N°43/ JUILLET 2011

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Championnats d'Europe

La France conquérante

Championnats d'Europe seniors

La France est de retour

Championnats de France combats élite

L'élite française assume et s'étoffe

Profight

Lancement réussi

Le haut niveau français se prépare

Tous tournés vers Paris 2012

la ligue du Languedoc-Roussillon

Le Languedoc dans l'arène

Compétition :
le Hétet Cup 9e édition

Hommage au passé et promesses d'avenir

Arts martiaux viétnamiens

5e championnats du monde de Qwan Ki Do

Zoom sur : l'École Bach-ho

Compétitions

L'actu des coupes de France de styles

Yakinobu Shimabukuro

« Aimer l'entraînement comme un débutant »

Séquence de bunkaï « bassaï sho »

avec Jean-François Tisseyre

Toutes les infos en direct

des ligues, des comités départementaux et des clubs

Francis Didier

L'art de la (bonne) distance

Minh Dack

« J'ai mon île dans le cœur »

Ils ont dit…

 

NADÈGE AÏT-IBRAHIM

championne d'Europe +68 kg

« J'ai maîtrisé à peu près tous mes combats, j'ai su me lâcher, sans stress et en même temps j'ai su ne pas trop me livrer. J'ai passé beaucoup de filles de ma catégorie que je craignais, comme la Néerlandaise Nortan contre laquelle je me suis dit que je ne devais pas hésiter et m'imposer. J'ai même eu le sentiment d'apprécier ce qui se passait dans le combat en finale. J'étais relâchée, contente. Aujourd'hui, j'ose plus de choses, je n'ai plus peur de perdre, je m'éclate sur le tapis. Je suis libérée. Il faut que ça continue, ce n'est que le début. »

 

JOHAN LOPES

vice champion d'Europe -60 kg

« Les championnats du monde (Il avait terminé 7e, NDLR) m'ont beaucoup servi, beaucoup apporté en expérience pour accéder à cette finale européenne. En marquant le premier point en finale, j'étais bien lancé, mais je n'ai su trouver la faille face à un Italien expérimenté et, au final, je passe un peu à côté de ce dernier combat. Mais c'est sûr, il y a un gros cap franchi. Je suis désormais en confiance. »

 

MATHIEU COSSOU
ET NADIR BENAÏSSA

capitaines de l'équipe de France
combat masculine, 2e

« La déception, c'est évidemment la finale, mais avec le recul, on sera content de la journée qu'a vécu ce groupe. L'équipe a démarré aux championnats d'Europe 2010 avant de subir quelques modifications avec l'arrivée de combattants qui nous ont apporté la fougue, l'envie, la détermination et la fraîcheur supplémentaires. Une étape est franchie. Maintenant, cela manque encore de précision, mais il faut se dire qu'on est parti de rien et que face à de grosses équipes qui avaient déjà beaucoup prouvé, on a montré qu'on pouvait rivaliser. C'est de bon augure en vue de 2012. »

 

TIFFANY FANJAT

capitaine de l'équipe de France
combat féminine, 2e

« Cette équipe n'était pas encore médaillée aux championnats d'Europe et ça nous tenait à cœur de prouver, après le titre mondial, que l'on était présente pour les grands rendez-vous. Il manque une marche et c'est forcément difficile de perdre dans une finale, qui plus est contre l'Espagne, une équipe que l'on avait battue à Belgrade. Elles nous ont marché dessus, nous n'avons pas su répondre à ça. Cela doit nous servir de leçon pour aller les battre chez elles l'an prochain. C'est un beau challenge. »

 

SANDY SCORDO

vice championne d'Europe kata

« Avec l'objectif que j'avais, marquer les esprits des arbitres en vue des mondiaux 2012, je ne peux pas être satisfaite d'une finale perdue. L'objectif n'est pas atteint. Même si une médaille d'argent est toujours bonne à prendre, elle n'est pas forcément plus belle qu'une médaille de bronze, qui m'aurait permis de finir sur une victoire. Une finale, ça ne se perd pas. Mon corps n'a pas vraiment suivi le rythme que je voulais donner, à l'image de la ligne d'unsu où l'on fait les haito et les mae-geri et où je ne suis pas parvenue à reproduire ce que je voulais. »


Souvenirs de Zurich 2011

Baromètre
des championnats…
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Nadège Aït-Ibrahim,
un leader mondial

2010, année en argent, 2011, année en or ! Nadège Aït-Ibrahim est la nouvelle leader française…
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TABLEAU DES MÉDAILLES

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La France est de retour

COMPÉTITIONS : Championnats d'Europe Ι Zurich Ι 6 au 8 mai 2011
Avec douze médailles obtenues à Zurich, la France retrouve chez les seniors un leadership au nombre de podiums après lequel elle courait depuis 2003. Mieux encore, elle place ses deux équipes de combattants en finale. De belles promesses pour l'avenir. Rendez-vous à Paris, en 2012, pour les championnats du monde.

Cinq fois finaliste, douze fois médaillée, l'équipe de France a frappé fort à Kloten, verdoyante banlieue de la très suisse Zurich.Les leaders du moment, les Italiens, sont à dix médailles et les rivaux espagnols à sept. C'est-à-dire qu'avec ce score, la France se replace à des niveaux qu'elle n'avait plus connus depuis les grandes années de l'entrée du millénaire (voir infographie) quand Alex Biamonti récoltait le titre européen comme un métronome et Laurence Fischer, trois fois sur quatre. À cette époque, les vainqueurs de l'année précédente qualifiaient un second participant national, il y avait une catégorie masculine de plus, et l'on pouvait aussi engranger des médailles dans les catégories « Open ». C'est donc à une démonstration remarquable de redressement, après cinq années largement en dessous des dix médailles par championnat, à laquelle s'est livrée l'équipe de France 2011.
Un goût d'inachevé néanmoins du côté du nombre de médailles d'or. Avec un seul titre (pour Nadège Aït-Ibrahim en +68 kg), la France laisse passer devant les Italiens, les Espagnols, les Grecs du redoutable Triantafyllis (trois médailles dont deux d'or en individuel et par équipes masculines) et mêmes… les Suisses, chez eux, avec trois médailles, dont deux d'or pour Clavien (-68 kg) et Schwab (-61 kg). Mais avec cinq finales, la France est toute proche de basculer enfin vers l'or. Et en glanant un titre pour douze médailles, elle fait déjà beaucoup mieux qu'en 2010 (huit médailles, pas de titre), et qu'en 2009 (sept médailles pour un titre). Et mieux aussi qu'en 2008 (un titre pour Ludovic Cacheux en -80 kg, pour trois finales et cinq médailles seulement) et largement mieux aussi qu'en 2007 (six médailles, deux finales, pas de titre).
Si cette équipe n'a pas encore trouvé les leaders expérimentés des grandes années antérieures, elle a affirmé une force collective parfaitement incarnée par ses deux équipes de combattants, finalistes chez les filles, comme chez les garçons. Les filles confirment leur titre mondial – en échouant cette fois contre les Espagnoles qu'elles avaient battues en finale en Serbie pour le titre mondial – et les garçons s'affirment enfin avec un groupe jeune. Un socle sur lequel il est manifestement possible de s'appuyer.

AÏT-IBRAHIM PREND UNE AUTRE DIMENSION
Des leaders ? Ils sont déjà là chez les féminines où Nadège Aït-Ibrahim (+68 kg) vient d'aligner une finale mondiale (perdue) et une finale européenne (gagnée). Où Lolita Dona (-61 kg) en est à deux podiums européens et une finale mondiale d'affilée. Betty Aquilina, une médaille européenne en 2010 et une finale mondiale – elle échoue à Zurich pour un combat mal embarqué contre l'Allemande Christiansen contre laquelle elle se fait pénaliser plusieurs fois pour touches au visage. Quant à la championne du monde 2008 Tiffany Fanjat, en demi-teinte depuis son titre pour des raisons d'étude, elle est toujours toute proche du tout meilleur niveau. Enfin, Stéphanie Barré (3e en -55 kg), prouve que le niveau n'est pas inaccessible, même à ceux qui arrivent tout juste en équipe nationale.
Une dynamique existe désormais chez les garçons dans le sillage de William Rolle (-67 kg), une nouvelle fois médaillé européen, avec Johan Lopes (-60 kg), finaliste décidé, qui confirme sa montée en puissance depuis les championnats du monde, et Jean-Christophe Taumotekava (3e en -84 kg), qui combine désormais le brio de ses techniques de jambe avec la fiabilité et l'autorité d'un champion en germe. Trois médailles pour cinq engagés masculins, trois médailles pour cinq engagées chez les féminines, et l'argent pour les deux équipes combat. Quelque chose s'est déclenché au pays des coffres-forts.

Les médailles françaises
aux championnats d'Europe depuis dix ans
:

medailles françaises aux championnats d'Europe depuis dix ans

UN KATA CRUCIAL
Italie deux titres, Espagne deux titres… et c'est la même chose depuis cinq ans, sauf quand la Croate Senjung s'impose en individuel à son adversaire espagnole (2007, 2008, 2010). Depuis 2006, la France n'a pas emporté de titres européens en kata (mais un aux championnats du monde avec l'équipe des garçons en 2008), une véritable course à handicap face à ses habituels rivaux. Cette fois encore la France s'est inclinée dans les quatre exercices, alors que l'on pouvait y croire. Le retour de Jonathan Plagnol a renforcé l'équipe masculine, mais pas au point de battre l'Espagne qui sauvait sa finale d'un drapeau. L'équipe féminine superbe finaliste mondiale en 2008, n'est pas parvenue à passer à la vitesse supérieure ces dernières années et reste derrière les Espagnoles pour quatre drapeaux. Sandy Scordo peut être frustrée de ne pas parvenir à prendre le dessus avec son Unsu claquant, sur le karaté « shito » de l'Espagnole Martin Abello à laquelle elle ne prend cette fois qu'un drapeau. Mais c'est du côté de Minh Dack, que la pilule est la plus amère. Huit fois médaillé européen, on espérait bien le voir s'élever en finale et inquiéter Valdesi. Impressionnant en début de journée, il avait une excellente opportunité de battre en demi un nouveau venu espagnol en individuel, D. Quintero, pour prendre une place dans la hiérarchie. Mais un soupçon moins dominateur sur ce tour décisif, il laissait passer – et s'installer – l'Espagnol d'un drapeau.
« On ne peut terminer première nation aux championnats du monde à Paris si on ne gagne pas de titre en kata », commentait sobrement le Directeur Technique National Dominique Charré. Souvent « sauveur » du karaté français, le kata national est désormais face à ce défi. Un gros chantier pour l'année prochaine.

DES ÉQUIPES QUI PROMETTENT
C'est sur ce point-là que les championnats d'Europe de Zurich ont vraiment réchauffé le cœur des supporters de la France. Si l'équipe féminine avait pris de l'avance avec son titre mondial, on peut être conforté de la voir se hisser une nouvelle fois en finale, en passant en revue la Slovénie, la dangereuse Italie, l'Angleterre et la Serbie. Zurich, c'est le temps des bonnes promesses. Une finale ratée contre les vice championnes du monde espagnoles sera celle d'une revanche à prendre. Ce qui est accompli, c'est le retour de la France sur ce podium par équipes qu'elle avait déserté depuis 2004.
Les garçons étaient en difficulté pour affirmer leur force collective. C'est moins la médaille qui leur manquait, qu'une identité et l'orgueil qui va avec. Gagner une médaille et montrer qui l'on est, c'est chose faite après ce championnat. La Slovénie de Farmadin, l'Allemagne d'Horne, l'Azerbaïdjan d'Aghayev, l'Italie des Maniscalco et autres Busa chutaient devant les Français. Appuyés sur le solide pilier Ibrahim Gary, Mathieu Cossou, Kenji Grillon, Nadir Benaissa prennent de l'épaisseur et permettent à de jeunes révélations comme Salim Bendiab d'apporter leur talent et leur enthousiasme à leur groupe. On a vibré avec une équipe nationale qui a une âme et qui l'a prouvé en s'exprimant à son meilleur niveau, en redressant des situations compromises, notamment contre les Italiens, en s'appuyant les uns sur les autres. En finale, Triantafyllis (contrôlé 1-1 par Grillon), le vieux guerrier Papadopoulos, ancien champion du monde, le petit Tzanos, un monstre technique sur le podium européen depuis trois ans (et qui plaçait un incroyable retourné sauté au longiligne Bendiab), puis le colossal Tsamoyrlidis (trop lourd pour Cossou) privaient les Français d'un titre qui leur échappe depuis 2002. Avec un peu de maturité en plus, on peut y croire pour 2012. C'était en tout cas le bon moment pour commencer à exister..

DOSSIER RÉALISÉ PAR E. CHARLOT ET O. REMY / PHOTOS : D. BOULANGER

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