Coupe de France combat cadets-juniors

L’élite des jeunes délocalise

 

Chez les jeunes, la hiérarchie n’est pas figée. De quoi relancer la saison après les championnats du monde. (Photo : David Scénario)

La coupe de France cadets-juniors s’est tenue cette année à Lormont, dans la banlieue bordelaise. Certains jeunes ont assumé leur statut quand d’autres en ont profité pour bousculer la hiérarchie. Retour sur cette coupe de France délocalisée qui a définitivement lancé la saison.

CADETS-CADETTES
BAROUDI IMPRESSIONNE
Chez les -52 kg masculins, Scotty Coquillau-Pignot s’est défait (3-1), malgré une salle entièrement acquise à la cause de son adversaire, du local Maxime Battut. Dans la catégorie des -57 kg, catégorie la plus représentée chez les cadets avec celle des -52 kg, c’est le pensionnaire du Sen No Sen Venissieux Kevin Aouf qui s’est imposé. Il lui a fallu moins d’une minute pour se défaire 9-0 du pauvre Alexi Raspilair, pourtant facile vainqueur en demi-finale du récent médaillé mondial Steven Da Costa (8-0). L’élève de Djamel Bezriche, fou de joie, a démontré une très belle pallette technique tout au long de la journée. En -63 kg Jessie Da Costa a difficilement disposé 2-1 de son copain de la ligue de Lorraine Mike Masslo et n’a pas caché sa joie à l’issu du combat : « la coupe, c’est une satisfaction. Je n’étais venu pour rien d’autre ». En finale des -70 kg, Joris Mallard, pensionnaire du pôle Espoir de Talence combattait « à domicile » et cela s’est vu. Il a parfaitement contrôlé sa finale contre Guerric Billet marquant en tout début et en toute fin de partie (2-1). Enfin, chez les +70 kg, Rayan Baroudi (IKC Saint-Victoret) impressionnant dans tous ses combats remportés haut la main n’a pas eu à forcer son talent en finale puisque son adversaire Guillaume Hoarau, blessé n’a pas combattu. Chez les féminines en -47 kg, la mondialiste Francine Richonnier a passé tous ses tours sans encombre, y compris la finale où elle a maîtrisé Flavie Rossie (2-0). En -54 kg, Marie-Ange Riggio de la ligue de l’Essonne a fait forte impression dans sa catégorie. Toujours portée sur l’attaque, très forte aux poings, elle a battu en finale Chaines Delorme (3-1). Chez les +54 kg, Nancy Garcia, médaillée de bronze en Malaisie a du batailler ferme en quart et en demi-finale mais a su bien gérer sa finale contre Imane Hassouni qu’elle remporte 4-2.

JUNIORS
DE LA CONSTANCE ET QUELQUES COUACS
Le mondialiste Aziz Rghioui, qui s’était défait en demi-finale du médaillé de bronze en Malaisie Jimmy Cabantous a battu en finale des -55 kg Alexis Lopes (2-0), le petit frère de l’international Johan. Dans la catégorie supérieure des -61 kg et au plus grand bonheur de l’entraîneur Nasserdihn Aït-Ibrahim, Kevin Azouz, pourtant diminué à la hanche, a lui aussi disposé d’un mondialiste au terme d’un combat très enlevé puisque c’est Lou Lebrun, très solide jusque-là, qui a subi sa loi (5-2). Les -68 kg étaient la catégorie la plus représentée et c’est Yasin Boujaaba qui en est sorti vainqueur en battant sur le fil Maxime Leclaire, titulaire en Malaisie (1-0). Des mondialistes globalement au rendez-vous des finales, puisque Hadisson Riou (-76 kg) a remporté la sienne, mais sans combattre après que Florent Soret, blessé, ne s’est pas présenté. Enfin, chez les +76 kg, le médaillé de bronze mondial Jordan Durieu, souvent trop court dans ses attaques, n’a rien pu faire face à Didier Cadarsi et a fini par prendre l’eau (8-1). Chez les juniors féminines des -48 kg, il suffisait de gagner deux combats pour se hisser en finale. Et à ce petit jeu c’est Sophia Bouderbane qui en est sortie victorieuse, reléguant la longiligne Marion Marzona à un rôle de faire-valoir (9-1). En -53 kg, la « bronzée » de Malaisie Shana Amengle n’a pas fait non plus dans la demi-mesure face à Charlen Jover, totalement dépassée par l’enjeu (7-0). Ce n’est pas l’enjeu qui devait faire peur à Alizée Agier (-59 kg), médaillée d’argent en Malaisie et facile jusque-là. Pourtant, elle a été complètement absente contre Leila Heurtault (0-7), sa principale rivale et protégée de Didier Moreau du Samouraï 2000. Enfin, et dans ce qui aura sûrement été la finale la plus disputée, Mégane Lauret (+59 kg) elle aussi du Samouraï 2000 a battu la très accrocheuse Vaitiare Tehaameamea (3-2). À noter enfin, que dans la compétition par équipes masculine, deux clubs de la ligue de Provence se faisaient face et, au terme d’une finale des plus décousues, c’est finalement le Full Karaté Académie de Marseille qui a pris le meilleur sur l’Impact Karaté Club. Emmenés par Jimmy Cabantous, les Marseillais se sont imposés 3-2, remportant la finale « grâce » à deux disqualifications des jeunes de Saint-Victoret, l’une pour un ura-mawashi après yame, l’autre pour saisie. Les filles du Full Karaté Académie étaient elles aussi en finale mais elles n’ont pas connu la même réussite que leurs camarades masculins. Privées de Sophia Bouderbane, blessée, elles se sont inclinées face au Samouraï 2000 du Mans, vainqueur aux points (9-4) grâce à la victoire initiale de Mégane Lauret. 


L’Aquitaine s’assume

Président de la ligue d’Aquitaine, vice président de la FFKDA, Raphaël Ortega tient beaucoup à « sa » coupe de France. Un véritable enjeu au plan local. « Depuis que j’ai pris les rênes de la ligue d’Aquitaine il y a trois ans, je poursuis la volonté d’organiser une manifestation nationale dans ma région au moins une fois par an. L’objectif de l’organisation de cette coupe de France en terre girondine est double : promouvoir le karaté dans notre région mais aussi permettre aux licenciés d’Aquitaine de disputer une compétition majeure sans forcément avoir à se rendre à Paris. L’impact sur le public est mesurable puisque nous avons cette année dépassé les 8000 licenciés en Aquitaine et que les clubs continuent de s’agrandir. C’est une organisation importante et nous avons la chance de pouvoir compter sur l’implication de la ville de Lormont à nos côtés, qui du coup, est devenue une ville étape du calendrier national. Cette année, il y avait 450 compétiteurs inscrits, c’est un signe, non ? ». Francis Mesplède, vice président de la ligue d’Aquitaine, confirme : « La fédération a décidé de mettre en valeur les ligues qui s’impliquent au niveau national. Accueillir une coupe de France, c’est donc une belle récompense, surtout que cette année, elle intervenait juste après les mondiaux cadets et juniors en Malaisie. De quoi lui donner de la valeur. La suite ? Pourquoi pas organiser des championnats de disciplines associées ou faire une plus large promotion de l’évènement pour attirer des étrangers. Les Espagnols, par exemple, sont déjà venus et l’expérience pourrait être renouvelée. » 


L’OEIL DE… LUDOVIC CACHEUX
Entraîneur national et entraîneur du pôle France jeunes de Talence, Ludovic Cacheux était « à domicile » pour cette coupe de France cadets-juniors. Il tire un bilan mitigé de la compétition.

« Pas très content »
« Avec Alexandre Biamonti et Jean-François Tiercy, de même qu’avec Franck Bisson (coordonnateur du pôle de Talence NDLR), nous sommes tous d’accord pour dire que le bilan est très mitigé et que nous ne sommes pas très contents des résultats. Sur les 16 cadets et juniors présents en Malaisie, 15 ont fait un podium. Agathe Duval n’était pas là et Marc- Alexis Rouret est passé à côté de sa compétition. Mais, sur ces 15 podiums, uniquement quelquesuns ont tenu leur rang et l’ont emporté. Sophia Bouderbane qui est toute seule dans sa catégorie, Nancy Garcia aussi même si elle a eu du mal, Shana Amengle et Francine Richonnier ont fait ce qu’on attentait d’elles. Chez les garçons, Hadisson Riou est en avance et Joris Mallard, même sans être transcendant, a gagné. Tous les deux surclassés, Aziz Rghioui et Lou Lebrun dans ce qui était l’une des catégories les plus fortes, ont aussi montré de belles choses. Kevin Azouz et Marie-Ange Riggio que l’on attendait moins, sont aussi de belles surprises. Alizée Agier, médaillée d’argent en Malaisie perd contre sa rivale Leila Heurtault ce qui prouve que rien n’est acquis et que l’Open de France sera déterminant dans la course pour les championnats d’Europe. Jordan Durieu aurait du faire mieux et Maxime Leclaire est une grosse déception. Les -52 kg et -63 kg cadets masculins ne nous ont pas convaincus car les catégories sont apparues faibles. Ceux qui étaient en Malaisie sont déjà mis sous pression par leurs adversaires au niveau national. Le message est clair : rien n’est acquis ! » 

Textes : A. VÉDEILHÉ