Coupe de France kata

Retrouvailles de rentrée

La culture du kata made in Épinay-sous- Sénart ! Le trio Plagnol-Lacoste- Maruani s’impose sans trembler.

La coupe de France kata marquait, pour beaucoup de combattants, le vrai lancement de la saison 2011-2012. Pour le staff et l’équipe de France, c’est surtout le point de départ de la dernière ligne droite vers les championnats du monde de Bercy en novembre prochain.

Cette année, la coupe de France a une saveur un peu particulière. L’une des premières grandes compétitions de l’année 2011-2012, elle lance le compte à rebours qui va amener l’équipe de France vers “ses” championnats du monde, organisés en novembre 2012 à Bercy. Bercy, ce moment magique qui cristallise déjà toutes les attentions. « Cette coupe avait effectivement un caractère différent, confirme Ayoub Neghliz, un des entraîneurs nationaux. Elle va nous permettre d’affiner notre sélection pour les championnats d’Europe cadets et juniors de février prochain. Surtout, c’est le point de départ d’une année importante qui se terminera avec les championnats du monde où on n’aura d’autre choix que d’être prêt, plus que jamais. » Même si le staff ne concèdera certainement que peu de changements pour les Europe en Azerbaïdjan, la porte reste ouverte. L’exigence aussi. « On ne sélectionnera que des médaillables potentiels, prévient Ayoub Neghliz. Si, dans une catégorie, on a un doute, nous sommes prêts à ne pas aligner de combattant. À l’international, le niveau est très élevé. » Preuve que cette coupe de France n’est pas prise à la légère, mis à part Minh Dack et Sandy Scordo, engagés à l’Open d’Autriche, tous les seniors potentiellement sélectionnables étaient là. « L’objectif de la Fédération, c’est de très bien figurer à Bercy, répète Ayoub Neghliz. Les leaders doivent donc se montrer et disputer les grands tournois. » Autre enjeu d’importance : le rythme. Ayoub Neghliz encore : « On a remarqué que nos athlètes se précipitent trop dans l’exécution de leurs katas à la différence de ce qui se fait au niveau international. Les membres de l’équipe de France ont commencéà travailler là-dessus. Avec Yves (Bardreau, NDLR), nous avons échangé avec les entraîneurs de clubs. Ils sont chargés de mettre de nouvelles consignes, dont celleci, en avant.» Enjeux nationaux, poids d’un championnat du monde à domicile, gradins bien remplis de l’INJ, sur les cinq tapis, la compétition a fait rage. Tout le monde, entraîneur comme techniciens, est très concentré. Avec des kiai puissants en fond sonore lâchés parfois par de tout jeunes combattants (ça fait même sourire certains arbitres), l’entraîneur de l’équipe de France, Yves Bardreau fait son bilan : « Nous avons pu mesurer le niveau et penser à la sélection. Elle sera confirmée au cours de plusieurs stages. Sur ce que l’on a vu, il y a peut-être des catégories sur lesquelles on fera l’impasse. L’objectif, c’est Paris 2012. À ce titre, nous sommes satisfaits de voir que les seniors répondent présents au niveau national. On sait que les équipes de clubs se préparent pour cette compétition alors que pour nous, ce n’est qu’un test. L’équipe féminine championne du monde en Malaisie a notamment bien relevé le challenge. On sait cependant qu’il nous reste du travail. » Un mot d’ordre : con-cen-tra-tion ! 

 


 

Parcours et paroles de vainqueurs

 

Premier titre national pour Ludivine Bressy en minimes. Elle succède à Lila Bui au palmarès, laquelle avait remporté les championnats de France dans la foulée. De bon augure ?

 MINIMES 
LUDIVINE BRESSY (Mistral Élite, Vaucluse), vainqueur 
« Un peu plus de prestance »
« Ce titre est un grand plaisir, tout simplement parce que c’est le premier dans une grande compétition. Au début, j’étais particulièrement tendue. Après mon premier kata, je me suis sentie mieux. Cela m’a permis d’être à l’aise toute la journée. En finale, ce qui a peut-être joué, c’est que j’ai un an de plus que mon adversaire, donc, peut-être, un peu plus de prestance. Je remercie aussi mon entraîneur qui m’a bien supportée durant toute la compétition. »
Son parcours : bat F. Lecourt (Bassai Dai), bat J. Chauvin (Jion), bat P. Mortreux (Kanku Dai), bat I. Marhous (Empi), bat A. Lacroi (Empi).

 MINIMES  
WALID DEGHALI (KC La Pointe, Champagne-Ardennes), vainqueur
« Une première »
« C’est la première fois que je remporte une compétition aussi importante en kata. Cela me donne envie de continuer en kata parce que j’ai déjà plusieurs victoires en combats. Pour l’instant, je n’avais fait que des places d’honneur. Du coup, j’étais plutôt stressé, mais mon père et mon professeur m’ont aidé à me libérer, à me détendre. Avec cette victoire, je suis tout simplement… très heureux !»
Son parcours : bat M. Rakostoson (Empi), bat M. Dulac (Basai Dai), bat M. Milano (Jion), bat A. Davoine (Kanku Dai), bat W. Chelmi (Kanku Dai), bat L. Trainier (Empi).

 CADETS  
PAULINE BOUCHET (Dojo Lantonnais, Gironde), vainqueur
« Pas de hasard »
« Je voulais vraiment réussir ma journée et montrer que si je gagne la coupe de France pour la troisième fois d’affilée, c’est tout sauf du hasard. Après ma septième place individuelle aux derniers championnats du monde, je voulais aussi prouver que j’avais progressé.”
Son parcours : bat S. Sam (Kanku Kai), bat E. Peltier (Gojushiho Sho), bat M. Jeannot (Unsu), bat N. Goze (Gankaku), bat M. Hervas (Gankaku)

CHRIST SIGNAVONG (UB omnisports de Buchelay, Yvelines), vainqueur
« Je gère mieux mes efforts »
« Après avoir terminé deuxième du championnat de France, je remporte la coupe, je suis très content. C’était vraiment une nouvelle marche à conquérir pour moi. Je termine un peu fatigué, mais je me rends compte que je prends l’habitude de ce type de compétition et que je gère mieux mes efforts, même si j’étais encore inquiet avant de commencer la finale. Une fois que j’annonce mon kata, je me sens mieux et cela me libère. »
Son parcours : bat K. Perebaskine (Gojushiho Sho), bat Y. Vaser (Kanku Sho), bat J. Nguyen (Unsu), bat K. Putharavorn Ngoan (Gankaku), bat A. Mouton (Gankaku)

 

Émeline Joujou, Battue aux France par la Toulonnaise après avoir déjà emporté la coupe en 2010, c’est fois Joujou, du KC Colombes qui a pris le dessus.

JUNIORS 
EMELINE JOUJOU (KC Colombes, Hauts-de-Seine), vainqueur
« Pouvoir être fière »
« Mon objectif en arrivant, c’était au minimum d’accéder en finale. Je voulais donner le meilleur de moi-même, pouvoir être fière de moi en sortant du tapis. Je suis d’autant plus contente de ma victoire que la confrontation a été serrée. Je suis soulagée de voir que le travail paie. Finir avec la médaille d’or, cela fait plaisir à tout le monde, principalement à moi. Surtout que je ne me sentais pas bien sur les tours, je savais que je pouvais mieux faire. En finale, je me suis lâchée. Après tout, ce n’est qu’une minute trente dans une vie.»
Son parcours : bat D. Robin (Seichin), bat P. Drieu (Seipai), bat C. Carvalho (Nipaipo), bat J. Sicard Alberti (Anan), bat J. Hugues Jessica (Chantanyara)

ENZO MONTARELLO (KC Le Ronin), vainqueur
« L’équipe de France, c’est très important »
« Après ma victoire au championnat de France, c’est une belle confirmation. Au bout, il y a certainement la sélection pour les prochains championnats d’Europe. Avec ce résultat, je devrais y aller. C’est très important pour moi d’être en équipe de France, c’est une fierté, je ne veux pas banaliser ça. Forcément, avec tout ça, il y avait un peu plus de pression que d’habitude. Mais je me suis bien échauffé et j’ai tout de suite senti que j’étais dedans.»
Son parcours : bat E. Mimault (Gojushiho Sho), bat F. Carrère (Kanku Sho), bat R. Martorania (Unsu), bat J. Keodara (Gankaku), bat K. Cambrono (Gankaku)

SENIORS 
ALEXANDRA FERACCI (Athletic Club Ajaccien, Corse), vainqueur
« La rage de vaincre »
« Je suis comblée par le résultat parce que la journée a été très dure. Je ne me sentais pas bien, j’avais les jambes lourdes, sans doute à cause de la pression. Je suis espoir, alors remporter une compétition senior, ce n’est pas rien ! Mais j’avais la rage de vaincre, alors je suis passée au-dessus de tout ça. »
Son parcours : bat A. Salma (Seipai), bat K. Lopes (Paiku), bat M. Valle (Suparinpei), bat C. Boulanger (Matsumura no basai), bat S. Fiuza (Chantanayara no Kushyanku)

SONIA FIUZA (Nice El ite Sp ort, Alp es-Maritimes),  finaliste
« Apprendre à gérer »
« Je suis déçue de finir deuxième, la plus mauvaise place, même si mon objectif était d’abord de tester de nouvelles sensations. En finale, je tente Gankaku que je n’avais jamais osé faire en compétition. Je suis membre de l’équipe de France, mais il faut que j’apprenne à gérer seule la pression. Cela m’a permis de travailler l’équilibre, la respiration… Nous sommes en début de saison, c’est maintenant qu’il faut faire des essais. J’ai eu au moins le plaisir d’aller jusqu’en finale… »

JONATHAN PLAGNOL (SKB Epinay-sous-Sénart, Essonne), vainqueur
« Je n’y pensais pas »
« Je me suis arrêté sur un titre de champion du monde en 2008 en pensant avoir fait le tour de la question. Finalement, l’envie a été la plus forte et j’ai repris du service. On ne m’a pas fait de cadeaux, il a fallu que je refasse mes preuves. Je suis content de ma performance parce que je n’y pensais vraiment pas. J’étais venu ici par plaisir. Mais cette expérience individuelle va servir l’équipe, l’objectif prioritaire cette année. »
Son parcours : bat T. Dupre (Kanku Dai), bat J. Guglielmi (Empi), bat A. Zemouri (Gojushiho Sho), bat T. Fort (Kanku Sho), bat J. Maruani (Unsu)

JONATHAN MARUANI (SKB Epinay-sous-Sénart, Essonne)finaliste
« Toujours compliqué »
« Individuellement, je ne suis pas déçu, nous (les trois membres de l’équipe de France, Ndlr) n’étions pas venus pour faire une place d’honneur, mais pour continuer à acquérir de l’expérience contre de bons combattants. Au final, comme nous sommes l’équipe de France, nous sommes les hommes à abattre, c’est parfois un peu compliqué. »

 PAR ÉQUIPES CADETTES-JUNIORS FÉMININES 
MISTRAL ELITE (Noémie Goze, Marie Martinez, Ludivine Bressy) bat Dojo Lantonnais (Kanku Kai), bat Mabushi Veigne Cl ub Karaté (Empi), bat Samourai 83 (Unsu), bat Karaté Cl ub Le Vernet (Gojushiho Sho)
Le bilan de Patrice Campo, entraîneur : « C’est la récompense d’un long travail. Cette équipe remplace celle qui a remporté les championnats de France. On a pris le pari de monter deux minimes pour essayer de gagner cette coupe. C’est une satisfaction parce que cela veut dire que nous avons deux équipes compétitives. C’est encourageant pour l’avenir. Les filles étaient détendues, ce qui leur a permis d’atteindre l’objectif. Même si Marie Diaz s’incline en finale, on repart avec un titre minimes et un titre par équipes et un bronze, c’est une bonne journée pour le club.»

 PAR ÉQUIPES CADETS-JUNIORS MASCULINS 
ARTS MARTIAUX VILLENAVAIS (Florian Carrère, Alexandre Guillaud, Oussama Attia) bat Samourai 83 (Empi),bat Mabushi Veigne Karaté (Kanku Sho), bat Dojo Lantonnais (Gojushiho Sho)
Le bilan de Marc Dechelotte, entraîneur : « On est soulagé parce qu’on est dans le même département que les finalistes et qu’on était mené deux victoires à une (sourires). Remporter une compétition nationale, c’est très gratifiant, surtout quand on court après, même si le plus important, c’est que cela récompense le travail fourni. En tant qu’ancien compétiteur, je suis sûrement aussi stressé qu’eux, mais je ne peux rien faire une fois qu’ils sont sur le tapis. C’est sûr que la victoire, ça soulage… »

 SENIORS FÉMININES 
TSUKI KARATÉ CLUB (Asha Shokat, Fagat Mélanie, Kelly Lopes) bat Fontenay Karaté Shotokan (Kanku Sho), bat COC Karaté (Unsu)
Le bilan de Mohsan Shokat, entraîneur : « On avait terminé à la deuxième place l’année dernière, on avait vraiment à coeur de remporter le titre. C’est quelque chose d’important pour une petite ville comme la nôtre. Notre objectif était de parvenir en finale. Là, on gagne grâce à un bunkaï peut-être plus spectaculaire que celui de nos adversaires. C’est une belle émotion collective. »

 SENIORS MASCULINS 
SKB EPINAY-SOUS -SÉNART (Jonathan Plagnol, Jonathan Marouani, Romain Lacoste) bat Mabushi Veigne (Kanku Dai), bat AKDC (Kanku Sho), bat KCVO (Unsu), bat Sporting International Karaté Club (Gojushiho Sho)
Le bilan de Jonathan Plagnol : « Il ne faut pas que les gens se trompent. Si nous nous sommes regroupés dans le même club, c’est dans le but de mieux préparer les championnats du monde 2012. Nous sommes venus ici nous frotter à de très bonnes équipes françaises pour travailler selon les directions données par nos entraîneurs. Nous sommes contents de ce que nous avons accompli. Le niveau est très bon et cela nous oblige à nous surpasser. On sait qu’on n’a pas le droit à l’erreur car nous sommes conscients d’avoir du retard par rapport à des nations comme l’Espagne, l’Italie et le Japon. » 

TEXTES : GRÉGORY CUROT / PHOTOS : DENIS BOULANGER