N°42/ MAI 2011

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Championnats et coupe de France kata

Ambiance kata

Championnats de France kata minimes à seniors

Kata : tout est en place !

Championnats de France des ligues

La Provence et l'Essonne, c'est costaud !

Championnats de France juniors combat

Premiers billets pour la Malaisie

Formations 2011

Acte 1

City Raid

Le karaté engagé

Karaté scolaire

De l'avenir des compétitions UNSS

Grades, le bilan

Transmettre l'héritage, préparer l'avenir

la ligue Côte d’Azur

Sous l'Azur, des karatékas

Championnats de France traditionnels

Une première à Coubertin

Championnats de France vovinam

Les « monde » en ligne de mire

Open contact interdisciplines

Ils ont aimé le contact !

Open semi-contact interdisciplines

Place aux jeunes !

Hiroshi Aosaka

« Former de bonnes personnes »

Séquence de bunkaï « Tekki-Nidan »

avec Bernard Bilicki

Toutes les infos en direct

des ligues, des comités départementaux et des clubs

Francis Didier

« Progresser ensemble »

Johan Lopes

« Pour l'enseignement du karaté à l'école »



La Ligue Côte d'Azur en chiffres, saison 2010-2011

10542 licenciés dont 2882 femmes, 5,7% mini-poussins, 11% poussins,11,5% pupilles, 10% benjamins, 7,4% minimes, 5,9% cadets, 5% juniors et 43,5% seniors. 216 clubs. 1213 ceintures noires dont 741 1er dan, 241 2e dan, 115 3e dan, 69 4e dan, 31 5e dan, 12 6e dan, 2 7e dan et 1 9e dan..


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Sous l'Azur, des karatékas

ZOOM SUR : la Ligue de Côte d'Azur
Sur les contours de la mer Méditerranée, non loin des chemins escarpés de Nice et de Sainte-Maxime, c'est à Toulon que la ligue Côte d'Azur est ancrée. Canotier sur la tête, découverte de l'équipe azuréenne qui défend les valeurs du karaté.

LA FORCE DES ANNÉES« Je ne suis que le chef d'orchestre qui valorise le travail d'une équipe. » Modeste et mesuré, Hervé Puveland plante le décor. Le pied entre deux avions et plusieurs heures durant, le président de la ligue Côte d'Azur et de la Commission nationale d'arbitrage s'est confié avec disponibilité sur l'histoire et le développement de la ligue. « Chaque homme à la tête de la ligue l'a profondément marquée de son empreinte. De 1975 à l'an 2000, Albert Paoli a géré le transfert de notre discipline de la fédération de judo à celle de karaté, planté les bases de nos comités départementaux d'Alpes-Maritimes et du Var, et créé un héritage humain. Jusqu'en 2006, Richard Bovet s'est concentré sur le développement des techniciens, des cadres, de l'arbitrage, de la direction technique et du haut niveau. Il a littéralement boosté le fonctionnement de notre structure en séduisant 2000 licenciés en six ans, dépassant le cap des 10000 karatékas azuréens à son départ. Pour ma part depuis cinq ans, je fédère dans un consensus les deux comités départementaux et cherche à optimiser le mieux possible leur gestion sportive, technique, humaine, sociale et administrative. En tant que deuxième plus grande ligue de France derrière la Normandie et ses cinq départements, nous avons investi dans des locaux pour confirmer notre assise. Le premier chantier a été la mise en place de notre siège social à Toulon, à deux pas de la gare. Puis, la même année, nous avons centralisé à Sainte-Maxime notre complexe sportif, un dojo et les bureaux de l'équipe technique régionale », explique ce natif des Alpes-Maritimes et licencié du Var.

L'IMPACT DU NUMÉRIQUE
Sourire aux lèvres, Hervé Puveland poursuit : « Mon expérience de cadre m'a permis de développer des relations avec les institutions comme la direction régionale jeunesse et sport, le CNOSF, le Conseil Régional, le Conseil Général. Et heureusement, car il n'existe pas d'école qui apprenne à faire cette démarche. On réunit ses forces et on se lance ! ». 1985 a pourtant été une année riche d'apprentissage pour Richard Bovet, actuel vice président : « À l'époque où j'étais président, j'ai informatisé la ligue. Les fonts baptismaux du programme Excel en Côte d'Azur, c'est moi ! (rires). Patrick Rosadini, responsable des grades et médecin de la ligue depuis 1980, Simone Brazillier, secrétaire générale adjointe, et moi, avons souvent consacré dix heures de nos journées en période de compétition à entrer les données prises manuellement. Quel travail, mais quelle satisfaction aussi d'avoir fait avancer notre collectif ! ». Ce qu'il ignorait à cette époque c'est que l'informatique n'avait pas fini de faire des siennes dans la ligue. Patrick Rosadini poursuit : « Les heures de formation de Pierre Bichard-Bréaud au logiciel pour les grades a été une véritable révolution. Ce nouvel outil a été une avancée significative pour la valeur des grades. Il a apporté du sérieux dans le suivi, une uniformité des examens, une organisation rigoureuse et une clarté évidente. Pierre, notre sauveur ! ». Une chose est sûre : le travail n'effraie pas cette dynamique équipe.

SE DÉPASSER
La preuve en est avec Rémi Jeham, responsable du Centre régional entraînement formation (CREF) et entraîneur régional haut niveau. Ce Varois de 32 ans concilie son métier de préparateur physique à ses multiples tâches au sein de la ligue : le choix des hors quota, la vérification des tableaux en compétition, la sélection des athlètes. Celui qui se veut être un « catalyseur entre les athlètes et le haut niveau sans se substituer au travail des professeurs de club », reconnaît, impliqué, qu'il « apporte son expérience de la compétition à des jeunes qui poussent à une remise en question dès l'instant où à leur contact on se demande : pourquoi ça n'a pas fonctionné ? ». Des projets et de l'anticipation ? Toujours. Jean-Marc Guibilato, spécialiste des arts martiaux chinois et responsable de l'école des cadres, travaille au quotidien sur la mise en place du Certificat de Qualification Professionnelle : « Soirs et week-ends, je m'investis avec passion pour faire du CQP un référentiel dans la logistique de notre ligue. Je veux persuader nos stagiaires de devenir professionnels et gagner leur vie dans le monde du karaté. Peut-être pas tout de suite, mais d'ici deux ou trois ans… À force de communication et de mobilisation, nous y parviendrons, je m'y engage ». Quant à Paul Bottin, directeur technique de la ligue, il s'est fixé une prospective 2009-2012 basée sur quatre points : « Par des actions ciblées je mets en place une dynamique construite sur des projets techniques et sportifs et établie de concert avec l'ensemble des commissions de la ligue. Nos priorités jusqu'à l'année prochaine sont l'amélioration des contenus techniques proposés aux pratiquants de notre ligue, de leur pratique sportive, de nos formations et l'optimisation de notre communication. Quand j'y pense, heureusement que je suis entouré d'une équipe de fous furieux de travail pour mener à bien ces objectifs, même si parfois, pour argumenter, on s'attrape avec Hervé (rires). C'est de bonne guerre ! ». Des échanges musclés mais emprunts de respect et d'amitié amènent à l'organisation de manifestations originales et variées.

LA FORCE DES DISCIPLINES ASSOCIÉES
L'une des grandes forces de la ligue de Côte d'Azur est sans conteste l'éclectisme des disciplines qui y sont enseignées et, ceci expliquant cela, les manifestations qui y sont associées. Shidokan avec José Gallucio, shindokai avec Gilles Richard, karaté contact, karaté défense, body karaté, sankudo, kempo, kyokushinkai, AMV, krav maga, boxe américaine… il y en a pour tous les sexes, tous les âges et tous les goûts. Hervé Puveland analyse : « Nous comptons de nombreux professeurs hauts gradés qui ont fait, avec le temps, un travail personnel sur leur karaté et ont décidé d'enseigner à leurs élèves la sensibilité qui leur correspondait le mieux. La densité des cours donnés en est la preuve ». Dense… le mot est faible face à la richesse du calendrier aussi. Depuis 2006, tous les deux ans en juin, Sainte-Maxime et Cavalaire accueillent la coupe mondiale de karaté féminin. Cette compétition préparatoire aux championnats du monde réunit une vingtaine de nationalités. Localement, la ligue de Côte d'Azur multiplie les interventions dans le milieu scolaire pour sensibiliser les jeunes de 6 à 14 ans. En mars dernier, plus de 800 enfants ont reçu un diplôme pour avoir participé à un stage d'initiation de karaté organisé au groupe scolaire de Nazareth à Nice. Côté solidarité, la ligue n'est pas en reste : le club varois de Six-Fours-les-Plages a mis en place en 2009 l'association « Un dojo pour Réo » qui collecte des fonds pour construire un dojo et envoyer des experts animer des stages dans ce village du Burkina Faso. Cher également à la ligue, le trophée éthique et fair-play. Chaque année, un club, un athlète, un arbitre ou un dirigeant est récompensé pour ses actions, ses résultats et son implication dans la communauté karatéka azuréenne. La dernière édition a honoré le club « Le petit samouraï » de Nasserdhine Aït-Ibrahim, père de Maud, Sarah et Nadège, combattantes de niveau national et international.

DES AMBASSADEURS DE MARQUE
La vice championne du monde 2010 +68 kg, Nadège Aït-Ibrahim « est l'une des grandes fiertés de la ligue, une remarquable athlète, la digne représentante de notre région, confie le président Puveland. Le karaté azuréen doit beaucoup à l'engagement de sa famille. C'est exceptionnel de les voir aussi investis, tous autant qu'ils sont ». Au-delà de l'engagement, courage et abnégation sont deux mots qui vont très bien ensemble pour caractériser un autre athlète de la Riviéra : Jordan Fonteney. Soutenu et entraîné par son professeur d'handi karaté, Jean-Louis Viscione, ce jeune toulonnais a reçu son 1er dan des mains de Francis Didier. La ligue compte donc des jeunes, des athlètes, des experts… et le plus âgé des licenciés de France ! Joseph Bertrand, 93 ans. Hervé Puveland se souvient : « J'ai commencé le karaté à 7 ans avec M. Bertrand à Châteauneuf de Grasse. C'est quelqu'un d'important dans mon parcours. Je me remémore encore son discours et ses conseils. Récemment, nous avons repris contact et j'ai eu l'honneur de lui décerner un trophée. Je le regardais avec mes yeux d'enfant. Admiratif et respectueux, je tremblais d'émotion face à lui ». Engagement, identité, développement et effervescence. Où les membres de la ligue puisent-ils autant d'énergie ? « En se couchant tard », confesse Richard Bovet. Ainsi, au pays des cigales et du mimosa, que les nuits blanches soient !

.LAURA CAUSANILLAS CURADO


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