N°42/ MAI 2011

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Championnats et coupe de France kata

Ambiance kata

Championnats de France kata minimes à seniors

Kata : tout est en place !

Championnats de France des ligues

La Provence et l'Essonne, c'est costaud !

Championnats de France juniors combat

Premiers billets pour la Malaisie

Formations 2011

Acte 1

City Raid

Le karaté engagé

Karaté scolaire

De l'avenir des compétitions UNSS

Grades, le bilan

Transmettre l'héritage, préparer l'avenir

la ligue Côte d’Azur

Sous l'Azur, des karatékas

Championnats de France traditionnels

Une première à Coubertin

Championnats de France vovinam

Les « monde » en ligne de mire

Open contact interdisciplines

Ils ont aimé le contact !

Open semi-contact interdisciplines

Place aux jeunes !

Hiroshi Aosaka

« Former de bonnes personnes »

Séquence de bunkaï « Tekki-Nidan »

avec Bernard Bilicki

Toutes les infos en direct

des ligues, des comités départementaux et des clubs

Francis Didier

« Progresser ensemble »

Johan Lopes

« Pour l'enseignement du karaté à l'école »


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Kata : tout est en place !

Championnats de France kata / Paris (Carpentier) / 5 et 6 mars 2011
Les outsiders attendus s'affirment. À seize mois des championnats du monde de Paris-Bercy, le kata français est déjà en ordre de marche.

En l'absence d'Yves Bardreau, retenu par une compétition internationale, c'est Ayoub Neghliz qui s'est acquitté avec beaucoup de sérieux de la tâche d'observateur fédéral sur ces championnats de France – aux côtés de Thierry Masci, responsable des équipes de France, et du Directeur Technique National Dominique Charré, toujours très attentif. Et le jeune entraîneur national s'est montré plutôt content de ce qu'il a vu : « On est agréablement surpris et très satisfait du niveau global des équipes qui se sont présentées. Le niveau est largement supérieur à l'année passée et avec vingt-quatre équipes féminines et vingt-et-une équipes masculines, on a le niveau de fréquentation d'un championnat d'Europe. C'est bien pour le karaté français et les clubs. C'est bien aussi pour les équipes nationales, car nous sommes attentifs à la possibilité d'intégrer éventuellement ceux qui se mettent en valeur. Quant aux individuels, on a vu dans l'ensemble la confirmation de ceux que l'on attendait ». Mais de qui s'agit-il ? Essentiellement, en l'absence des deux leaders seniors Minh Dack et Sandy Scordo, vainqueurs de la coupe de France de novembre 2010, d'une relève à ces deux-là, laquelle devait se montrer claire sur les intentions, fiable dans l'exécution. Mission accomplie. Deuxième de la coupe de France derrière Minh Dack, William Geoffray, garde un titre déjà récolté l'année dernière, en l'absence il est vrai des membres de l'équipe nationale. De ce bémol, il n'en est même pas question pour la jeune Corse Alexandra Feracci, elle aussi finaliste en novembre et championne en mars. Elle domine en effet Céline Chevallier en demi-finale et Sonia Fiuza en finale. À un an de l'entrée dans la dernière ligne droite pour un championnat du monde 2012 d'exception – en France et pour la première fois au Palais Omnisport de Paris-Bercy – ce championnat « de renouvellement » se devait d'être un brassage des cartes. Les jeux abattus, les jeunes loups sont parfaitement dans la partie avec de jolis coups de poker à jouer pour le futur. Et on peut même aller voir du côté des juniors avec le « coup de cœur » de ce championnat de France 2011, le très convaincant champion de France masculin juniors, Enzo Montarello qui pourrait bien créer la sensation dans les mois à venir tant sa maturité nouvelle a plu à la Halle Carpentier.
En équipes, le club montant, le Dojo Lantonnais de Christophe Boucher, confirme sa dynamique après ses deux victoires en cadets-juniors masculins et féminins de la coupe de France. Encore une fois présent dans les deux finales jeunes, il s'incline cette fois chez les filles devant le Mistral Elite, mais emporte la finale garçons. Quant au SKB d'Epinay-sous-Sénart, il emporte un nouveau titre masculin… un sans faute coupe-championnat depuis les championnats du monde de Tokyo (2008) ! Chapeau.

Les individuels
SENIORS MASCULINS
WILLIAM GEOFFRAY REPASSE EN MARCHE AVANT

À Pélussin, jolie commune à l'Est de St-Etienne, il y a environ 3 000 habitants, un château, un viaduc, et le Pélussin Gensei-ryu Club ou Chhouny Ao sensei dispense un enseignement rare ni « shoto » ni « shito », dont a visiblement bien profité William Geoffray. À le voir, peu disert et le cheveu court d'un étudiant japonais de première année, on ne dirait pas que ce jeune homme est un garçon pressé. Pourtant, champion d'Europe juniors en 2009, il est devenu en mars 2010, un très jeune champion de France de kata en seniors en battant Romain Lacoste dans une finale serrée. Depuis, ce technicien précis qui s'exprime avec des katas shito-ryu, s'est encore hissé en finale de la coupe de France 2010, ne cédant que devant le numéro un Minh Dack, « shito-ryu » en chef du karaté français. Une trajectoire rectiligne qui lui avait alors valu une sélection méritée pour les championnats d'Europe en catégorie « espoir » (moins de 21 ans), quelques mois avant ce championnat. Mais une défaite trop rapide avait soudain fait sortir le bolide de sa voie. Allait-il se perdre sur le bas-côté ?
Un peu crispé, le jeune homme pressé commence doucement son championnat. Le calme Geoffray craint « le retour des mauvais démons », déséquilibres fatals, perte de confiance, qui l'avaient atteint à Novi Sad. Il se hisse quand même en finale et y retrouve un autre « shito » souvent classé, mais pour la première fois à ce niveau, le Francilien Nicolas Chahoud. Le « Chatanyara » puissant de ce dernier ne trouve pas de faille dans celui du technicien de Pélussin soudain redevenu lui-même, impressionnant de « kime », compact, impeccable. Quatre drapeaux à un pour William Geoffray. Remis dans l'axe, le voici bien reparti. L'étape en vue : les championnats du monde espoirs en novembre.

SENIORS FÉMININES
FERACCI IMPÉRATRICE À VENIR ?

Dans son île de Corse où ses parents sont rois (ou au moins président de la ligue pour son père Jean-Michel), Alexandra Feracci fait figure de jeune princesse du karaté et semble s'en aller tout droit vers un destin d'impératrice. Retour sur une prise de pouvoir souriante et sans faute : on la découvre sur un premier éclat, un titre de championne d'Europe juniors 2009. L'année précédente, en mars 2008, elle n'est pourtant encore que troisième du championnat de France… minimes. Mais en novembre de la même année, elle gagne déjà la coupe en juniors avant ce titre européen en janvier 2009. En mars, c'est déjà un deuxième titre national qu'elle ajoute à ses trophées, avant une médaille aux championnats du monde en novembre ! Il restait de la place pour l'or d'une coupe de France. 2010 ? L'aura de ce nouveau et brillant talent devient aveuglante. Médaillée une nouvelle fois en Europe en février, elle emporte un nouveau titre national en mars. En septembre… elle fête ses 18 ans. Pourquoi perdre du temps ? En novembre, la princesse corse passe aux choses sérieuses et arrive en finale de la coupe de France seniors ! Seule la reine Sandy Scordo garde de la marge sur elle. 2011 ? Une nouvelle étape : un championnat d'Europe espoirs en février lui permet de s'étalonner, et elle s'y classe troisième. Ce championnat de mars est l'occasion de marteler le message. Si la reine n'est pas là, les dauphines ne sont pas venues pour tenir la traîne à la jeune prétendante et compte bien la faire douter un peu. Mais, cette fois encore, Alexandra Feracci impose son naturel. Sans stress apparent, elle déroule un karaté shito-ryu clair et présent comme une évidence. Céline Chevallier vacille en demie et prend un 5-0 sans phrase. Sonia Fiuza revenue de blessure, passe à l'énergie (3-2) sa camarade d'équipe Clotilde Boulanger, mais son kata Unsu volontaire n'entame pas le Chatanyara Kushanku rayonnant de la technicienne corse, récompensée d'un nouveau 5-0. Elle n'a pas perdu un drapeau de la journée. Les championnats du monde -21 ans l'attendent. Pour ses rivales du jour, c'est le travail en équipe pour les championnats d'Europe seniors qui est devenu la priorité.

JUNIORS
LA (BONNE) SURPRISE MONTARELLO

Ça bouge ! Même pas classé à la coupe de France en novembre 2010, le champion cadets en titre, Geoffrey Monin, bat le champion juniors sortant et vice champion d'Europe, Rabah Selmani, sur un déséquilibre adverse, mais aussi en démontrant d'énormes progrès. Mais l'homme du jour, c'est le Provençal Enzo Montarello. Finaliste en cadets en 2010 derrière Geoffrey Monin, ce technicien brillant, plus ferme, plus puissant, passe Ahmed Zemouri en quart (4-1) et Harinjaka Presto, vainqueur de la coupe de France 2009 et finaliste en 2010 par 5-0. En finale, son Goju Shiho Dai ne laisse aucune chance au Unsu de son adversaire. « J'ai travaillé la fluidité, la rapidité et l'ancrage au sol. Ce que je vise désormais, c'est l'équipe de France ». En affichant au bon moment une maturité toute neuve qui valorise son beau karaté, il ne fait aucun doute qu'Enzo Montarello a réussi ce premier défi. Une intrusion superbe à suivre de très près. Chez les féminines, Jessica Hugues championne de France cadettes 2009 et 2010, battue en demi-finale de la coupe de France par Emeline Joujou prend une belle revanche. Elle exécute un très joli Gankaku tout en solidité dans les appuis et bien rythmé, qui contraste avec un petit manque de tonicité du côté d'Emeline Joujou.

CADETS
CATTO EN LEADER

On est dans la continuité chez les cadets. Au sortir des minimes, l'Orléanais Jeffrey Catto, déjà vainqueur de la coupe de France devant Christ Signavong, récidive ! Malgré le karaté impeccable de l'école « Signavong » c'est lui qui l'emporte en costaud. Décidément, c'est le temps des précoces. La technicienne du Mistral Elite Marie Hervas était championne de France minimes l'année dernière et Pauline Bouchet du Dojo Lantonnais, troisième. Mais c'est Pauline Bouchet qui emportait la coupe de France cadettes en fin d'année, tandis que Marie Hervas était troisième. Elles se retrouvent cette fois en finale. Marie Hervas, qui a manifestement pris de l'autorité en étant titulaire dans l'équipe avec deux juniors pour les championnats d'Europe, propose un « Unsu » tout en élégance et Pauline Bouchet un Gankaku « valdésien » qui pouvait emporter le morceau si elle ne s'était pas déséquilibrée elle-même au moment du Kiai. Du coup, Hervas l'emporte 4-1.

MINIMES
BUI DANS LA CONTINUITÉ

« Bis repetita » pour les jeunes filles de cette catégorie d'âge : Noémie Goze, une « puce » au karaté shotokan élégant, pilier d'un club en forme, le Mistral Elite de Villeneuve les Avignon est une nouvelle fois en finale après la coupe de France, mais une nouvelle fois battue par la tonique et « guerrière » Shotokan Lila Bui - petite sœur de Marie Bui, troisième en juniors – pilier du Annec Dojo. Champion de France en titre, mais seulement cinquième de la dernière coupe de France, le Lorrain Alexandre Mouton montre un karaté pur avec d'excellents appuis, mais plus tonique, plus grand et auteur d'un très beau saut final sur son « Enpi » le finaliste de la coupe de France Sorey Morassi lui arrache un drapeau décisif. 

Les équipes
SENIORS MASCULINS
ÉPINAY FOREVER ?

Pour les hommes, Epinay-sous-Sénart donne le « la » depuis maintenant plusieurs années. Présent avec son « Élite » ou juste avec l'équipe de club, il ne laisse que les miettes. Yohan Eyraud, Pierrot Heinz et Arnaud Romain du SKB « Élite » présentent un bunkai original, spectaculaire, mais pas trop, avec de grosses séquences d'application. La voie à suivre pour les cadets-juniors, dictée par les hommes d'Yves Bardreau.
Chez les féminines, le club alsacien d'Horbourg Wihr, emmené par les deux sœurs Carbonnel, domine depuis la coupe de France. Cette fois, leur bunkai recherché dans lequel on trouve de belles techniques de clé de jambe fait pâlir le travail toujours bien léché du SIK Paris.

CADETS-JUNIORS
LE DOJO LANTONNAIS TOUJOURS LÀ !

Les équipes de Lanton (Aquitaine) avaient triomphé à la coupe de France. L'équipe masculine montre de gros progrès et survole sa finale, une nouvelle fois contre les Aquitains des Arts Martiaux Villenavais, avec un kata maîtrisé et un bunkai spectaculaire.
En revanche, l'équipe féminine avec Pauline Boucher en capitaine, est tombée sur un os. À cause de quelques erreurs de précision et peut-être d'un peu de fatigue, mais aussi par la montée en puissance des très jeunes filles du Mistral Elite, la minime Noémie Goze et les cadettes première année Élisa Peltier et Marie Hervas. Un groupe séduisant et précoce..

TEXTE : E. CHARLOT / PHOTOS : D. BOULANGER


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