N°40/ DÉCEMBRE 2010

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Championnats du monde 2010

La Serbie avant Paris

Championnats du monde seniors

Le « girl power » montre le chemin !

Coupes de France kata et espoirs combat

Les jeunes à l'épreuve

État des lieux du karaté mondial

L'ouverture continue

Chantal Jouanno

Une ministre karatéka

Les experts japonais

Les absents ont eu tort !

La ligue du Val-de-Marne

La cinquantaine rayonnante !

École Hâu Quyên

Dans la tradition du roi des Singes

Taï-jitsu

Parole à la (self) défence

Giovanni Tramontini

« Le Karaté, une arme à double tranchant »

Enchaînement goju-ryu

avec Zeneï Oshiro

Toutes les infos en direct

des ligues, des comités départementaux et des clubs.

Le karaté, entre sport et tradition

par Serge Devineau

Lolita Dona

« Je suis impulsive ! »


Philippe Vervynck,
Jean-Pierre Desrosiers,
RenÉ Batt

Ils ont dit…


Les membres
de la commission
nationale taï-jitsu

Michel Vignon, National Ile de France
Bruno Hoffer National, International Loïc Boisnault, Pays de la Loire Patrice Guillon, Normandie
Dominique Faguier, Normandie
Daniel Le Mer, Ile-de-France
Franck Couret, Ile-de-France
Pascal Burlion, Flandres Artois
Pascal Thibault, Flandres Artois
Georges Lamarque, Flandres Artois
Jean-Pierre Desrosiers, Provence
Jacky Albe, Provence
Philippe Vervynck, Aquitaine
René Batt, Lyonnais
Sylvain Guth, Alsace
Christian Bisoni Dauphiné, Savoie
Jacky Zamudio, Picardie

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Parole à la (self) défense

Taï-jitsu
Trente années passées que le taï-jitsu s'inscrit fidèlement dans le développement des disciplines de la fédération française de karaté. Un quasi anniversaire qui méritait bien un coup de projecteur. Bilan et perspectives avec quelques-uns des principaux acteurs d'une discipline qui a fait le choix d'une gouvernance collégiale avec une équipe soudée pour partager sa richesse.

UNE DISCIPLINE BIEN ANCRÉE Le taï-jitsu, ce sont 3 500 licenciés et 150 clubs répartis sur le territoire avec quelques bastions constitués par les ligues Flandres-Artois, Normandie, Provence, Ile-de-France, Picardie ou encore Pays de la Loire. « Le taï-jitsu a aujourd'hui la chance d'être représenté au sein des comités des ligues et des départements, grâce à des acteurs de terrain, des référents impliqués dans le développement général au niveau local et national, qui peuvent intervenir dans différents domaines », explique Michel Vignon. Responsable national de la discipline, il veut surtout promouvoir l'idée « d'un épanouissement réussi grâce à une gouvernance collégiale et démocratique. » « On se réunit chaque année pour faire le bilan des actions de l'année écoulée et on met tout au vote », insiste ce discret 5e dan, qui a toujours préféré la recherche technique et le plaisir de partager sur un tapis à la reconnaissance par les grades. Rattachée à la FFKaraté depuis la fin des années 70, la discipline est intégrée aux styles de karaté-jutsu depuis 1999. « Depuis plus de 30 ans, nous nous sommes inscrits dans la politique fédérale sans interruption, même quand il a fallu repenser certaines choses en profondeur, se remettre en cause, notamment à l'apparition du tronc commun dans les examens de grades », assure-t-il. La discipline est en effet gérée à tous les niveaux par de nombreuses personnes dans l'ombre qui ont la charge de l'organisation ou du programme informatique des compétitions et qui « nous permettent d'être autonomes et d'assurer le succès de ces manifestations ». Une pratique de self-défense claire, pragmatique, qui séduit chaque année un peu plus de licenciés, pas forcément d'ailleurs bien identifiés par les chiffres quand on sait que nombreux sont les taï-jitsukas qui pratiquent aussi le karaté. Quoi qu'il en soit, la forme de travail plaît.

DES PUBLICS TRÈS DIFFÉRENTS Le message « self-défense » est notamment bien perçu des femmes. Elles qui forment 15 à 20% des licenciés, mais dont les effectifs sont stables depuis quelques années, notamment parce que leur pratique « se heurte peut-être aussi parfois à la dimension physique exigeante. Pour elles, il faut encore davantage donner du sens, du pragmatisme à l'entraînement, presque à chaque geste ». Certaines ligues, grâce à une communication forte et originale, comptent même beaucoup de licenciés enfants, comme en Flandres-Artois ou en Provence. Mais au niveau national, ce sont plutôt des adolescents et des jeunes adultes qui forment le noyau dur des licenciés. « On a longtemps été à la mode et cela nous a permis de devenir la discipline de karaté jutsu qui compte le plus de licenciés », précise Michel Vignon. Qui poursuit : « On nous oppose parfois à tort au nihon taï-jitsu de Roland Hernaez, avec lequel nous avons d'excellentes relations, poursuit-il, mais notre conviction, c'est que chacun a quelque chose à apporter au débat technique, des réponses à la pratique. Personne ne détient la vérité, surtout pas nous. Les arts martiaux, le karaté, le taï-jitsu, c'est l'efficacité et la pluralité. Il y a plein de voies pour cela. La pratique est très riche, il faut être curieux. C'est l'idée que nous défendons d'ailleurs dans l'organisation du taï-jitsu en France, en nous déplaçant souvent dans les ligues ou les interrégions pour communiquer auprès des professeurs mais aussi prendre le pouls de leurs envies, de leurs besoins et afin qu'ils nous fassent eux-mêmes partager leurs expériences. » Si, en dehors des échanges réguliers avec le Luxembourg et la Belgique, la dimension internationale de la discipline reste mesurée, des contacts en Hongrie et au Portugal ayant avorté, c'est sur le territoire national qu'il faut trouver la trace de l'engouement pour le taï-jitsu. Les stages organisés en 2010 l'ont encore prouvé, en faisant le plein, à l'image, entre autres, de celui qui s'est tenu à Pornichet (Loire-Atlantique) en mai dernier et qui avait rassemblé plus de 120 personnes.

UN ÉVENTAIL TECHNIQUE RICHE Avec des formes de travail accessibles pour les débutants et des passerelles techniques simples pour les karatékas qui donnent accès à un éventail technique riche, à la fois très pragmatique dans son approche et complexe pour conserver et animer le patrimoine technique qu'il représente, le taï-jitsu s'est pleinement inscrit dans le projet global. « C'est aussi dans cette logique que nous avons simplifié ces dernières années les passages de grades afin de déterminer des objectifs plus clairs pour le pratiquant, explique Michel Vignon. La nouvelle réforme des grades va nous conduire à revoir à nouveau notre copie, d'autant que nous nous étions habitués à ce système d'épreuves. Nous revenons ainsi à la situation antérieure, ce qui, de toute façon, ne compromet en rien la progression technique que nous proposons, voire redonne une certaine logique vis-à-vis des pratiquants. »

DES SUPPORTS PÉDAGOGIQUES Les efforts fournis pour se structurer et se développer ont ainsi été soutenus par des supports pédagogiques qui font référence : mais aussi des supports en DVD dont le dernier en date consacré au programme officiel. Il propose aux professeurs de karaté l'ensemble de la progression technique en complément de leur entraînement traditionnel en club avec toutes les techniques de base par atémis, clés et projections, les trois katas de base et les trois katas supérieurs. « Ce programme est complété par des démonstrations de techniques de défense personnelle par de nombreux intervenants issus de la commission technique nationale taï-jitsu dont Pascal Burlion, Virginie Hus, Benoît Defives, Thomas Schmit ou encore Xavier Boire, souligne Michel Vignon. Chacun de ces pratiquants, de haut niveau tout de même, a des choses à montrer, à apporter. » Et pour que les clubs de taï-jitsu s'y intéressent et bénéficient de ce lien technique, le DVD a été envoyé à tous gratuitement. Des affiches spécifiques ont aussi été réalisées et envoyées aux clubs (ndlr : téléchargeables aussi sur le site de la FFKaraté). Ou quand le savoir-faire prend en compte le faire-savoir. .O.R.


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