N°41/ MARS 2011

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Open de Paris 2011

Paris 2012, acte 1, scène 1

Open de Paris

Des cigales et un Grillon !

Championnats d'Europe
cadets-juniors-seniors

Trois titres et des regrets

Interview de Louis Lacoste

« Tout s'est joué dans le vestiaire ! »

Cérémonie des vœux

Yoshinao Nanbu, nouveau 9e dan

Le karaté en milieu scolaire

De retour à l'école

La réforme des diplômes

Les enjeux du nouveau Diplôme d'État

Professeurs de clubs

Quand l'engagement prend son sens…

La ligue de Picardie

Les copains d'abord

Arts Martiaux Vietnamiens

Ça bouge dans les AVM !

Le kempo

Une philosophie du combat

Patrice Belrhiti

« Le karaté, un cadre pour l'idéal »

Attaque en shome-uchi / Défense en kata-ha-jime

avec Mamoun Bidon et Vick Bhadye

Toutes les infos en direct

des ligues, des comités départementaux et des clubs

Assemblée générale

Les feux sont au vert

Formalisme ou réalisme ?

Avec Serge Devineau

Kenji Grillon

« Devenir journaliste sportif »



La Ligue de Picardie en chiffres, saison 2009-2010

4484 licenciés dont 1347 femmes, 4,7% mini-poussins, 10,9% poussins,14,3% pupilles, 12% benjamins, 7,8% minimes, 5,2% cadets, 4,1% juniors et 41% seniors. 119 clubs. 451 ceintures noires dont 258 1er dan, 94 2e dan, 58 3e dan, 25 4e dan, 13 5e dan, 3 6e dan et 1 7e dan.


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Les copains d'abord

ZOOM SUR : La ligue de Picardie
Au départ, il s'agit d'une bande d'amis. Au final, c'est la ligue de Picardie qui est régie. Coulisses d'une organisation où esprit d'équipe et convivialité sont de rigueur.

PICARDIE, QUI ES-TU ? L'aventure karaté commence en Picardie en 1975, sous la houlette de Claude Soubrillard, judoka. En cette période de réforme des départements, le karaté en Picardie souffre d'un problème d'identité et de reconnaissance interne. Le nombre de travailleurs s'accroît sur le territoire, mais personne ne s'installe ni ne s'implique dans la vie sportive de la région. Fin des années 80, Marcel Mottet prend cette situation à bras le corps, lance une campagne de communication et restructure le personnel. « Par son investissement personnel, il a su redresser la barre et rendre ses lettres de noblesse au karaté en Picardie, affirme Philippe Dherbecourt, actuel président de la ligue. Tout le monde a regretté les circonstances qui ont amené sa démission à mi-mandat en 2006. Aujourd'hui membre de la ligue et ex-responsable des sports de la ville de Compiègne, il est l'un des piliers du karaté dans notre région, et celui qui a su me mettre le pied à l'étrier ». Il se souvient encore : « Je n'étais pas destiné à être président. À la base, je suis un touche à tout, un technicien dans l'arbitrage, les grades, investi dans l'école des cadres… Mes débuts à la tête de la ligue ont été houleux, j'ai été en intérim pendant deux ans. Les membres de l'équipe dirigeante et moi nous sommes accrochés, investis et épaulés. Si aujourd'hui j'assume pleinement mes fonctions, c'est avant tout grâce à eux. »

UNE AMiTiÉ DE 30 ANS Dans l'organigramme de la ligue, point de membres… mais des compagnons de route. « Notre staff, c'est une bande de potes, reconnaît, touchant, Jean-Jacques Hazard, responsable des grades. On s'appelle toutes les semaines. Quand on doit se dire quelque chose, on le fait sans tabous, de façon franche mais sans heurts ». Philippe Dherbecourt et Jean-Marie Roger, trésorier, partent même en vacances ensemble en Corse : « Nos liens sont forts, assure le trésorier. L'année nous faisons évoluer ensemble le karaté et l'été, on pêche dans l'île de beauté ! ». Depuis 1998, tous ces grands garçons se reposent sur « la cheville ouvrière de la ligue », Marianne Duval, secrétaire, venue au karaté grâce à son fils : « En tant que seule salariée de la ligue, je gère au quotidien le courrier, les relations avec les clubs, les livrets des licenciés et l'organisation des compétitions. Je pratique ainsi le karaté à ma façon… derrière le bureau ! Même si je ne porte pas le kimono, je m'investis comme je peux. Par exemple, pour m'adapter au logiciel des passages de grades, je n'ai pas hésité à suivre une formation avec Pierre Bichard Bréaud, aux côtés de Jean-Jacques Hazard ». Depuis trois ans, l'objectif prioritaire de la ligue est ainsi de former en interne le maximum d'élèves et d'enseignants à la nouvelle réorganisation des passages de grades, grâce notamment à l'intervention de Jean-François Tisseyre, expert fédéral. Cette campagne de communication a permis de réaliser au minimum trois passages de grades par an dans chaque région.

SAINT-QUENTIN, LE FIEF La cohésion du groupe dirigeant a atteint son paroxysme en 2008 avec la rencontre France-Japon à Saint-Quentin. « Ce projet de grande envergure nous a permis de nous rapprocher de la Fédération et de prouver que la Picardie était capable de se démener pour organiser un événement important. Nous souhaitons réitérer cette expérience, révèle Jean-Jacques Delville le directeur technique. Fin novembre 2010, nous avons aussi accueilli la coupe de France seniors à Saint-Quentin, où est implanté notre siège. Il a fallu six mois pour tout organiser. Xavier Bertrand (maire de la ville et alors ministre de la santé, NDLR), karatéka lui-même, s'est beaucoup investi pour que nos projets soient menés à bien. Il y a aussi des personnalités qui nous ont apporté leur soutien comme Ludovic Cacheux ». Forte de son dynamisme, la Picardie organise des compétitions réunissant près de 200 jeunes combattants chaque année : le tournoi des trois saisons (au printemps, en été et en hiver), ouvert aux pupilles et aux benjamins, où tout le monde repart avec une médaille et s'initie à la compétition et à l'arbitrage ; la coupe des samouraïs, pour ces mêmes catégories qui, sur un parcours de cibles, veulent travailler leur axe coup de poing/coup de pied et le tournoi des champions, qui réunit les enfants de six clubs différents. La grande fierté de la ligue reste les trois jeunes du Pôle France, une fille et deux garçons, chacun natif d'un département différent, qui sont tous montés sur le podium lors de la coupe de France juniors fin 2010 à Nantes. De plus, deux athlètes picards étaient en lice aux championnats d'Europe : Lou Lebrun en cadets et Chloé Guitard en juniors. Chez les adultes, vingt athlètes picards ont été sélectionnés par des entraîneurs régionaux pour participer le 8 janvier dernier à une rencontre internationale à Douai (Nord). Un haut niveau en pleine croissance, auquel l'arbitrage doit désormais se mettre au diapason.

L'APPEL DE L'ARBITRAGE Michel Cavalli, responsable de l'arbitrage et ancien adversaire sur les tapis de Jean-Jacques Delville, aime répéter aux jeunes karatékas que l'arbitrage peut être l'une des autres voies du karaté. « Notre ligue dispose encore de trop peu d'arbitres, déplore-t-il. Nous sommes cinq de niveau national (Philippe Dherbecourt, Jean-Jacques Hazard, Omar Dahmani, Romain Agrare et lui, NDLR), mais aucun à l'international. Il faut sensibiliser les jeunes le plus tôt possible pour qu'ils assurent la relève de notre génération. J'explique cela par notre faible nombre de compétiteurs. Si les jeunes n'assistent pas à de grandes compétitions, ils ne voient pas d'arbitres à l'œuvre et donc ne peuvent porter de l'intérêt à cette fonction. Mais je ne désespère pas. J'invite les clubs à réaliser des stages où est expliquée la nouvelle réglementation, plus intéressante visuellement pour le public et plus facile pour le compétiteur. Seuls six arbitres, minimes et cadets confondus, ont répondu pour le moment à l'appel ». Parmi ces jeunes, s'il ne fallait en citer qu'une, ce serait Sarah Tran, 15 ans, vainqueur en 2008/2009 du concours des jeunes arbitres en kata. Autre figure emblématique de la ligue, Jean-François Grégoire, responsable de l'handi-karaté. Médecin, artiste et écrivain, cet amoureux d'arts martiaux fut victime d'un accident vasculaire cérébral en 2005. Combatif et passionné, il s'implique depuis deux ans dans le handi-karaté où il « aime faire part de son expérience lors d'animations, de cours, de discussions et de démonstrations dans diverses institutions. La pratique régulière des arts martiaux depuis mon enfance me permet aujourd'hui de m'investir dans ces missions et mon combat au quotidien. J'ai envie de partager cela ».

PAS DE RELÂCHE La bonne humeur ambiante de la ligue et l'esprit de solidarité ne s'entachent jamais face aux obstacles rencontrés. « Le point à améliorer aujourd'hui est sans conteste l'aspect financier, soulève Jean-Jacques Hazard. Chaque jour il faut faire attention au budget. Nous avons les idées, mais nous manquons de moyens. Chaque membre de l'équipe cherche de son côté des sponsors, propose des manifestations, rencontre des partenaires et peaufine les relations avec le Conseil Régional ». « Je me rends compte que nous devons nous serrer la ceinture quand j'établis les dossiers prévisionnels de demande de subventions, explique Jean-Marie Roger. Je dois anticiper les dépenses des stages et des championnats. » Picardie, pays de karaté, taïjitsu et yoseikan, qui l'eut crû ? Comme dirait l'autre, « Que ça continue encore et encore, c'est que le début, d'accord, d'accord… ».LAURA CAUSANILLAS CURADO


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