Carnet noir

Disparition de Jacques Delcourt

ÉQUIPE DE FRANCE DE KARATÉ EN 1970. Avec en haut (de g. à d.) : Hiroo Mochizuki, Gilbert Gruss, Patrick Baroux, Jacques Delcourt, Francis Didier, Mr Jouisse (Trésorier), Joseph Boutros (Arbitre) et Laurent Saïdane. En bas (de g. à d.) : Mr Vichet (Arbitre), Patrick Tamburini, Dominique Valéra et François Petitdemange.

Ancien président de la FFKDA (1976-1998), fondateur de la Fédération européenne (EKF) en 1965 et de la Fédération mondiale dont il fut aussi le président (jusqu’en 1988), Jacques Delcourt est décédé le 19 novembre dernier à l’âge de 83 ans. Ce natif du Touquet, engagé dans la résistance à l’âge de 15 ans, lui-même compétiteur –il était demi-finaliste aux championnats de France par équipes en 1963, fut en effet un pionnier de l’organisation du karaté. En invitant cette même année les différents responsables de six autres fédérations (Allemagne, Italie, Belgique, Espagne, Suisse et Royaume-Uni) à se regrouper, il fut à l’origine de la création de la Fédération Européenne deux ans plus tard, puis à celle des premiers championnats d’Europe l’année suivante à Paris. Il engagea dans le même temps des discussions avec les dirigeants japonais pour la création de la Fédération Mondiale qui vit le jour à la fin des années soixante, les championnats du monde organisés en 1970 en marquant le véritable point de départ. Il présida la Fédération Mondiale jusqu’en 1998 à Rio. Président honoraire et membre à vie des comités exécutifs mondiaux et européens, il fut aussi membre du comité olympique français, entre 1980 à 1992. Juriste d’entreprise, il était officier de la légion d’honneur et chevalier de l’Ordre National du mérite. Son successeur espagnol, Antonio Espinos, président de la WKF, avait fait le déplacement pour ses obsèques. Il a salué sa mémoire : « Fondateur, il a aussi été le président de la Fédération Mondiale dans des années difficiles. Celles où tout était à construire, celles aussi où le karaté a perdu la reconnaissance olympique avant de la regagner quelques années plus tard, toujours avec lui, grâce à un travail de fond. Il faut lui reconnaître cette générosité, la priorité qu’il a toujours accordée au karaté. Ses ambitions personnelles passaient après. Il a aussi permis à une nouvelle génération, dont je fais partie, de rentrer dans l’organisation du karaté mondial pour continuer à le développer et à le moderniser. Avec son décès, c’est une page de l’histoire du karaté qui s’est tournée. Nous sommes dans une société nécrologique dans laquelle on fait beaucoup de louanges après le décès des gens. Sincèrement, Jacques Delcourt était une grande personnalité qui aura été reconnue de son vivant, par tout le monde. Il le méritait. » Jacques Delcourt a été inhumé dans l’Yonne où il résidait, parmi sa famille et certains représentants du karaté français. À cette occasion, Francis Didier, son successeur à la tête de la FFKDA, a prononcé un discours émouvant. La rédaction et l’ensemble de la FFKDA présentent à ses proches leurs sincères condoléances.