N°41/ MARS 2011

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Open de Paris 2011

Paris 2012, acte 1, scène 1

Open de Paris

Des cigales et un Grillon !

Championnats d'Europe
cadets-juniors-seniors

Trois titres et des regrets

Interview de Louis Lacoste

« Tout s'est joué dans le vestiaire ! »

Cérémonie des vœux

Yoshinao Nanbu, nouveau 9e dan

Le karaté en milieu scolaire

De retour à l'école

La réforme des diplômes

Les enjeux du nouveau Diplôme d'État

Professeurs de clubs

Quand l'engagement prend son sens…

La ligue de Picardie

Les copains d'abord

Arts Martiaux Vietnamiens

Ça bouge dans les AVM !

Le kempo

Une philosophie du combat

Patrice Belrhiti

« Le karaté, un cadre pour l'idéal »

Attaque en shome-uchi / Défense en kata-ha-jime

avec Mamoun Bidon et Vick Bhadye

Toutes les infos en direct

des ligues, des comités départementaux et des clubs

Assemblée générale

Les feux sont au vert

Formalisme ou réalisme ?

Avec Serge Devineau

Kenji Grillon

« Devenir journaliste sportif »


EN VIDÉO

Les meilleurs moments
des finales !


Coubertin, côté coulisses


L'interview de Chantal Jouanno


LES VAINQUEURS :

 

Kata féminin Rika Usami (JPN)
-50kg F Emily Thouy (FRA)
-55kg F Maeva Samy (FRA)
-61kg F Lamya Matoub (FRA)
-68kg F Tiffany Fanjat (FRA)
+68kg F Nadège Aït-Ibrahim (FRA)
Open F Vanesca Nortan (NED)


Kata masculin Antonio Diaz (VEN)
-60kg M Amir Mehdizade (IRI)
-67kg M Juan Pena (VEN)
-75kg M Kenji Grillon (FRA)
-84kg M Gogita Arkania (GEO)
+84kg M Martin Nestotovski (FYR)
Open M Kenji Grillon (FRA)

 


PAROLES
DE VAINQUEURS…


Antonio Espinos

Le président de la Fédération Mondiale de Karaté se réjouit d'avoir choisi Paris…

« Un bon lancement
pour la Premier League »

« Le bilan de la première étape de la Premier League est très positif. C'est une grande réussite d'avoir choisi l'Open de Paris pour débuter ce nouveau circuit mondial. Ainsi, tout le monde va connaître plus rapidement la Premier League. Elle va être complémentaire à nos autres championnats officiels. Nous avions ce projet de compétition depuis très longtemps. Il y aura encore deux étapes de la Premier League cette année. En 2012, il y en aura six en tout. L'année 2011 va servir à consolider, ajuster, perfectionner cet événement. »


WKF Premier League

La Fédération Mondiale souhaite dynamiser son circuit de compétition et met en place sa Premier League dont l'Open de Paris a donné le coup d'envoi. À terme, 6 à 10 compétitions annuelles devraient faire partie du circuit, qui permettra aussi d'établir un classement mondial et verra l'attribution de primes aux médaillés (500€ pour l'or, 300€ pour l'argent et 150€ pour le bronze). « Une étape importante vers le semi-professionnalisme » selon Francis Didier.

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Des cigales et un Grillon !

Open de Paris 2011 / 15-16 janvier 2011 à Coubertin
Avec cinq médailles d'or pour les féminines tricolores, le karaté féminin français amène de la chaleur en ce début de saison, s'affirme pour la suite et confirme son titre mondial. Chez les garçons, Kenji Grillon fait le doublé.

L'Open de Paris est désormais la compétition d'ouverture de l'ambitieux projet de la fédération internationale : la Premier League (voir par ailleurs). Un projet qui verra dès l'année prochaine un nombre record de combattants s'inscrire pour s'affronter à Coubertin, selon les responsables de la WKF. Si, cette année, quelques « pointures » étaient encore manquantes, le niveau était néanmoins plutôt dense dans la plupart des catégories et la performance française significative. Avec sept médailles d'or en combat (six en argent et huit en bronze), la France se place largement première nation et affirme une autorité naissante… au moins sur les féminines, puisque cinq de ses sept médailles d'or sont à mettre à leur actif. Mieux encore, si les leaders un peu fatiguées pointent néanmoins à l'heure, comme Tiffany Fanjat (1re en -68 kg) ou Nadège Ait-Ibrahim (1re en +68 kg) – mais pas Lolita Dona, battue deux fois dans le week end d'un petit point par une Autrichienne et une Néerlandaise –, ce sont surtout les plus jeunes, issues même parfois du niveau « France Elite » (le groupe numéro deux derrière le groupe France), qui s'affichent avec l'insolence que les entraîneurs attendent d'elles. Ainsi en est-il de Lamya Matoub (groupe France, 1re en -61 kg), Emilie Thouy (groupe France, 1re en -50 kg), qui prend tranquillement la finale à la médaillée mondiale Betty Aquilina, ou Maëva Samy (groupe France Elite, 1re en -55 kg). Autre grande satisfaction du week-end, mais plus individuelle : le -75 kg Kenji Grillon, qui sauve à lui tout seul l'honneur des masculins en gagnant à la fois dans sa catégorie et en « Open ». Un doublé rare qui rappelle opportunément que le champion du monde universitaires 2010, qui fut il n'y a pas si longtemps champion du monde cadets (2007) et vice champion d'Europe juniors (2008), est un espoir français de la plus belle eau.

METTRE LES MASCULINS EN DIFFICULTÉ
« On a aujourd'hui un groupe féminin d'excellente qualité, analysait Dominique Charré, le Directeur Technique National. Elles ont tout gagné sauf la catégorie Open. Ce qui est plaisant, c'est aussi la manière, avec notamment deux très belles finales franco-françaises disputées.»
Si la présence française est constante sur l'ensemble des podiums masculins, la modestie du nombre des médailles d'or (deux), à comparer par exemple aux quatre belles médailles d'or masculines en 2010, démontre que le travail à faire est encore important. « Le niveau était variable. Il n'y avait pas les Italiens, les Azéris, ni les Serbes, souligne Thierry Masci, responsable de l'équipe. Ce n'est pas le plateau d'un championnat d'Europe, mais c'est intéressant et une bonne base de travail. Ces combats vont leur servir. Ceux qui relèvent la tête seront sélectionnés pour aller en stage en Iran, où ça va être très chaud. On a besoin de les mettre en difficulté pour les amener plus loin. »

DES JEUNES QUI S'EXPRIMENT
Si la finale des +68 kg sentait bon la classique opposition entre deux des leaders de la catégorie, Nadège Aït-Ibrahim et Ruth Soufflet (déjà contestée par l'espoir Marie Prouille en demie) et se terminait par un petit 1-0, les deux autres grandes internationales françaises parvenues en finale dimanche, Betty Aquilina (-50 kg) et Tiffany Fanjat (-68 kg) se voyaient bousculées par des jeunes combattantes bien décidées à leur prendre leur sceptre des mains. Battue 4-2 par une Emily Thouy tout en agressivité et en confiance, avec deux points décisifs dans les trente dernières secondes, Betty Aquilina repart sans le sien et devra un peu s'activer pour faire oublier l'excellente prestation de sa jeune rivale. Quant à Tiffany Fanjat, c'est d'un majestueux ura-mawashi dans les dernières secondes qu'elle reprenait l'avantage à Sonia Fromager, qui l'avait touchée deux fois au visage (la seconde avec trop d'impact). Belle réaction de championne, mais grosse impression de la protégée de Gilles Cherdieu et de Laurence Fischer. La veille, deux jeunes intenables avaient cette fois repoussé les Japonaises à la mer : Lamya Matoub (-61 kg) réglait la question posée par une championne d'Asie juniors 2008, Yu Miyamoto, d'un superbe mawashi-geri en sortie d'enchaînement. Quant à la véritable surprise du week end, Maëva Samy (-55 kg) elle infligeait un 4-0 assorti là encore d'un mawashi-geri éclatant au visage à la jeune Fujii Ryo. Un combat contrastant totalement avec deux premiers tours laborieux. « Elle a douté d'elle, mais elle est en train de revenir », confiait son professeur. Et même sur un bon rythme.
Chez les garçons, on était plus discret, mais la jeunesse s'est quand même faite remarquer, notamment par Anthony Gillet (3e en -67 kg) qui faillit bien pousser William Rolle dehors en demi-finale avant d'être disqualifié pour sortie de tapis. Troisième également, le jeune médaillé européen des -21 ans au nom prestigieux, Mickaël Serfati (-84 kg), marque lui aussi des points. Il ne perd qu'aux drapeaux en demie face au vainqueur du jour, le Géorgien Gogita Arkania.

GRILLON FRAPPE 2 FOIS
Il ne fut pas toujours flambant le deuxième jour, et c'est bien normal, mais c'est Kenji Grillon, déjà vainqueur en -75 kg, qui s'extirpait sans faute d'un combat très fratricide mené par les Français dans la catégorie Open. Ibrahim Gary sortait en effet successivement William Rolle (2-0), Jean-Christophe Taumotekava (3-0), Florian Malguy (1-0). Quant à Kenji Grillon, s'il écartait seulement Nadir Benaissa (1-0), l'un des meilleurs combattants français du week-end, c'est lui qui dictait le cours de la finale face à Gary avec une belle lucidité tactique pour l'emporter clairement aux drapeaux. La veille, il avait été plus saignant, avec notamment un très beau mawashi-geri d'entrée en poursuivant son adversaire, placé en finale contre l'Iranien Said Hassanipour (de son nom… complet, Hassanipoursefatazgomi !), champion du monde cadets 2005, champion d'Asie juniors 2008.
Deux journées contrastées, deux facettes d'un même vainqueur, le fougueux et le tactique, et treize combats gagnés en deux jours. De quoi mettre ce grand espoir français sur de bons rails.

LE KATA EN ARGENT
Il y avait de la revanche dans l'air pour les deux titulaires des derniers championnats du monde, en kata, Sandy Scordo pour les féminines et Minh Dack chez les garçons. En effet, alors que la jeune Alexandra Feracci était battue 3-2 par la Monténégrine Radulovic, Sandy Scordo faisait un parcours brillant en battant rien de moins que la championne du monde Yohanna Sanchez, puis l'excellente Egyptienne Assem, avant de retrouver en finale celle qui l'avait sortie aux derniers championnats du monde d'un drapeau, la Japonaise Rika Usami, ancienne championne du monde juniors et troisième des derniers championnats du monde. Nette et précise, la Japonaise emportait les cinq drapeaux. Quant à Minh Dack, s'il abandonnait deux drapeaux au Turc Caliskan, il se hissait en finale contre le champion du monde Antonio Diaz, tombeur de Valdesi, qui lui infligeait un 5-0 d'une formidable densité. Ironie du moment, Minh Dack revenait tout juste des USA où il avait passé trois semaines chez Javier Mantilla… l'entraîneur de Diaz. « Il a besoin de cela pour se donner le sentiment d'avancer », explique l'entraîneur Yves Bardreau. « Je le trouve bien, même si la comparaison avec Diaz le fait apparaître un peu plus raide, un peu trop dans les épaules. Quant à Sandy, elle a été excellente dans son tour contre l'Egyptienne et elle n'est pas si loin en finale malgré le score. C'est une bonne compétition de reprise pour les deux. »

ROLLE, À LA « PENA »
Il n'aurait pas fallu grand chose pour que cet « Open de Paris 2011 » bascule en triomphe. Dans le sillage des filles, encore une fois les garçons sont à la traîne. Si le beau ura-mawashi de Jean-Christophe Taumotekava sur le Néerlandais Petersen avait suffi – mais le Français fut poussé habilement à la disqualification par « Baby Face » –, si Nadir Benaissa (après avoir sorti Florian Malguy par 1-0) n'avait pas été stérile en attaque en finale des +84 kg contre l'attentiste Macédonien Nestotovski… enfin si William Rolle n'avait pas été disqualifié en finale des -67 kg ! On aurait mis Paris en bouteille.
William Rolle est pourtant un habitué de l'or à cet Open, qu'il a gagné trois fois de suite. Cette fois encore il s'était frayé un chemin avec sérieux dans un tableau largement à sa portée : 5-0 contre le Mexicain Carillo, 7-0 face au Danois Balshoel, 4-0 sur l'Autrichien Pokorny, disqualification du Français Gillet… En finale, il rencontrait un combattant nettement plus brillant, et même vice champion du monde… mais en 1998 ! Le Venezuélien Pena avait perdu cette fois-là, en d'autres temps, contre Alex Biamonti. Il devait perdre aussi contre William Rolle, qui commençait par un premier point efficace au visage. Mais tout basculait ensuite : Rolle contrôlait mal une belle attaque et se faisait lourdement sanctionner. Le coup suivant, c'est Pena qui attaquait et touchait le Français avec un bruit sourd. William Rolle s'écroulait et se relevait trop lentement pour la règle des dix secondes. Verdict dans l'œil du médecin… lequel assurait ne pas constater de traces significatives – la vidéo montre en effet une frappe à la gorge qui ne fut sans doute pas agréable à subir, mais ne pouvait occasionner de KO. Dans ces conditions, c'était le Français qui se voyait disqualifié dans son jardin…

ARKANIA, UN RETOUR
En plus d'avoir un nom digne d'un dessin animé japonais des années 80, Gogita Arkania est Géorgien et vainqueur de la catégorie des -84 kg, en dominant avec aisance, tout en vivacité, le double champion d'Europe en titre, le Néerlandais Petersen. L'intrusion d'un nouveau pays au meilleur niveau ? Oui et non. Non, car la Géorgie ne semble pas être capable d'une performance collective, même si on voit apparaître quelques noms finissant en « shvili » chez les jeunes pas si loin que cela des podiums. Non car Monsieur Arkania n'est pas un inconnu. Il est passé à la postérité en finissant sur le podium des championnats du monde 2008, catégorie Open. Oui, car si on ne l'avait plus trop revu depuis, il paraît aujourd'hui, à 27 ans, revenir en pleine forme avec une victoire solide à Paris et un beau 6-0 dans un tournoi à Moscou contre la référence, l'Azéri Aghayev. À suivre donc.
Autre combattant à surveiller : l'inconnu iranien Amir Mehdizadeh. Il emporte le tournoi (en battant par 2-0 au deuxième tour le Français Johann Lopes 3e, comme Sofiane Ainine, battu 1-0 par l'autre finaliste). En finale, sa mobilité triomphe de la pression efficace d'un autre danger d'avenir, le Letton Kalnins, champion d'Europe cadets 2009, vice champion d'Europe -21 ans la même année (battu par le Français Freddy Ichane) et déjà troisième des championnats du monde 2010 ! .TEXTE : L. CAUSANILLAS CURADO, O. REMY, K. BOSI, E. CHARLOT / PHOTOS : D. BOULANGER

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