N°40/ DÉCEMBRE 2010

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Championnats du monde 2010

La Serbie avant Paris

Championnats du monde seniors

Le « girl power » montre le chemin !

Coupes de France kata et espoirs combat

Les jeunes à l'épreuve

État des lieux du karaté mondial

L'ouverture continue

Chantal Jouanno

Une ministre karatéka

Les experts japonais

Les absents ont eu tort !

La ligue du Val-de-Marne

La cinquantaine rayonnante !

École Hâu Quyên

Dans la tradition du roi des Singes

Taï-jitsu

Parole à la (self) défence

Giovanni Tramontini

« Le Karaté, une arme à double tranchant »

Enchaînement goju-ryu

avec Zeneï Oshiro

Toutes les infos en direct

des ligues, des comités départementaux et des clubs.

Le karaté, entre sport et tradition

par Serge Devineau

Lolita Dona

« Je suis impulsive ! »



La ligue du Val-de-Marne en chiffres, saison 2009-2010

4739 licenciés dont 1309 femmes 14% poussins, 13,5% pupilles, 11,5% benjamins, 8,5% minimes, 6% cadets, 4,5% juniors et 42% seniors. 79 clubs. 340 ceintures noires dont 177 1er dan, 68 2e dan, 55 3e dan, 17 4e dan, 16 5e dan, 4 6e dan, 2 7e dan, 1 8e dan.


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La cinquantaine rayonnante !

La ligue du Val-de-Marne
À la fois tenante d'un esprit traditionnel et animée par une équipe résolument tournée vers l'avenir, la ligue du Val-de-Marne fait référence. Visite guidée.

ILS PARTIRENT CENT… En 1957, à l'heure où le Japon organise ses premiers championnats nationaux de karaté, Jacques Dupré s'entraîne à la Montagne Sainte-Geneviève. Il y obtiendra son 1er dan, avant de créer, dès 1961 le premier club de karaté du Val-de-Marne, à Nogent-sur-Marne. Le départ de l'aventure est donné, il comptera sur un passage en France du maître Tsutomu Oshima l'année suivante pour confirmer cette naissance. Dans la même période, le Judo Club du Perreux propose une entente à la section karaté de la maison de la jeunesse de Nogent-sur-Marne, le futur KC Nogentais. Georges Maniey, l'actuel président de la ligue du Val-de-Marne, se souvient : « Ça remonte un peu, sourit, celui qui est l'un des plus anciens licenciés du 94. J'ai rejoint l'aventure en 1965 et j'ai assisté à l'ouverture progressive de clubs dans le département, dont celui de Jean-Pierre Lavorato, dès 1966. » À la faveur de l'émancipation du karaté au milieu des années 70, qui quitte alors le giron du judo pour devenir fédération indépendante, le comité départemental du Val-de-Marne se lance sous la présidence de Jean-Claude Duchemin. Il compte en ce temps moins de cent licenciés et sa direction technique est confiée à Stéphane Rioland. Le tandem fonctionnera jusqu'en 1994, avant que Jean-Pierre Bergheaud ne prenne les commandes durant dix ans avec, à ses côtés, une grande partie de l'équipe actuelle. L'intermède d'un président en place durant quelques mois seulement, c'est Georges Maniey qui devient président en 2005. Mais la nouvelle dynamique de cette ligue étiquetée, à raison, « gardienne de la tradition » avec des techniciens emblématiques, a pris corps quatre ans plus tôt.

2001, L'ENTRÉE DANS UNE NOUVELLE ÈRE « 2001, c'est l'année du tournant pour le karaté dans le département, confirme le directeur technique de ligue Jérôme Frigout, en poste depuis 2008 après avoir été agent de développement de 2001 à 2007. Enfin, la ligue du Val-de-Marne a vu le jour avec les prérogatives attenantes (subventions, organisation des formations…) et aussi l'obtention d'un local au sein même du Comité Départemental Olympique et Sportif, ce qui nous permet d'avoir comme voisin d'autres ligues d'importance, olympiques, mais aussi le Conseil Général, la DDJS, etc. » De quoi contribuer à tisser un réseau et placer le karaté au centre du mouvement sportif dans ce département francilien. Grâce à un travail qui peut aussi s'appuyer sur la compétence de Jean-Louis Morel, l'expérience d'arbitre et de juge mondial du généreux Hugues Micholet, lui aussi ancien membre de l'équipe de France, ainsi que sur Angeline Lepresle. Embauchée en 2008 pour assurer la gestion quotidienne du secrétariat et plus largement des projets de développement, elle contribue aussi efficacement à dessiner la silhouette d'une ligue à la fois solide et élégante, très bien organisée. Son calendrier annuel, réalisé par Stéphane Walch, entraîneur à Maisons-Alfort, graphiste de profession « 90 kg de générosité derrière le mae-geri » sourient ses collègues —est là pour le rappeler. Envoyé à tous les clubs, il est aussi remis en mains propres à quelque 500 compétiteurs et 300 stagiaires chaque saison, par ailleurs un bon argument pour valoriser l'impact direct auprès des partenaires.

« LA LIGUE AUX 100 ACTIONS » C'est le slogan choisi pour démontrer l'impact et l'énergie déployés par les élus, les techniciens et les bénévoles de ce département. Soixante stages par an dont six ouvrant droit à la relation stage-grade, d'autres pour préparer le CQP, quinze avec des experts qui réunissent au bas mot 60 personnes. George Maniey précise la volonté « d'une sorte de formation continue », « pour continuer à aller chercher la richesse partout où elle se trouve, ne pas se scléroser, ce qui est très bien accueilli par les professeurs », insiste Jean-Louis Morel, responsable de la commission des grades. « À ces occasions, nous sommes tous aussi régulièrement en kimono, parce qu'on aime ça et parce que la crédibilité passe aussi par là », rappelle Georges Maniey qui aime aussi à rappeler que c'est « une attitude collective. » Des stages avec des experts fédéraux mais aussi avec Patrick Rault, Daniel Baur, François-Xavier Albertini… et un nombre impressionnant de compétitions. En s'appuyant sur la coupe de la Francophonie jusqu'en 2006 — à laquelle a succédé un stage international annuel — mais aussi la coupe des clubs organisée en octobre et qui trouve son rythme de croisière, une semaine handi-karaté, des interventions en milieu carcéral à la prison de Fresnes, les compétitions traditionnelles de ligue, le calendrier propose un vrai choix aux pratiquants de tous âges jusqu'en toute fin de saison. L'un des temps forts se situe en effet en juin avec les Jeux du Val-de-Marne. Une très belle vitrine pour la ligue — qui est l'une des trois ligues sportives représentées — pour sensibiliser un maximum d'enfants et de parents, quand on sait que la manifestation touche quelque 130 000 personnes.

UN LIEN FORT AVEC L'USEP Pour étoffer ses effectifs, la ligue, qui compte 4 700 licenciés dont 43% de seniors, mise en effet beaucoup sur les Scolajeux organisés dans le cadre de cette grand messe du sport val-de-marnais. « On estime de 3 à 5% le nombre de personnes qui viennent prendre une licence dans les clubs à l'issue de cet événement, explique Jérôme Frigout. Dans le même esprit, nous soignons notre partenariat fructueux avec l'Usep. Jusqu'en 2007, nous intervenions par ce biais dans les IUFM, ce qui nous a dispensé de l'agrément de l'Éducation Nationale et nous a permis de sensibiliser une centaine d'enseignants et d'enfants avec des modules de trois à quatre jours organisés dans les écoles et les collèges de Choisy, Valenton, Alfortville, Villeneuve-Saint-Georges… Soit quelque 450 enfants dans chacune d'elles. C'est vraiment un lien précieux, qualitatif, auquel nous portons beaucoup d'attention, même s'il ne doit pas nous faire oublier notre rôle d'aide auprès des clubs pour fidéliser ceux qui sont déjà licenciés. »

LE PROJET HAUT NIVEAU La ligue est également en train d'asseoir une équipe d'entraîneurs après avoir profité des expériences et des conseils successifs d'athlètes de premier ordre dont Soufiane Sankhon et Ludovic Cacheux, remplacé depuis 2009 par l'ancien international Rida Bel Lahsen, médaillé mondial par équipes 2002 et deux fois vice champion d'Europe combat. « Un vrai beau projet s'est mis en place avec des entraînements de qualité », résume Jérôme Frigout. Des interrogations en combat malgré une dynamique qui s'est engagée mais aussi en kata, dont Stéphanie Bel Lahsen, la femme du premier, a la charge.
« Une tâche aussi intéressante que difficile, poursuit le DTL. Il y a un seul élu national en kata et il est donc difficile de faire émerger une élite, même si le Val-de-Marne a vu passer, il n'y a pas si longtemps, Ayoub Neghliz, champion du monde par équipes en 2008 à Tokyo. » La solution ? Travailler sur la qualité et sur le long terme. « Stéphanie a mis en place un projet à partir des pupilles, relate Angeline. La ligue l'a soutenue dans cette démarche en organisant un Open où tous les poussins, pupilles et benjamins sont regroupés. »

ARBITRAGE ET GRADES : UN ENJEU Hugues Micholet, 7e dan, arbitre et juge mondial, est un des atouts précieux du jeu de la ligue, qui peut notamment s'appuyer sur lui pour être à jour sur les changements de règles. Expert fédéral, Jean-Louis Morel, également 7e dan, joue aussi ce rôle fondamental sur les grades, très attentif à faire passer le bon message auprès des professeurs : « Nous réalisons, avec Jérôme, de nombreuses synthèses des documents officiels afin que les enjeux et les nouveautés soient bien compris. Nous échangeons lors des réunions et stages informatifs de début de saison. Ma volonté, c'est aussi de mettre la relation au combat au centre de l'expression technique lors des passages de grades, au nombre de trois par an. Cela signifie un véritable accompagnement, beaucoup d'échanges, des propositions, des choses écrites, claires, pour comprendre ce que l'on fait sur le tapis, que chaque chose, chaque élément d'un kata doit servir à quelque chose de précis. » Un fonctionnement bien rôdé qui rayonne aussi d'une énergie vraie. La clé sans doute pour transmettre un héritage dans les meilleures conditions. .O.R. ET L.CC


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