anecdotes et fixe, quelque part, le chemin à suivre…
« Nous étions, lors du premier titre en 1994, l’équipe la plus jeune sur le papier, l’une des plus légères aussi puisque, à cette époque, des légers comme moi étaient pour la première fois alignés en équipe de France. C’était une volonté de Patrice Ruggiero. En plus, nous avions en face de nous les favoris, les Anglais qui avaient alors une grosse équipe. Ils nous l’ont dit après, mais les coaches ne misaient pas sur nous. On était une vraie bande de copains, avec un chaperon, Marc Pyrée. On se connaissait pour certains depuis les cadets, notre histoire était liée. On bossait à côté du karaté et on savait ce qu’on voulait. On avait confiance les uns dans les autres, on savait que chacun donnerait tout, quel qu’en soit le prix. Les équipes à cette époque avaient lieu avant les individuels. J’ai toujours fait les deux… Et à chaque fois les indiv’ en étant blessé tellement on se lâchait en équipe. Autant la première fois on avait les crocs de décrocher un titre, autant en 1996 nous avons abordé la compétition plus tactiquement, on a regardé le tirage au sort… Et on savait qu’on pouvait le faire pour l’avoir déjà fait. Le staff nous poussait : nous nous souvenons tous des stages de canyoning, on terminait un été où on avait mangé du karaté toute la journée pendant des semaines. On avait qu’une envie : rentrer chez nous. Au lieu de ça, ils nous jetaient dans des torrents glacés des Pyrénées en mode commando ! Je me souviens aussi qu’en Malaisie, une semaine et demie avant les championnats du monde, on nous a emmenés dans la forêt de Bornéo. On a dormi chez des coupeurs de tête, dans des cabanes sur pilotis, au milieu de la jungle infestée de moustiques. C’était infernal mais, franchement, c’était une période de ma vie absolument géniale qui a créé des liens qui perdurent. Je vois souvent mon ami Mickaël Braun, j’ai déjeuné il y a peu avec Gilles Cherdieu. Je nous définis comme une génération “holp up”. On venait comme des morts de faim, on prenait le titre et on repartait. On ne calculait rien. Sans doute une clé de l’état d’esprit qui nous animait et qui nous a permis de gagner trois titres.» 

Textes : J. MAYNARD et O. REMY / PHOTOS : D. BOULANGER, D.R.